À propos de l'auteur : Jean Dussault

Catégories : International

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Le républicain Kevin McCarthy a finalement remporté la présidence de la Chambre le 6 janvier après 15 tours de scrutin.

Jean Dussault 

Le cafouillis républicain à la Chambre des représentants est officiellement terminé. L’harmonie républicaine à la Chambre des représentants n’est pas en vue.

Parce que qui sème le vent …

Déjà vu, déjà entendu

Comme Donald Trump il y a sept ans, une vingtaine de congressmen républicains ont clamé que le Capitole est devenu un marécage politique, une « swamp ». Selon eux, le nouveau speaker Kevin McCarthy fait partie du problème : il ne peut donc pas en être la solution.

Aucune analyse n’a découvert le sens politique profond de la contestation du leadership du député californien encore récemment allié de l’ancien président.

Aucun.e des contestataires, par ailleurs pro-Trump, n’a demandé autre chose que, en fait, plus de pouvoir dans ladite « swamp ».

Y inclus celui pour un seul député sur 435 d’obliger un vote sur le leadership du siège de la démocratie « made in America ».

Le modèle, le héros de ce groupe a déjà soutenu qu’un candidat défait à la présidence pouvait, devrait être président.

Des hommes de principe

Selon ce qu’a rapporté LaPresse+ le 7 janvier, l’ultime vote qui a permis à M. McCarthy d’accéder au poste tant et tant convoité est venu d’un farouche opposant qui a viré capot après un appel de son mentor.

Personne ne s’étonnera si ledit mentor, Donald Trump, vient se vanter d’avoir sauvé la mise, même la nation.

Tous les experts prévoient un mandat difficile pour le nouveau président de la Chambre. Son sort personnel pèsera bien peu dans l’histoire, mais le fonctionnement d’une composante essentielle de l’expression politique américaine vient d’en prendre un coup.

The beacon on the hill

Parmi les symboles originaux des États-Unis, il y avait le poétique « beacon on the hill ». Ce mythique « phare sur la colline » aurait jadis guidé et inspiré les indépendantistes dans les émeutes et les batailles et la guerre contre les Anglais.

Deux cent cinquante ans plus tard, la lumière vacille ; la noirceur tombe sur l’aspiration collective qui a jadis mené à la construction d’une idée, puis d’une constitution, puis d’un pays et d’un gouvernement des États-Unis d’Amérique.

Dans la rue et dans les maisons d’aujourd’hui, les différences, les divergences et les divisions mettent à mal l’espoir d’une lutte commune pour le plus grand bien du plus grand nombre.

Pour une frange significative des congressmen républicains, « la » colline est l’équivalent du tas de neige de la cour d’école : le lieu d’âpres et puériles chicanes pour déterminer qui en est le roi. À force de bras.

Le rêve américain …

Au début de la démarche, les révolutionnaires qui embrassaient la nouvelle Amérique en rejetant la vieille couronne britannique voulaient bâtir un pays libéré autant des pouvoirs royaux que religieux. Ou le contraire.

L’âme de la fondation nationale s’inspirait donc de la noble indépendance des pouvoirs établis. Cet envoûtant objectif a réuni  des pas-encore citoyens engagés et des leaders impressionnants qui ont rêvé d’un pays « du peuple par le peuple ».

Gigantesque défi s’il en est.

Il fallait éviter d’installer une autorité suprême par crainte de reproduire les royautés et autres potentats de l’ancien monde, tout en s’assurant que quelqu’un quelque part décide de quelque chose qui ait de l’allure pour le plus grand nombre.

À terme : un pays avec un sénat de deux membres par État et 435 députés fédéraux. Sans mentionner 50 États et autant de sénats et de chambres de députés.

… presque réalisé

Tant que les élus.es se sont rappelé qui les élisait, le système représentatif états-unien a donné les résultats que la population attendait, espérait et approuvait.

Grosso modo, des républicains du Sénat et de la Chambre élus dans le nord du pays votaient souvent comme des démocrates … du nord ; et des démocrates du sud votaient comme des républicains de leur partie du pays.

La vérité reçue, et quasi avérée, était que, généralement, l’électorat du sud était plus conservateur que celui du nord.

Bien sûr, les conservateurs du sud se plaignaient d’être en minorité à Washington. Ils n’en continuaient pas moins d’élire des conservateurs, bleus ou rouges, au Capitole où la «ligne de parti» était pour le moins floue.

Le système des contre-pouvoirs imaginé par les pères de la Constitution a donc un grand moment fonctionné plus que moins. Assez longtemps pour que le pays et sa population développent une admirable confiance ; ou une arrogante suffisance.

La marge est souvent mince entre les deux, mais par confiance ou arrogance, de nombreux leaders ont perdu de vue le « grand portrait ». Les errements ne sont pas tous venus du même côté. Quand même, l’alliance de conservateurs économiques et sociaux, de libertariens à tout crin et d’une droite religieuse a  provoqué un virage ultra partisan des années 1980.

Ce sont leurs héritiers qui ont animé la semaine folle au Congrès.

Le proverbial « melting pot »

Des livres et des livres ont raconté que la puissance mue par un sentiment de certitude, et de rectitude, a sauvé, un certain temps, la démocratie alors naissante ; d’autres versions montrent que, devenu grand, le bébé démocratique américain est devenu l’intimidateur-en-chef. Le grand baveux de la cour d’école.

Reste que The United States of America demeure le plus grand pôle d’attraction pour des millions de femmes et d’hommes de toutes provenances et de toutes conditions. Sans doute, le triste constat de l’état misérable dans lequel vivent trop de gens.

Quand même, avec toutes les promesses remplies, et malgré tous les espoirs déçus, l’idée américaine inspire et attire encore et toujours.

La mine basse

Après les  bras-de-fer du début de la session législative, les « vainqueurs » de la grosse chicane entre députés.es du même parti vont pavoiser. Et profiter des privilèges que leur a consentis M. McCarthy pour obtenir assez de votes pour manier le maillet présidentiel.

Un plus grand groupe de républicains, dont plusieurs pas du tout réputés à gauche, a le caquet bas, gêné de ses propres alliés officiels.

Le petit groupe de députés contestataires ne sera pas inondé de félicitations, le plus grand groupe de députés frustrés ne sera pas noyé dans des messages de sympathie.

C’est de très mauvais augure quand deux groupes censés frères ont besoin de Donald Trump pour régler leurs problèmes.

Dormir avec un éléphant

Les versions varient, mais le sens est clair. Le premier premier ministre Trudeau à déjà raconté à des Américains qu’être leur voisin, c’est un peu comme partager le lit d’un éléphant.

C’est encore plus dangereux quand l’éléphant, le symbole du Parti républicain,  trébuche sur sa trompe.

Les dégâts débordent alors immanquablement du lit.

Vladimir Poutine et Xi Jinping en ont mal aux côtes.

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