«Une photo à Saigon : coups de feu sur deux vies » est le dernier film documentaire du réalisateur québécois Kim Nguyen, à qui l’on doit « Rebelle », long métrage de fiction qui a été en nomination pour l’Oscar du meilleur film international en 2013. La photo est celle que vous voyez reproduite en ombre chinoise au deuxième plan de l’affiche qui coiffe mon article. Vous la reconnaissez, elle est célèbre, emblématique : « L’exécution de Saigon ». Elle résume la violence, la brutalité de la guerre du Vietnam et de toutes les guerres.
C’est une comédie qui se fait piéger par son propre sujet comme son protagoniste par son mensonge. François (Louis Morisette) est un scénariste blanc, quinquagénaire au plus bas de sa forme créatrice et de son statut social, qui se fait passer pour un écrivain transgenre pour faire en sorte que son projet de série télé ait le plus de chances possibles d’être accepté par son producteur institutionnel, particulièrement sensible à la rectitude politique ambiante ... La manigance fonctionne ! François va devoir donc se transformer en femme ! Rigolotes les diverses scènes de transformation, mais une fois François devenu Françoise surgit un enjeu important que les auteurs mettent rapidement de côté : le mensonge!
Revu deux très beaux films français du début des années 1960 sur TFO : La peau douce de François Truffaut et La vie de Château de Jean-Paul Rappeneau. Je suis tombé sur les deux en « zigonnant » d’un poste à un autre après le téléjournal de 22h de Radio-Canada (ma droguette de babyboomer fatiguée de la consommer mais ne pouvant pas m’en passer : quelle petite misère !). Tout à coup des images dans un noir et blanc splendide apparaissent sur l’écran et je reconnais Françoise Dorléac en hôtesse de l’air bellissime avec le foulard noué sous le menton, porté au-dessus de sa toque: elle salue les passagers qui débarquent et Jean Dessailly sur qui elle a un « kick » et vice-versa. Quelle précision dans ce parcours où on suit l’écrivain (Dessailly), jusque dans sa plus basse et lamentable lâcheté bourgeoise : il cache son amante/hôtesse pour sauver sa réputation. Grand film, précis comme un film d’Hitchcock : le maître selon Truffaut.
Le film raconte l’histoire de Mihail (Galin Stoev) un curateur/commissaire bulgaro-montréalais qui décide de retourner dans son pays après presque trente ans, pour rencontrer un jeune prodige de la peinture abstraite qui a fait son apparition éclatante sur les réseaux sociaux du web. Le galériste pour qui il travaille (Christian Bégin) est enthousiaste : il y a peut-être beaucoup de dollars à faire avec la petite peintre bulgare. Lui il l’est beaucoup moins et veut voir de plus près ce cirque « tiktokien ».
Lamia, neuf ans, est assise à côté de son camarade Saeed, nous sommes dans la salle de classe d’une école située dans la région des Marais de Mésopotamie, dans le sud de l’Irak, à quelques jours de l’anniversaire du président Saddam Hussein. Comme chaque année, leur enseignant, un moustachu autoritaire, un mini sosie de Saddam Hussein dont le portrait est accroché au mur au-dessus du tableau noir, tire au sort les noms des élèves et des tâches qu’ils auront à faire pour le grand jour : laver la classe, apporter des fleurs et, surtout, faire le gâteau du président.
Dans la belle salle du deuxième étage de la Cinémathèque québécoise, la Salle Fernand-Seguin, j’appréhendais le visionnement de La voix de Hind Rajab. Je craignais l’émotion très forte qu’aurait pu provoquer ce film basé sur des faits réels, troublants et tragiques survenus dans l’enfer de Gaza. Des amis qui l’ont vu ont pleuré.
Je commence l’année 2026 en vous parlant du dernier film que j’ai vu en 2025 : Hamnet. Il n’est jamais trop tard pour en parler et surtout pour le voir ! Réalisé par Chloé Zao ( Nomadland, entre autres), ce film est l’adaptation du roman à très grand succès de l’écrivaine britannique Maggie O’Farrel : Hamnet.
À l’aréna de Waterloo, Québec, l’équipe féminine de hockey perd son temps de glace au profit des Napoléons une équipe de hockeyeurs soi-disant semi-professionnels. Mélissa, (Gabrielle Côté), une des membres de l’équipe, explosive et belle, prend à partie son mollasson de demi-frère (Antoine Bertrand) qui gère l’aréna et est responsable de l’injuste décision. Il ne veut rien savoir. Mélissa, furieuse, l’attaque brutalement ... et se retrouve condamnée aux travaux communautaires auprès du Cercle de fermières de la région pour apprendre à contenir sa violence.
Ce film est un conte mais l’histoire qu’il raconte ne se déroule pas dans un passé lointain, un lieu indéfini comme dans les contes. Ça se passe aujourd’hui, en Iran, sous le régime théocratique et oppressif des mollahs.
J’ai vu Phénix, de Jonathan Beaulieu-Cyr, dans la salle 9 du cinéma Quartier Latin : 353 places vides sur 354 : j’étais le seul spectateur un vendredi soir de fin août. Dommage, vraiment dommage pour un aussi beau film ! Nous sommes dans la première décennie des années 2000, les États-Unis mènent la guerre contre les Talibans en Afghanistan et le Canada fait partie de la coalition multinationale qui combat à leur côté. Le film ne raconte pas l’histoire de cette guerre, loin de là, mais elle est en arrière-plan : une présence sournoise, menaçante, angoissante. En avant-plan il y a les soldats basés à Valcartier qui passent quelques semaines de congé en famille avant leur déploiement en Afghanistan.

