À propos de l'auteur : Jean Dussault

Catégories : International

Partagez cet article

Donald Trump et Jeffrey Epstein en novembe 1992.

Jean Dussault

Depuis six mois, le Sénat américain approuve tout ce que lui soumet le président Trump.

Et la Chambre des représentants adopte tout ce qu’il lui demande.

Depuis presque dix ans, les élus du Parti Trump n’ont pas réussi à trouver une seule occasion ni une seule raison de s’opposer à lui.

Une photo de Donald Trump et Jeffrey Epstein nus dans le même lit, avec ou sans filles, n’y aurait rien changé.

Le délire

Des adorateurs du dieu MAGA voulaient tout savoir, tout lire sur la jadis proximité de Epstein avec des vicieux de l’élite, par hasard démocrate.

La subtile procureure générale/ministre de la Justice a affirmé en juillet que, finalement et malgré des promesses antérieures, ça ne vaut pas la peine de tout publier sur cette affaire alors quasi oubliée et ainsi revenue à la surface.

Oops ! S’est ainsi ajouté le nom du 47e POTUS.

Et accessoirement le gourou d’une secte, dont des puristes religieux qui ont voté pour Trump en 2016, en 2020, en 2024.

Et qui voteraient pour lui en 2028 même si, pour citer l’ancien gouverneur de la Louisiane, Edwin Edwards, on le trouvait dans son lit « avec un jeune garçon vivant ou une jeune fille morte ».

Les outrés, qui et combien ?, invoquent formellement leur droit de savoir. Non, pas avec qui Trump a couché, mais que cache cet État occulte que la victoire de Trump devait terrasser à tout jamais.

Ces aveuglés n’ont rien vu de ce que Trump a fait comme président, mais ils crient aux cachotteries.

Ils se sont indignés parce que leur héros serait devenu un agent de la machine étatique qui cache la vérité aux honnêtes citoyens.

Le cirque

L’air aussi grave qu’un comédien peut jouer, le président de la Chambre a renvoyé les députés fédéraux chez eux « avant la publication de documents relatifs à l’affaire Epstein ».

Ce sont les mots de Mike Johnson quelques heures avant que le Washington Post et le New York Times ne rapportent que le grand patron avait été informé en mai que son nom apparaissait dans « le dossier Epstein» .

Comme celui de bien d’autres personnes et sans qu’on sache qui ou si cela  signifie quoi que ce soit.

Sans rire, le speaker a nié que Trump ait été au courant, finalement, de quoi que ce soit, et il a déclaré qu’il fallait mettre fin aux tentatives interminables des démocrates de jouer à la politique avec l’enquête en cours (1). En écourtant, de toute une journée (!), la session parlementaire, Johnson a affirmé solennellement qu’il voulait protéger les victimes du scandale Epstein et  contribuer à ce que les vrais criminels soient punis (!!).

À l’exception de Fox News, les médias américains ont conclu et rapporté qu’il voulait surtout éviter qu’un ou deux congressmen républicains n’appuient un vote éventuel réclamant la publication de la montagne de rapports sur l’affaire.

En prétendant servir l’intérêt supérieur de la nation, il a en fait accrédité la thèse selon laquelle il protège son patron. Et que, donc, son patron a besoin d’être protégé.

La crise

Trump a qualifié ses partisans qui réclamaient la publication déjà promise du « dossier Epstein » de niaiseux, influencés par les démocrates.

Comme d’habitude, il nie, il nie, il nie.

Et il accuse, il accuse, il accuse : les imbéciles, les journalistes, Barack Obama, Hillary Clinton et tutti quanti.

Grand état a été fait de la tactique trumpienne de rediriger l’attention ailleurs que sur sa personne ou ses déclarations quand elle porte sur lui autrement que pour son adulation.

De méchantes langues avancent même que Trump a tellement peaufiné cette stratégie qu’il en est rendu à détourner sa propre attention …

À en devenir le plus âgé des enfants-rois.

Le dossier Trump

Dans sa première campagne présidentielle, Trump a déclaré que la majorité voterait pour lui même s’il tuait quelqu’un en pleine rue de Manhattan.

Il a depuis fait arrêter des milliers de personnes, déporter tout autant.

Il se sert de son poste pour faire la promotion de sa propre cryptomonnaie.

Il défend ses semblables mythomanes et il ridiculise des élus étrangers.

Il bannit des médias de son entourage.

Il a attaqué des universités.

Il a asservi des grands bureaux d’avocats.

Il se prétend le patron de, en fait, la planète entière.

Il insulte à tout vent.

Il ne s’étouffe jamais dans son incessante logorhée.

Il ment comme il respire.

Rien de ça ne dérange ses fidèles.

Le strump-tease

Comme il se doit, les médias, sauf Fox News, rebondissent assidûment à chaque petit cahot sur la route présidentielle. Et, bien sûr, les gens sensés souhaitent que The Donald trébuche sur quelque caillou que ce soit en autant que ça le fasse tomber ou que ça lui fasse mal.

Quand même, que voilà des médias qui procèdent au déshabillage progressif de l’os déjà grugé, qui épluchent l’affaire Epstein pour prouver que l’empereur est nu.

Comme si tout le monde ne le savait pas.

Questions : qu’est-ce que révèle une photo d’Epstein à un mariage de Trump ?

Qui ne savait  pas que les deux ont été amis ?

Qui apprend quoi en lisant que Trump aurait envoyé ses vœux d’anniversaire, fussent-ils grossiers, à son ami d’alors ?

Le ministère de la Justice sous Trump Premier n’a pas fait couler de documents incriminant des démocrates « amis » de Epstein.

Personne au ministère de la Justice sous Biden ne s’est fait l’immense plaisir de dénoncer, oh combien subtilement, des frasques sexuelles de l’homme orange.

Ça se serait su s’il y avait eu un « girlgate ».

 

 

 

 

(1)  « Endless efforts to politicize the Epstein investigation. »

 

Laisser un commentaire