À propos de l'auteur : Guy Gendron

Catégories : International

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Une année après l’élection présidentielle américaine qui a porté au pouvoir le démocrate Joe Biden, pas un jour ne passe sans que le nom de Donald Trump n’apparaisse en première page des plus grands journaux ou ne soit évoqué par les animateurs des émissions humoristiques de fin de soirée. 

Le nom de l’ancien président résonne – et vend! – toujours, y compris dans la presse généraliste. Quant aux médias électroniques de droite comme Fox News et son concurrent encore plus ouvertement militant, le réseau AON, on y présente du matin au soir un univers parallèle conforme aux dessins autocratiques de Donald Trump, un monde où il a été victime d’une fraude électorale massive perpétrée par une élite libérale corrompue.

Même privé de son porte-voix de prédilection, son compte Twitter étant toujours suspendu, Donald Trump continue à exercer une influence considérable sur la politique américaine, d’autant qu’il ne cesse de mousser sa candidature pour les présidentielles de 2024.

Cette perspective lui permet de maintenir le contrôle des instances nationales et locales du Parti républicain, là où s’opère le choix des candidats aux élections de l’an prochain à la Chambre des représentants et au Sénat.

Écraser les hérétiques
Tout élu ou aspirant osant reconnaître la légitimité de l’élection de Joe Biden s’attire les foudres de Trump et de ses sbires qui mobilisent une armée de fidèles, en ligne et sur le terrain, pour écraser les hérétiques. 

Le nouveau credo républicain exige une adhésion inconditionnelle à diverses théories du complot, au premier chef celle du vol de l’élection présidentielle de l’an dernier. Donald Trump ne peut pas avoir perdu. En fin visionnaire, le gouru l’avait d’ailleurs prédit des mois à l’avance : il ne pourrait être défait que par la fraude électorale.

Peu importe le résultat des nombreux recomptages menés, pour plusieurs, dans des États dirigés par des Gouverneurs républicains ou même par une firme privée d’allégeance conservatrice, qui ont tous confirmé la victoire de Joe Biden, et peu importent les dizaines de décisions des tribunaux, unanimes sur la légalité de l’élection, le grand mensonge perdure. Plus des trois-quarts des républicains ne croient tout simplement pas le résultat.

« Anonymous »
« Les républicains rationnels sont en train de perdre la guerre civile qui fait rage à l’intérieur de leur parti », déplore Myles Taylor, ancien chef de cabinet du Département de la sécurité intérieure dans l’administration de Donald Trump. 

Aussi connu comme « Anonymous », soit le nom coiffant l’essai critique de la gouvernance de Donald Trump publié en première page du New York Timesen 2018 – alors que Taylor faisait toujours partie du gouvernement -, ce républicain modéré appelle maintenant ses semblables à soutenir leurs adversaires, les démocrates.

Pour lui, il s’agit de la seule manière de protéger la démocratie américaine menacée aujourd’hui dans sa survie par un Parti républicain peuplé de radicaux.

Il n’est pas le seul à avoir l’impression d’assister à un « coup d’État au ralenti »: montée du populisme et des discours intolérants, érosion de la cohésion sociale, perte du simple respect commun pour les faits.

On a vu ces symptômes gruger d’autres sociétés dans le passé. On en connait les conséquences possibles. L’insurrection du 6 janvier dernier au Capitole, visant à empêcher la certification des résultats de l’élection, aura-t-elle été un simple coup de semonce ?

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