Partagez cet article
Capture d’écran
Jean Dussault
Il y a maintenant un an, Donald Trump est devenu le 47e président des USA.
Ce qui fait qu’il présidera cette année aux festivités des 250 ans de la République.
Dans la lointaine campagne électorale de 2024, le candidat républicain avait martelé que les difficultés financières vécues par les Américains étaient la faute du président démocrate sortant, Joe Biden.
Et dans son discours hurlé en décembre dernier à l’heure de grande écoute télévisuelle, il a répété qu’il avait hérité d’un « total mess » en accédant au pouvoir. Traduction en trumplangue : un maudit bordel.
Or, quand même ou pourtant, il avait affirmé quelques semaines plus tôt que l’argument de l’incapacité de trop de ses concitoyens à joindre les deux bouts, ce qu’il avait appelé le problème de l’« affordability », était en fait « a democratic hoax », une pure invention du parti démocrate !
Le record des records
Depuis maintenant un an, les médias publient des rapports d’étape sur la profusion de décrets présidentiels qui émanent du 47e POTUS. Le plus grand nombre dans le premier mois de son administration, le plus grand nombre dans les cent premiers jours, le plus grand nombre dans le premier semestre.
Et pour finir dans l’extase trumpienne, le top du top, le boutte du boutte : quelques jours avant Noël, le nombre de décrets signés par Trump depuis le 20 janvier dernier, 221, a surpassé le nombre des décrets qu’il avait édictés dans l’ensemble de son premier mandat.
Bébéisme
D’autres ont déjà constaté la tendance du locataire de la Maison-Blanche à s’en prétendre le propriétaire.
Il a fait démolir l’historique Aile Est pour faire construire une salle de bal en son honneur.
Il se comporte de la même façon avec des institutions publiques.
Par exemple, après s’être proclamé président du conseil d’administration du John F. Kennedy Center for Performing Arts, et refait son programme, il l’a re-nommé The Donald J. Trump and John F. Kennedy Center for Performing Arts.
Même genre d’iconographie, il a annoncé que de futurs navires de guerre seront de « Classe Trump ». Évidemment « les meilleurs du monde ».
Là où ya d’la gêne …
Et encore
Les célébrations du 250e anniversaire de la Nation vont permettre à son actuel président de se clamer le premier ceci, le plus grand cela de l’histoire du pays devenu le plus meilleur du monde, grâce à lui évidemment.
Il a même été grandement rapporté qu’il a pensé faire imprimer des dollars américains à son effigie pour bien s’assurer que tout le monde comprenne son incommensurable apport au bien-être de la nation et au bonheur de sa population.
C’eût pu être une bonne nouvelle, puisque que la loi stipule que des personnes vivantes ne peuvent pas orner le US dollar, il eût donc fallu que The Donald trépassât pour que son mignon sourire apparaisse sur la piasse états-unienne.
Magistrale déception pour l’ego sur pattes, mais, ouf ! quelqu’un dans l’entourage du grand homme a découvert que, pour la monnaie, il n’y a pas de législation semblable pour contrer le besoin d’être vu de Donald Trump.
Ainsi, oh extase, les pièces de un dollar arboreront sa célèbre tignasse pour perpétuer l’hommage national à son plus grand héros de tous les temps.
Toujours plus
De tout temps, l’entrée aux parcs nationaux des États-Unis est gratuite certains jours fériés. Comme la Fête nationale le 4 juillet ou le Jour des Vétérans le 11 novembre.
Avant que celui qui se défend d’être raciste ne change ce calendrier, lesdits parcs n’imposaient pas non plus de frais d’entrée le Martin Luther King Day ni le Jour soulignant la fin de l’esclavage. Dorénavant, ces deux dates commémoratives n’existent plus dans le calendrier du Service National des Parcs.
Et peut-être pour aider les amants de la nature à compenser pour les dépenses additionnelles que ce changement leur occasionnera, le SNP a ajouté le 14 juin à la nouvelle liste des jours d’accès gratuit.
Le 14 juin c’est la date de l’anniversaire de, oui, lui-là …
Et puis alors
Bien sûr, un bilan ne tient pas qu’au comportement égoïste, voire mesquin sur des dossiers en apparence insignifiants.
Mais le bilan de la première année du deuxième mandat de Trump est incommensurablement plus lourd.
Il fait chasser des immigrants par des sbires armés et masqués.
Il a promis un chèque de $1776 au million et demi de soldats américains, pour souligner à sa façon le 250e. Deux millards et demi de dollars pigés dans le budget consacré à l’aide aux plus pauvres parmi les retraités d’entre eux.
Il accuse les démocrates, qui ne contrôlent rien dans son pays, d’obliger le FBI à gaspiller l’argent du peuple à divulguer des niaiseries sur le pédophile Epstein. Selon DJT, cela empêche la police fédérale de plutôt se consacrer à combattre le crime rampant, ce qui le contraint à envoyer l’armée ou la Garde nationale dans des villes, oh hasard, démocrates.
Puis, en inventant une baisse du taux de criminalité dans ces villes, il a annoncé le retrait des troupes ordonné par sa Cour suprême. Tout en promettant de les y renvoyer si le taux de criminalité y remonte.
Avant d’envoyer son armée enlever et arrêter le président du Venezuela pour trafic de drogues, et possession de pétrole, il a allègrement gracié toute une ribambelle de criminels, dont l’ancien président du Honduras condamné à quarante-cinq ans de prison pour trafic de drogues aux États-Unis.
Il a crié des noms à des femmes journalistes et traité des opposants d’ordures.
Il a ordonné à des thuriféraires de poursuivre en justice des personnes qui l’ont critiqué.
Il a réécrit l’histoire sous les photos officielles de ses prédécesseurs exposées dans un corridor de la Maison-Blanche.
Il a publiquement insulté et humilié le président ukrainien.
Il a statué que l’Europe est finie, que l’OTAN ne sert à rien.
Il laisse Poutine et Netanyahou faire à leur guise.
Il s’en trouve pour rêver que Trump ne puisse compléter son mandat.
Les éventuelles célébrations devront être de courte durée : c’est J .D.Vance qui le remplacerait.
Puisque c’est ainsi qu’a voté ce pauvre pays riche le 5 novembre 2024.



Très heureux de de retrouver Jean Dussault. Son départ de Radio -Canada a été une perte. ☺️☺️☺️