La Russie, « puissance pauvre » contre l’Ukraine
En juillet, Donald Trump avait donné 50 jours puis dix à Vladimir Poutine pour accepter un cessez-le-feu en Ukraine. Le maître du Kremlin a fait la sourde oreille. Sa rencontre en Alaska le 15 août avec son homologue américain pour discuter d’un règlement de la guerre s’est terminée par des voeux pieux diplomatiques. Pas le moindre « deal», pour reprendre le mot fétiche de Trump. Puis, lundi le 18 août lors d’une réunion incluant divers dirigeants européens à Washington, il a affirmé avoir « commencé les préparatifs » d’une rencontre entre les présidents russe et ukrainien « dans un lieu à déterminer » avant une rencontre tripartite qui viendra plus tard. Pour l’heure, la Russie de Poutine, qui se considère toujours comme un empire, mène une guerre d’usure qu’elle est convaincue de gagner malgré toutes les sanctions occidentales contre elle depuis plus de trois ans.
Un monde économique en bouleversement
Deux fois valent mieux qu’une, selon l’adage. Après sa tentative ratée d’imposer unilatéralement des droits de douane « réciproques » dont l’entrée en vigueur avait été présentée comme « Jour de Libération », le président Donald Trump est parvenu à mettre sur rails son programme protectionniste tous azimuts, le 1er août avec la plupart des pays. Le Canada et le Mexique, largement épargnés jusqu’ici grâce à l’accord de libre-échange qui les lie tous deux avec l’économie américaine, l’ACEUM, ne peuvent se permettre de rester les bras croisés pour autant.
Au Québec pour bâtir ensemble ?
Depuis des décennies, la non-reconnaissance des diplômes étrangers fait obstacle à l’intégration socioéconomique des immigrants au Québec. Le problème est connu, archiconnu même. Plusieurs études ont mis en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui arrivent au pays diplômes en poche. Pour bon nombre d’entre elles, c’est la croix et la bannière pour faire reconnaître leurs qualifications et acquérir le permis d’exercer un emploi parmi les professions et métiers réglementés.
Gaza : le geste canadien
Le Canada est devenu, fin juillet, le troisième pays du G-7 à avoir l’intention de reconnaître l’État de Palestine. La promesse du premier ministre Mark Carney est assortie de conditions. Un engagement symbolique avec peu d’impact pour certains alors que d’autres y voient un pas dans la bonne direction ou une reconnaissance qui arrive bien tard.
Faits saillants : Les Palestiniens
Il y a plusieurs années de cela, le grand historien Michel Winock avait souligné que rien n’est plus dangereux que ‘le recours à l’Histoire comme procureur général du temps présent’. Car ce faisant, ceux qui se font les avocats de cette escroquerie intellectuelle se métamorphosent, que ce soit conscient ou pas, en acteurs du conflit permanent. De cela, la lutte qui a cours entre Israéliens et Palestiniens depuis 1948 en est l’illustration la plus sinistre et la plus triste qui soit. À preuve, depuis les attentats conçus et effectués par le Hamas le 7 octobre 2023, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou ainsi que les colons qui se sont installés l’arme au poing en Cisjordanie brandissent avec constance l’histoire pour justifier l’annexion pure et simple de Gaza et de la Cisjordanie, soit les territoires occupés depuis 1967, soit près de 60 ans.
Dans les ruines, la dignité
Aux bombes israéliennes, Ibrahim Khashan, écrivain, poète, conteur, et autrefois responsable à Gaza de l’UNRWA (United Nation Relief and Works Agency for Palestine in the Near East), répond par un recueil de courts textes. Des récits sommaires pleins « de faits ordinaires survenus dans l’extraordinaire de la guerre, [nommant] les lieux et les personnes les plus humbles, enfants, femmes et pauvres gens – ceux qui semblent ordinairement le moins destinés à entrer dans la mémoire du monde ».
Le Chèque
Il y a des jours où le temps est maussade, les nouvelles du monde exécrables, des jours où l’on n’’attend pas grand chose de bon, et puis surprise ! Un chèque arrive ! Un chèque totalement inattendu … L’Office National du Film par un miracle administratif dont seules les grandes institutions ont le secret, semble soudain se souvenir qu’il y a 25 ans, en compagnie de Jacques Leduc, j’ai tourné une sorte de « road movie » économique.
L’avenir n’est plus ce qu’il était
Depuis son élection le 5 novembre 2024 Donald John Trump s’efforce de faire dévier l’Occident de la trajectoire qui était la sienne depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Un déraillement philosophique et géopolitique équivalent à celui qui avait envoyé l’Union soviétique dans les fossés de l’Histoire. Dès son entrée en fonction, menaces, prises de position contradictoires, reculs et rodomontades ont poussé les critiques à parfois préférer le sarcasme à un examen plus profond de ce qui motive ses gesticulations.
Robert F Kennedy jr, le ministre létal
Il y a eu le SRAS en 2003, heureusement maîtrisé par des mesures sanitaires strictes. Puis survint le H1N1 en 2009, une grippe mortelle chez des adultes en bonne santé, 280 000 morts, mais heureusement étouffée au hasard des mutations. Et finalement le SARS-Cov-2 en 2020 qui a mobilisé la planète entière pendant trois ans avant que les vaccins ne le réduisent en endémie. Mais le prochain pathogène a commencé ses ravages aux État-Unis, le RFK jr -1.
Epstein
Depuis six mois, le Sénat américain approuve tout ce que lui soumet le président Trump. Et la Chambre des représentants adopte tout ce qu’il lui demande. Depuis presque dix ans, les élus du Parti Trump n’ont pas réussi à trouver une seule occasion ni une seule raison de s’opposer à lui. Une photo de Donald Trump et Jeffrey Epstein nus dans le même lit, avec ou sans filles, n’y aurait rien changé.
Iran : un régime coriace
Nétanyahou et Trump pensaient provoquer la chute de la théocratie iranienne à l’issue de la guerre des 12 jours, mais pour l’instant, le seul résultat tangible semble être un durcissement du régime. La diaspora ne manque pas d’organisations qui proposent des modèles de pouvoir différents. Des royalistes nostalgiques du chah, des intellectuels islamistes en exil, les Moudjahiddines du peuple, des islamistes marxisants qui avaient combattu l’Iran aux côtés de Saddam Hussein, divers partis démocratiques, des mouvements régionaux, kurdes, baloutches, des partis marxistes… au total pas moins de 36 organisations d’émigrés qui ont pour point commun un manque de relais importants dans leur pays d’origine.
La photographie du mois (Août 2025)
Santa Filomena, petite cité minière isolée du Pérou, 14 mars 2013. La coopérative minière SOTRAMI a imposé aux pallaqueras de respecter les règles de sécurité. Ces sélectionneuses de minéraux font désormais partie de l’Association Nueva Esperanza (Nouvelle Espérance). Elles utilisent des équipements de sécurité, les enfants et femmes enceintes ne sont pas autorisés à travailler sur les pentes et un comité de sécurité est en charge de faire respecter les règles. Certaines travailleuses peuvent récolter une tonne de minerai par mois, ce qui leur rapporte à peu près 250 dollars américains, un peu plus que le salaire minimum péruvien. La mine appartient aux trois mines d’or certifiées équitables. Pour ce faire, elle a dû se plier à plus d’une centaine de règles. Bien que la vente d’or équitable ne représente qu’une fraction du volume d'or extrait, la coop a pu gagner environ 100 000 $ durant les premières années de sa certification. L’argent équitable a ensuite été investi dans des projets sociaux et éducatifs. Le Pérou est le plus grand producteur d’or latino-américain.
Dopage, quel dopage ?
Si, pour bien des Français, le mois de juillet est synonyme de vacances, il l’est aussi pour la grande boucle. Durant trois semaines, les amoureux de « la petite reine » ont ponctué leur journée au rythme des pédaliers des coureurs du Tour de France. Cette année, j’ai vécu la célèbre course de vélo en direct dans l’Hexagone en jetant de temps à autres un coup d’œil furtif mais intéressé sur les étapes les plus difficiles. Les mythiques, Mont Ventoux, Col de la Loze et le Hautacam.
À l’ombre du sacré : E. S. Reed
Le moins que l’on puisse dire est que Dieu et son fils, dit Jésus, celui avec lequel, selon une confidence de Don Camillo, on ne peut pas parler car il a fait main basse sur la raison et ne la partage jamais, que Dieu donc a la peau dure. Mettons que l’épreuve du temps, il l’a tournée comme une crêpe sans avoir été brûlé par un grain de sucre chauffé au Grand Marnier. En tout cas, dans l’univers du jazz le gospel, la parole de Dieu et des légendes qui lui sont accolées a imprimé certaines marques dès ses débuts. Après quoi, celles-ci ont été conservées et protégées car parfois elles furent sujettes à des attaques parfois claires et nettes, parfois brutales.
Même le chat du rabbin a disparu
Dans les mémoires subsiste la mise à mort de millions d’êtres humains, assassinés dans toute l’Europe au prétexte qu’ils étaient juifs. Avant de disparaître, ils partageaient des coutumes, des traditions, vivaient dans des shtetls ou dans des villes, de Pologne ou d’ailleurs. S’ils avaient donné naissance à des courants politiques, ils avaient également créé des journaux, des entreprises, des universités. Certains étaient tailleurs, cordonniers, chapeliers ; d’autres artistes ou intellectuels. Si la fureur nazie a fait disparaître les corps ; elle a aussi fait disparaître tout un continent : le Yiddishland.
SOS Océans
Contrairement à ce que prétend Ubu de l’autre côté de la frontière, le monde n’est pas « Grand, Encore ». En plus des enjeux économiques, politiques ou simplement humanitaires qui déchirent la planète, les évènements climatiques hors normes font les grands titres partout, même aux USA. Feux de forêt, inondations, chaleurs extrêmes, crues subites, sécheresses, ouragans, tornades et catastrophes météo en tous genres déferlent à répétition sur tous les continents. Bref, les mécanismes de régulation du climat sautent les uns après les autres, comme autant de verrous… et ça ne va pas bien du tout. Pendant tout ce temps, nos gouvernements ne font rien de vraiment concret pour stopper l’escalade et prétendent même avoir des choses plus importantes à gérer. C’est quand même incroyable … Certains pourtant, comme Caryl Férey, s’entêtent à donner l’heure juste. Après avoir dénoncé l’absurdité sanguinaire des contrebandiers africains (Okavango), voici qu’il s’attaque dans Grindadrap à ceux qui menacent l’équilibre de la vie dans les océans.


















