Le destin d’une nation
«L’enseignement, et surtout l’enseignement supérieur, est le champ de l’activité humaine où se joue le destin d’une nation. » Paul Gérin-Lajoie, allocution prononcée au collège classique de Rouyn, le 17 février 1963. Déjà plus de deux semaines que nous sommes plongés dans le tourbillon de la campagne électorale avec son lot quotidien d’annonces de mesures censées répondre aux problèmes les plus urgents auxquels le Québec est confronté.
La résilience du Québec face à l’usure
Entre une diminution des services publics ou un alourdissement du fardeau fiscal, que choisissez-vous? Voilà le dilemme cornélien que refusent de poser clairement les partis politiques qui se disputent nos voix, ces jours-ci. La population du Québec fait pourtant face à cette douloureuse éventualité. Mince consolation, un remède de cheval ne sera pas forcément nécessaire, à condition de ne pas laisser le mal s’aggraver. De quoi le Québec souffre-t-il au juste ? En un mot : d’usures.
La société distincte
Encore un peu et les Québécois voteront pour leur gouvernement. Le seul qu’ils peuvent élire, celui du Québec. À l’élection québécoise du 5 octobre, la palette sera très large. Pas autant qu’en France, ouf ! Tellement plus qu’aux États-Unis, re-ouf ! Celles et ceux qui s’abstiendront de voter auront décidé de laisser quelqu’un d’autre parler en leur nom. Et abdiqué leur droit de se plaindre du résultat.
Lâchez-moi avec le Labrador !
Dans sa négociation globale avec Ottawa, un Québec indépendant dirigé par le Parti québécois exigerait « réparation » pour l’octroi du Labrador à Terre-Neuve par le Conseil Privé de Londres en 1927. Ce qui voudrait dire rectification des frontières ou compensation financière. Cette demande du Livre bleu sur l’indépendance du Québec, publié au début de l’été, est toutefois basée sur des considérations historiques bancales.
L’ambivalence : une valeur refuge
Les Québécois iront aux urnes le 5 octobre. La campagne électorale est sur le point d’être déclenchée et, selon les projections des maisons de sondage, c’est le Parti québécois (PQ) qui devrait former le prochain gouvernement. Cinquante ans après la première victoire de son chef fondateur, René Lévesque, le 15 novembre 1976, le PQ convoquera-t-il les Québécois à un autre rendez-vous avec l’histoire ? Une question toutefois demeure en suspens, et elle est de la plus grande importance, les Québécois éliront-ils un gouvernement majoritaire ou minoritaire? Évidemment, cela ferait toute la différence, en particulier pour le PQ qui pourrait se faire couper l’herbe sous le pied avec son projet de pays et de référendum.
La myopie industrielle de Québec
Après avoir misé et perdu gros dans la filière batteries, le Québec choisit de passer son tour devant la relance du nucléaire dans laquelle le Canada entend tirer son épingle du jeu. Le rapport dévastateur de la vérificatrice générale Christine Roy à l’endroit du tandem formé des comptables François Legault et Pierre Fitzgibbon a déjà été largement commenté. Qu’il suffise d’ajouter qu’on compte moins prudemment avec l’argent des autres qu’avec le sien.
Le plan
Le Parti québécois a voulu poser la première brique d’une éventuelle nation indépendante. Une brique de plus de cinq cents pages. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec les propositions péquistes pour reconnaître l’audace, voire la témérité de publier un tel texte. Seuls les cyniques nieront une exemplaire transparence à quelques mois de la prochaine élection québécoise. Le déclin de l’utilisation du français au Canada n’est nié que par des menteurs. Or langue et culture sont indissociables de l’identité. Il y a beaucoup de questions sans réponse dans le projet péquiste, mais il n’y a aucun doute que le poids démographique du Québec dans le Canada diminue, entraînant une logique et démocratique réduction de sa place à la Chambre des communes.
L’érosion du vivre-ensemble
Le vivre-ensemble est mal en point au Québec. Plusieurs incidents à caractère raciste ou haineux survenus récemment ont semé la consternation et porté un dur coup à la cohésion sociale déjà malmenée depuis un bon nombre d’années. À Shawinigan, une vingtaine de suprémacistes blancs, visages masqués, appartenant à un groupuscule d’extrême droite, déploient une banderole sur laquelle ils affichent leur nostalgie d’un Québec blanc et leur rejet des Québécois racisés ou d’origine ethnique autre que canadienne-française.
L’énergie ou le dilemme cornélien du Canada
Une superpuissance énergétique, soit ! Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? Le Canada dispose de tous les atouts pour atteindre ce statut. Quatrième producteur mondial de pétrole, cinquième de gaz naturel, il est aussi le deuxième producteur d’uranium, tout juste derrière le Kazakhstan. Le Canada exploite de plus des mines de charbon, destiné à la fois à la production d’électricité (la houille blanche) qu’à la production d’acier dont il est une composante essentielle.
Oui pour le CH
Pendant une période, surtout en supplémentaire, le Canadien a transporté les Québécois et uni le Canada. Pour finalement faire patate avant même de se rendre en finale de la Ligue (dite) nationale de hockey. C’est que l’équipe a ému le peuple, cimenté les Québécois, même soulevé des Canadiens. Se sont développées une unanimité québécoise sur le Canadien et une liesse canadienne pour une équipe québécoise.
Un dur coup porté aux études québécoises
Depuis bientôt trente ans, l’Association internationale des études québécoises travaille à mieux faire connaitre le Québec un peu partout dans le monde : soutien à des activités de recherche universitaire comme des cours et des colloques, organisation de tournées d’auteurs, de réalisateurs, bourses d’études et de stages … En favorisant la collaboration entre professeurs, chercheurs et étudiants, l’AIEQ a permis au fil des ans de créer un réseau d’environ 1000 spécialistes des études sur le Québec et ce, dans une quarantaine de pays. Fait à souligner, les professeurs et chercheurs qui s’engagent au sein de l’AIEQ le font bénévolement. Aussi, lorsque le ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete, a annoncé qu’il mettait fin sans tarder au financement de l’Association, la nouvelle a-t-elle été accueillie avec consternation. Non seulement parce qu’elle signifie tout bonnement la fin des activités de l’AIEQ mais aussi parce qu’elle soulève des questions cruciales comme l’indépendance des chercheurs face au politique.
La guerre en Iran chambarde nos champs
Le retour des beaux jours vous fait déjà rêver d’un épi de blé d’Inde chaud à croquer à belles dents par un beau et tiède soir d’été ? Rien de plus normal. Ce qui l’est beaucoup moins en revanche, c’est de devoir payer davantage cette année pour s’offrir ce plaisir estival, jusqu’ici à la portée de toutes les bourses ou presque. L’an prochain, le maïs pourrait même devenir un aliment de luxe, si la situation ne change pas bientôt du tout au tout. L’agression israélo-américaine qui paralyse le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a entraîné une poussée des prix du pétrole et du gaz naturel. Pour les agriculteurs, l’essence et surtout le diesel sont des intrants de prime importance, surtout durant la présente saison des semis.
Le grand jeu de Mark Carney
Le premier ministre du Canada, Mark Carney, termine la première année de son mandat en position de force. L’ancien banquier, devenu homme politique il y a un an à peine, continue de bénéficier d’un large appui dans l’opinion publique. Il est le politicien le plus populaire au pays y compris au Québec. Certains disent qu’il marche sur les eaux. Les plus enthousiastes parlent de carneymanie. Pas beaucoup de faux pas donc. Le premier ministre a même réussi à consolider ses assises à la Chambre des communes grâce à l’adhésion de cinq transfuges sortis des rangs conservateurs et néo-démocrates. Il ratisse surtout à droite mais aussi à gauche.
Le bonhomme Sept-heures
Normalement, l’équipe qui est certaine de gagner la prochaine partie a hâte de la jouer. Il y a donc quelque chose d’anormal dans l’inquiétude affirmée, voire l’hystérie affichée, par les fédéralistes à l’idée d’un prochain référendum sur une forme ou une autre de l’indépendance/souveraineté/autonomie du Québec. Ou bien ils font semblant d’avoir peur de perdre une éventuelle bataille qu’ils sont certains de gagner. Ou bien ils n’ont rien de plus à proposer que la frayeur d’une calamité qui ne surviendra pas. Dans un cas comme dans l’autre, ils omettent d’être utiles.
De 11 à 43 ou à 41
La page couverture du site de l’APNQL le clame : il s’agit du « Collectif des Chefs des 43 Premières Nations au Québec-Labrador ». La version anglaise confirme qu’il s’agit de la « Collective Voice of the Chiefs of the 43 First Nations in Quebec-Labrador ». Et tel que précisé dans ledit document officiel : l’Assemblée des Premières Nations au Québec-Labrador « regroupe les Grand.e.s Chef.fe.s et Chef.fe.s des 43 Premières Nations au Québec-Labrador ». Le hic, le gros hic, est qu’il y a 11 Premières Nations dans ce qui est en fait plus une association qu’une assemblée qui représente ce qu’elle appelle le Q-L. Pas quarante-trois.
Le retour de la question nationale
Le rideau est tombé sur le règne de François Legault, premier ministre du Québec et père fondateur de la Coalition avenir Québec (CAQ), au pouvoir depuis 2018. Les rênes du gouvernement et de son parti se retrouvent entre les mains de sa successeure, Christine Fréchette, choisie au terme d’une course un brin acrimonieuse qui n’a pas soulevé beaucoup d’intérêt et surtout n’a pas empêché la CAQ de rester au plus bas dans les intentions de vote. La CAQ a donc une nouvelle tête dirigeante, et le Québec une nouvelle première ministre, la deuxième femme de l’histoire à occuper la plus haute fonction après Pauline Marois élue en 2012 à la tête d’un gouvernement minoritaire.
Le Québec en panne
La dernière mouture du gouvernement caquiste n’y peut rien changer : le Québec traverse un passage à vide. Panne de croissance, finances publiques sans marge de manœuvre et décroissance démographique. Pour couronner le tout, un gouvernement usé et à court d’idées et de moyens susceptibles de redynamiser une société qui ne demande pourtant que ça.
Un révélateur de société
Les réactions au récent jugement de la Cour suprême du Canada concernant l’admissibilité des demandeurs d’asile aux services de garde subventionnés jettent une lumière crue sur les valeurs qui guident la classe politique québécoise pour aborder un enjeu aussi sensible que l’immigration. Le 6 mars dernier, la Cour suprême du Canada a ordonné au gouvernement du Québec de permettre aux demandeurs d’asile d’avoir accès aux services de garde à contribution réduite, estimant que l’exclusion de cette catégorie de résidents en raison de leur statut migratoire viole leur droit à l’égalité.
Fin de régime à Québec
Malgré l’annonce de la démission de François Legault et le déclenchement de la course à sa succession, le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) se montre déterminé à continuer à exercer le pouvoir comme si de rien n’était.
La CAQ a-t-elle encore une raison d’être ?
En 2015, le chef de la toute nouvelle Coalition Avenir Québec, François Legault avait proposé « un nouveau projet pour les nationalistes du Québec », un projet autonomiste qui, selon lui, allait dépasser les divisions entre partisans de l’indépendance et partisans du fédéralisme canadien. « Je lance un appel à tous les nationalistes du Québec. Je les invite à se rallier autour d’un projet qui permettra au Québec d’avancer et de s’affirmer à l’intérieur du Canada. »
Le réveil autonomiste du PLQ
Le Parti libéral du Québec (PLQ) est à la croisée des chemins affirment quelque 200 jeunes militants libéraux dans une lettre d’appui à Charles Milliard qui vient de se lancer dans la nouvelle course à la direction du parti. Le PLQ doit se choisir un autre chef, six mois à peine après avoir élu Pablo Rodriguez, un ancien ministre dans le gouvernement de Justin Trudeau.
Premières Nations et traités modernes
Au Canada, le Québec traîne de la patte dans la régularisation de ses relations avec les Premiers peuples. Depuis la Convention de la Baie-James et du Nord québécois de 1975 avec les Cris et les Inuit et la Convention du Nord-Est québécois de 1979 avec les Naskapis, aucun traité moderne n’a été conclu avec les Premières Nations de la province, contrairement à ce qui se passe ailleurs.
Tykjen, le docteur et l’IA
L’affrontement du gouvernement avec les médecins du Québec cache une affection du système de santé bien plus grave que ce seul débat autour de l’autonomie professionnelle. C'est aussi le symptôme d’un réseau public incapable de faire face à l’augmentation soutenue des coûts, et par conséquent, de livrer pleinement le plus grand succès de la science moderne, la sélection artificielle chez homo sapiens. Une espèce parvenue à l'ère de l’intelligence artificielle.
Des immigrants floués
La décision du gouvernement du Québec d’abolir le Programme expérience québécoise (PEQ) a déclenché une vague d’indignation dans la population et surtout bien sûr, chez les premiers à en subir les contrecoups, les immigrants à statut temporaire, étudiants et travailleurs. On les compte par milliers au Québec, souvent installés depuis plusieurs années avec leur famille, parce qu’on leur a fait miroiter la possibilité d’obtenir facilement la résidence permanente grâce à ce programme.
Une immigration en santé
Ce jour-là, un docteur Nguyen traitait des patients à la clinique médicale du sud-ouest de Montréal. Comme d’habitude, il y avait plus d’exotique que de local dans cette clinique publique qui sert aussi de déversoir à la salle d’urgence de l’hôpital de Verdun. S’y voient des visages et s’y entendent des accents qui, de la réception à la direction, font plus penser à un globe terrestre qu’à une carte de la Mauricie. Il s’agit dans tous les cas de Québécois de plus ou moins longue date, dans tous les cas parlant français, dans tous les cas absolument utiles. Même essentiels.
Déséquilibre fiscal : Girard jette l’éponge
Malgré ses cris d’orfraie, Québec reste passif devant le déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces, déséquilibre qui grève pourtant ses finances publiques. Dans sa mise à jour budgétaire automnale, présentée à la fin du mois dernier, le ministre Eric Girard s’est bien gardé de saisir la perche pourtant tendue par le gouvernement de Mark Carney. Durant la campagne fédérale, les libéraux avaient pris deux engagements financiers de grande importance. Le premier allait annuler la mesure annoncée dans le dernier budget de la ministre des Finances de l’époque Christia Freeland : porter de 50 à 66 % le taux d’inclusion du gain en capital sur le revenu imposable. Le second diminuait d’un point de pourcentage le taux d’imposition du premier palier du revenu imposable, soit celui inférieur à 57 375$.
L’opinion religieuse
Les plus vieux se souviennent qu’il y avait jadis des crucifix sur les murs des écoles et des hôpitaux du Québec. Les aïeux se rappellent aussi d’enseignants qui portaient la soutane, d’enseignantes et d’infirmières qui y ajoutaient la cornette. Puis l’État québécois entreprît, lentement, de déconfessionnaliser, de décatholiciser, de laïciser ses institutions.
Un gouvernement aux abois
Dernière année de mandat, l’heure des bilans approche et le gouvernement de François Legault aimerait bien se présenter devant l’électorat avec quelques réalisations à brandir comme autant de preuves de sa bonne gouvernance. C’est donc dans l’urgence qu’il multiplie les réformes et mène la charge sur plusieurs fronts. Médecins et syndicats sont dans son viseur, la taille et l’efficacité de l’État aussi.
Les constitutions citoyennes, c’est possible
Le gouvernement caquiste du Québec s’est réuni avec lui-même et a produit un projet de constitution québécoise qu’il compte faire adopter par l’Assemblée nationale grâce à sa majorité absolue. Ont été absents de tout le processus de rédaction du projet les partis d’opposition, mais surtout les citoyens, qui seront mis devant le fait accompli. Constitution Legault, constitution canadienne de 1982, Constitution Act de Colombie-Britannique de 1996, tous ces documents relèvent du même modèle : leur rédaction est le privilège d’une élite politique qui estime que son élection la rend souveraine. Pourtant, il existe un autre modèle, où le souverain, c’est le peuple.
Le Nord québécois, fer de lance des revendications des Premiers peuples
La Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) a cinquante ans. Le 11 novembre 1975, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, le chef de la nation crie, Billy Diamond, et le chef de la nation inuit, Charlie Watt, apposaient solennellement leur signature sur cette entente historique qui allait marquer de façon durable les relations entre les autorités québécoises et les Autochtones occupant cet immense territoire depuis des millénaires.
Le Québec et la protection de la jeunesse autochtone
On a beaucoup parlé des ravages causés par les écoles résidentielles qui ont soustrait des cohortes d’enfants autochtones à leur communauté et à leur culture. Traumatisés par les rafles des années 1960 et 1970, les autochtones en ont assez de perdre leurs enfants. Plusieurs groupes ont commencé à définir leurs solutions de remplacement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).
Des votes ethniques
«L’’argent ... puis des votes ethniques » ont causé la défaite du « oui » au référendum d’octobre 1995 sur la souveraineté du Québec. Trente ans plus tard, les propos du premier ministre québécois d’alors sont politiquement gravés sur sa pierre tombale. Tout le monde n’y lit pas la même chose.
À l’aube d’une population mondialisée
L’immigration devient un outil politique un peu partout en Occident. Les mouvements de population créés par les guerres et les dérèglements climatiques s’aggravent et représentent un des grands défis sociaux du présent siècle. C’est un enjeu socio-économique clivant auquel le Québec ne peut échapper malgré les défis particuliers de la francisation. Pour les « natalistes », le faible nombre de naissances, voire l’hiver démographique, commande une ouverture maîtrisée des frontières afin de maintenir la capacité de l’État à offrir un panier de services à la population vieillissante de son territoire.
François Legault joue son va-tout
Le gouvernement de François Legault amorce la dernière année de son deuxième mandat avec plusieurs boulets à son pied, empêtré dans le fiasco SAAQclic, la nouvelle plateforme numérique de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) dont la mise en place a tourné au cauchemar en plus d’entraîner des dépassements de coûts estimés à ce jour à un demi-milliard de dollars. Et c’est sans compter l’échec du projet Northvolt, la saga du troisième lien, la crise du logement, des restrictions budgétaires qui font mal, surtout en éducation, et un réseau de la santé qui continue de s’enliser malgré la création d’une super agence censée remettre le train sur ses rails.
Les gros chars
Pour freiner sa chute de popularité, le premier ministre Legault envisage de faire un cadeau à une partie de l’électorat : prendre de l’argent de tous les contribuables pour en donner à ceux qui conduisent une auto à essence. C’est ainsi : le seul outil que possède un gouvernement provincial pour influer sur le prix à la pompe est sa taxe : quand il l’augmente, le prix monte; s’il veut que le prix diminue, il doit la baisser.
Au Québec pour bâtir ensemble ?
Depuis des décennies, la non-reconnaissance des diplômes étrangers fait obstacle à l’intégration socioéconomique des immigrants au Québec. Le problème est connu, archiconnu même. Plusieurs études ont mis en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui arrivent au pays diplômes en poche. Pour bon nombre d’entre elles, c’est la croix et la bannière pour faire reconnaître leurs qualifications et acquérir le permis d’exercer un emploi parmi les professions et métiers réglementés.
L’université dans la tourmente
L’administration Trump cherche en ce moment à mettre au pas les universités américaines et en particulier Harvard, la plus prestigieuse de toutes, à qui elle veut interdire d’accueillir de nouveaux étudiants internationaux, histoire de lui couper les vivres, du moins en partie. Pendant ce temps, au Québec et au Canada, collèges et universités sont confrontés à une nouvelle réalité : la réduction substantielle des entrées d’étudiants étrangers. Une décision dont on commence à peine à mesurer les répercussions.
Carney tend une perche à Legault
Après l’abaissement de la note de crédit du Québec par l’agence new-yorkaise Standard & Poor’s, place à la remise en question de certaines décisions du gouvernement de François Legault et à la recherche de solutions. Parmi celles-ci, le premier ministre canadien nouvellement élu Mark Carney en a laissé miroiter une durant la campagne électorale. Reste à voir si les caquistes sauront saisir cette perche inespérée.
Le regard voilé
Trois éminentes féministes ont dénoncé dans LaPresse+ du 22 avril le projet de loi 94 étendant l’interdiction des signes religieux dans les écoles publiques québécoises au-delà du corps enseignant. Elles y voient une mesure sexiste qui « ne s’applique pas aux chauffeurs de bus scolaires, en grande majorité des hommes et en contact quotidien avec nos enfants ».
Les cadeaux du contribuable à Amazon
Au départ, la fermeture sauvage des sept entrepôts d’Amazon du Québec n’a pas troublé outre mesure le Premier ministre François Legault, qui s’est contenté de dire « j’ai une pensée pour les travailleurs ». 1903 licenciés, plus 2640 autres chez les sous-traitants. Ce qui contraste avec la réaction du ministre fédéral de l’Industrie François-Philippe Champagne qui a promis de réviser les « relations d’affaires » du Canada avec cette firme.
Les nationalistes conservateurs aux commandes
Les symboles sont importants. Les stratèges politiques l’ont compris depuis longtemps et le gouvernement de François Legault dont la popularité bat de l’aile ne cesse de s’activer sur ce front malgré tous les problèmes graves et urgents auxquels il doit faire face comme la menace américaine de droits de douane, les ratés du système de santé et la crise du logement et des sans-abri.
Québec-Palestine : le commerce avant les droits humains
L’année politique du Québec en matière de relations internationales restera marquée par la décision du gouvernement de François Legault d’ouvrir un bureau à Tel-Aviv pour le représenter en Israël et intensifier ses échanges avec des partenaires gouvernementaux, institutionnels, économiques, culturels et universitaires. Le gouvernement québécois a fait le choix d’aller de l’avant, et ce au plus fort de la guerre que mène Israël dans la bande de Gaza, et malgré une pétition de près de 12 000 noms déposée à l’Assemblée nationale en février dernier pour réclamer l’abandon du projet, estimant que cette représentation diplomatique serait perçue par Israël comme un encouragement à ne pas s’engager dans la voie de la paix.
Le laxisme de la CAQ coûte cher
Le poids de la dette publique du Québec est à nouveau plus lourd que celui de l’Ontario, à cause de la piètre gestion budgétaire du gouvernement caquiste. Un malheur n’arrivant jamais seul, il en coûte désormais plus cher au Québec qu’à l’Ontario pour financer ses emprunts. Les mises à jour économiques automnales ont révélé un état de santé des finances publiques bien différent dans les deux provinces.
Exode des cerveaux : un échange inégal
Réagissant à des pressions internationales, le Québec a cessé récemment de recruter en Afrique des infirmières, des sage-femmes et des préposé.e.s aux bénéficiaires. Un programme en ce sens, lancé en février 2022, a permis de recruter environ un millier de ces professionnelles de la santé, dont plus de la moitié travaillent actuellement dans le réseau. Il a été critiqué notamment par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et par le Conseil international des infirmières, qui a tenu son congrès au Palais des congrès de Montréal début juillet 2023.
Bedford : Mauvaise cible
Grand état a été fait le mois dernier d’un « camp dominant » d’enseignants déviants à l’école Bedford à Montréal. Leur origine maghrébine et leur foi musulmane ont été soulignées à grands et gros traits noirs. Or ce n’est ni leur pays d’origine ni leurs croyances qui en font des enseignants incompétents. L’inaptitude de la bande des onze à enseigner provient de leur militantisme, de leur prosélytisme, de leur sermon et attitude intégristes. Un comportement analogue au leur en provenance d’enseignants catholiques nés à Chicoutimi serait tout aussi inadmissible.
Chronique d’une impasse annoncée
Affirmer l’autonomie du Québec et accroître ses pouvoirs à l’intérieur du cadre fédéral canadien, voilà les objectifs au cœur du projet politique de la Coalition avenir Québec (CAQ) que François Legault a fondée en 2011 après avoir tourné le dos à ses ambitions indépendantistes. Le chef de la CAQ estimait que le temps des divisions entre souverainistes et fédéralistes avait assez duré et qu’il fallait rassembler tous les nationalistes derrière l’idée de « bâtir un Québec plus fort au sein de la fédération canadienne ». Il faisait le pari d’incarner la troisième voie, suivant les traces de Mario Dumont et de l’Action démocratique du Québec (ADQ).
Coulisses d’un conflit
La grève d’une quarantaine de professeurs à temps plein de l’Université McGill est terminée. La fin du conflit signifie surtout que pour la première fois depuis sa fondation en 1821, Mc Gill doit négocier avec un syndicat. Même si la syndicalisation survient en 2024, la démarche a été difficile et les relations tendues entre les professeurs de la Faculté de droit et l’administration de cette université, située au coeur de Montréal.
Un contexte politique chamboulé
Petit tremblement de terre dans le paysage politique canadien qui vient rappeler brutalement au premier ministre Justin Trudeau la fragilité de son gouvernement et son impopularité après neuf ans de règne. La victoire étonnante du candidat bloquiste Louis-Philippe Sauvé à l’élection partielle dans la circonscription montréalaise de LaSalle-Émard-Verdun confirme que la marque de commerce libérale a du plomb dans l’aile, incapable de conserver ce château fort malgré tous les efforts déployés par les têtes d’affiche de l’équipe Trudeau.
Mauvais calcul
Hydro-Québec calcule et prévoit ce dont le Québec a besoin et cherche les moyens de livrer la marchandise. Son dernier « ajustement tarifaire » est clair : les tarifs d’électricité payés par les Québécois sont trop bas. Selon les calculs d’Hydro-Québec, les tarifs résidentiels auraient dû augmenter de presque 4 % pour permettre à l’entreprise de financer ses nécessaires investissements.
Des avancées pour le droit autochtone
Les peuples autochtones au Canada viennent de marquer des points dans leur bataille pour la reconnaissance de leurs droits. Deux jugements récents sont venus coup sur coup donner un nouvel élan à leurs revendications sur le plan juridique. En février dernier, la Cour suprême du Canada a déclaré constitutionnelle une loi fédérale qui accorde aux Premières Nations, aux Inuits et aux Métis le droit à l’autonomie gouvernementale dans le domaine des services à l’enfance et à la famille.
Le mal que cache l’immigration
Les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault se sont rencontrés à Québec le 10 juin dans le but d’apaiser les tensions entre Ottawa et Québec au sujet de l’immigration. Le chèque de 750 millions offert à Québec est bien accueilli, mais la vision divergente des deux chefs de gouvernement persiste. Ni l’un ni l’autre n’osent pourtant s’attaquer de front au mal d’où découlent les besoins toujours grandissants de main-d’oeuvre étrangère.
Alea jacta est
Perd ou gagne en novembre prochain, Donald Trump se proclamera élu POTUS pour une troisième fois d’affilée. Même si la limite constitutionnelle est de deux mandats présidentiels dans son pays. Il appert que l’homme n’en est pas à une contradiction près. Ses opposants démocrates non plus d’ailleurs.
Le pragmatisme solidaire
À l’ombre de la Solennelle Déclaration de Saguenay, le co-porte-parole-masculin de Québec Solidaire a affirmé que les deux partis bleus du Québec sont contre les immigrantes, contre les immigrants, contre l’immigration. « Le logement, les écoles, le français, les services publics, peu importe le problème, pour ces deux-là, c’est toujours la faute de l’immigration ». Même que le projet indépendantiste du PQ passerait par un référendum sur l’immigration. Voire contre l’immigration.
Montée du populisme : la dynamique canadienne
Le Québec et le Canada n’ont pas échappé à la vague populiste qui a traversé la plupart des démocraties libérales au cours des dernières décennies. La méfiance envers les élites dirigeantes jugées corrompues et la promesse d’une reprise du pouvoir par le peuple ont trouvé ici comme ailleurs un terreau fertile. Mais le discours est ici plus nuancé, moins dans les extrêmes qu’aux États-Unis, au Brésil, en Hongrie ou en France où les Donald Trump, Jair Bolsonaro, Viktor Orbán, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon naviguent dans des registres plus radicaux. Il n’y a pas de parti d’extrême droite ou d’extrême gauche au Canada.
Taxer, c’est gouverner
On exige toujours plus de l’État. Le vieillissement de la population, les changements climatiques, les élèves en difficulté, le logement abordable, les transports collectifs, l’entretien de nos infrastructures délabrées ou la sécurité des citoyens et des frontières: tout cela sollicite davantage le Trésor public. Le déficit anticipé de Québec est de l’ordre de 10 milliards, celui d’Ottawa, quatre fois plus, pour l’année en cours. Québec ne veut augmenter ni taxes, ni impôts, sans pour autant recourir à l’austérité, mais la faible croissance prévue ne peut combler l’écart à elle seule. Que faire?
Le front (voilé) de la FAE
C’est écrit tel quel dans les documents de la FAE : « Nous incarnons un syndicalisme plus militant et plus combatif. » La Fédération autonome de l’enseignement s’est jointe en avril à la Commission scolaire English Montreal et au Conseil national des musulmans canadiens pour contester devant la Cour suprême du Canada la loi 21 sur (contre) des signes religieux dans des services publics. Soit.
Le PQ préoccupe les créanciers du Québec
La remontée quasi miraculeuse du Parti québécois dans les sondages ranime malgré lui la frousse de l’indépendance, parmi les créanciers présents et futurs de la province. La prime qu’ils exigent pour les rassurer reste un sujet tabou. On ne la mentionne pas explicitement, mais des acteurs du marché obligataire observent que Québec consent ces jours-ci un écart de crédit de un à deux points pour mettre la main sur leurs millions. Cet argent sert à (re)financer la dette nette de plus de 220 milliards et le nouveau déficit annoncé de quelque 11 milliards, pour l’exercice en cours. C’est ce qu’a appris En Retrait par suite d’une indiscrétion d’un joueur très actif sur le marché obligataire.
Le cul-de-sac démographique du populisme ethnique
Au Québec, 61 % des répondants à un sondage Léger pensent que le Canada accueille trop d’immigrants. 65 % des Français souhaitent, pour l’ensemble du territoire français, l’abolition du droit du sol, le droit pour toute personne née en France de devenir automatiquement citoyen. Des deux côtés de l’Atlantique, les immigrants servent de boucs émissaires aux angoisses identitaires des nations, mais aussi à la détérioration des services de l’État, sécurité publique, crise du logement, santé, éducation.
L’art de bâtir des crises
La pénurie de logements abordables et sociaux s’étire depuis des années partout au Québec, au point d’avoir engendré celle de l’itinérance. Les causes sont multiples: abandon du soutien financier au logement social par Ottawa au siècle dernier, laisser-faire de Québec, hausses des coûts de construction, pénuries de main-d’oeuvre, locations à court terme, spéculation tout azimut et incapacité du marché d’assurer tout seul le droit fondamental à pouvoir se loger selon ses moyens. Il y a enfin le contrat de travail spécifique au Québec qui freine la mobilité de la main-d’oeuvre, nourrit le corporatisme professionnel, stimule la concurrence intersyndicale et empoisonne souvent la vie sur les chantiers.
Immigration : un enjeu de société
Immigration. Le mot est sur toutes les lèvres. C’est la question de l’heure un peu partout en Europe, aux États-Unis, au Canada et au Québec bien sûr, bref là où le niveau de vie fait l’envie des millions de déshérités et de gens aux horizons bouchés qui aspirent à un avenir meilleur pour eux et pour leurs enfants.
Des réformes aux effets centralisateurs
C’est dans une ambiance délétère que l’Assemblée nationale du Québec a mis fin à ses travaux en ce mois de décembre, avec en toile de fond le plus vaste mouvement de débrayage des employés du secteur public qu’ait connu le Québec depuis les années 1970. Manifestations et piquets de grève dressés devant les écoles et les hôpitaux viennent renforcer l’impression générale que rien ne va plus. Le Québec est sens dessus dessous, l’État quasi paralysé dans ses grandes missions.
Tic Tac
Ce n’est pas parce que presque tous les chroniqueurs l’ont dit ou écrit que c’est faux : oui, le gouvernement Legault a eu un automne misérable. Et personne d’autre que son chef à blâmer. Quoique ... Ce n’est pas parce que presque tous les chroniqueurs l’ont dit ou écrit que c’est vrai : non, le gouvernement Legault n’est pas menacé.
Formation universitaire: une révolution inachevée.
Soixante ans après la création du ministère de l’Éducation du Québec et plus d’un demi-siècle après le déploiement du réseau de l’Université du Québec (UQ), où en sommes-nous au chapitre de l’accès à l’enseignement supérieur dans une province qui accuse un retard historique en cette matière ?
Les RPA, la prochaine crise du logement
On fait peu de cas des Résidences pour personnes âgées (RPA) dans la crise du logement qui sévit d’un océan à l’autre et au Québec en particulier. Après tout, leur taux d’inoccupation est très élevé et suggère que l’offre serait surabondante, à tel point que certains logements pourraient être offerts à une autre clientèle que les ainés. C’est en fait un mirage qui masque une prochaine pénurie que les autorités préfèrent ignorer jusqu’ici.
L’hydre Hydro
Des milliards de dollars, des montagnes de barrages, des térawattheures. Un horizon de trente ans. Des experts à hue et à dia. Et faudrait se faire une idée … L’audace et la témérité sont de proches voisines. D’ailleurs, elles se trouvent toutes deux dans le plan qu’Hydro-Québec a rendu public début novembre. Emballant ou inquiétant, ça dépend du point de vue.
Le Québec, source d’inspiration pour le Pays basque
La langue basque (euskara) montre des signes de renouveau, pourtant menacée de disparition après les ravages de plus de trois décennies de dictature franquiste (1939-1975) qui a écrasé d’une main de fer toute manifestation nationalitaire * autre que celle de la majorité espagnole. Et le Québec n’est pas étranger à ce regain de vitalité en raison d’une coopération fructueuse avec le Pays basque (Euskadi) dès le début des années 1980, des échanges économiques et culturels qui se poursuivent toujours, principalement autour de l’enjeu linguistique.
La chaise vide
Québec veut amorcer «l’approche de sécurisation culturelle au sein du réseau de la santé et des services sociaux». Le porte-parole autochtone entend une insulte. Le débat est mal barré.
Une compassion à géométrie variable
Le premier ministre du Québec, François Legault, se plaît à rappeler aussi souvent que possible ses origines modestes et à dire haut et fort toute sa compassion envers les gens qui peinent à joindre les deux bouts. Mais cette empathie naturelle pour les plus démunis ne semble pas avoir pesé lourd dans la balance lorsque son gouvernement a décidé de contester le récent jugement du Tribunal administratif du Québec (TAQ) en faveur de milliers de personnes en situation de handicap grave.
Retraite Québec : des pratiques discriminatoires
Le Tribunal administratif du Québec (TAQ) a rendu le 28 juillet dernier une décision que l’on peut qualifier d’historique. Le TAQ a statué que deux articles de la Loi sur le régime de rentes du Québec sont discriminatoires parce qu’ils portent atteinte au droit à l’égalité garanti par la Charte canadienne des droits et libertés.
Le moment autochtone
Le Canada serait-il sur le point de vivre son moment autochtone ? En tout cas, la conjoncture semble plus que jamais favorable au dialogue et au processus de réconciliation avec les Premières Nations, les Inuit et les Métis. On assisterait à un réveil si l’on en croit une récente enquête de l’Institut Environics réalisée dans le cadre du projet Confédération de demain créé en 2019 et qui regroupe cinq centres d’analyse sur la fédération canadienne.
Les Ukrainiens dans le Grand Montréal : une diaspora énergique
Dès l’éclatement du conflit avec la Russie l’an dernier, avec la collaboration d’importants partenaires, et aussitôt que de nombreux migrants ont décidé de venir s’établir au Canada, la diaspora ukrainienne a déployé tous les efforts à Montréal. Si les besoins se sont maintenant stabilisés, la communauté continue d’être à l’écoute.
L’UNEQ : autopsie d’une crise
Juin 2022, il y a un an, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) remportait une éclatante victoire. Après des années de lutte acharnée et de pressions sur le gouvernement du Québec, la nouvelle Loi sur le statut professionnel des artistes venait d’être adoptée par l’Assemblée nationale, permettant à l’UNEQ de devenir un véritable syndicat ayant la capacité d’agir et de négocier une première entente collective avec les éditeurs pour le bénéfice de tous les auteurs.
« Extrême centre » : le concept testé dans le Far-Est
Dans un essai récent, la journaliste Hélène Buzzetti lance un Plaidoyer pour l’extrême centre (Les Coops de l’information / Art Global, 2023) volonté affichée de rétablir les ponts entre la droite et la gauche, clivage exacerbé lors de la dernière pandémie. L’ouvrage a ses mérites et plusieurs limites. Nous nous attarderons ici à voir dans quelle mesure son propos passe l’épreuve du ROQ.
Les retraites municipales ou le « pelletage par en avant »
En décembre 2014, les grandes villes du Québec ont reçu un beau cadeau du gouvernement Couillard. Après des décennies d’insouciance, les caisses de retraites des employés municipaux (en grande partie des régimes à prestations déterminées) avaient accumulé des déficits de l’ordre de 2,6 milliards $. Par sa Loi 15, le Québec a permis aux villes d’aller chercher une bonne partie de l’argent manquant dans les poches des cotisants et des retraités sans avoir à négocier quoi que ce soit avec les syndicats, privés du droit de grève sur ce sujet. La remise en cause de la légalité de cette loi par la Cour supérieure en 2020 puis, en mai dernier par la Cour d’appel du Québec, promet des lendemains de veille douloureux au monde municipal.
Lac-Mégantic, quand le débat déraille
Il y aura bientôt dix ans, le 6 juillet 2013, quarante-sept personnes perdaient la vie dans ce qui demeure la pire tragédie environnementale et ferroviaire de l’histoire du Québec et de l’Amérique du Nord. Dix ans plus tard, alors que le projet de voie de contournement ferroviaire est à l’étape des expropriations, le débat s’envenime. Tentons ici de dégager certains points d’achoppements et de comprendre pourquoi, si possible, on en est encore là.
L’autosuffisance énergétique et commerciale
Grâce avant tout aux véhicules électriques, Québec compte diminuer ses gaz à effets de serre de 20% d’ici 2030 et atteindre la carbon-neutralité d’ici 2050. Objectif fort louable et ambitieux qui permettrait aussi un retour vers l’équilibre de ses échanges commerciaux avec ses partenaires internationaux et canadiens. Du jamais vu au cours du présent millénaire où s’accumulent déficit sur déficit.
L’hégémonie de l’anglosphère
Les signaux d’alarme se multiplient depuis peu devant l’ampleur du phénomène d’anglicisation dans l’univers scientifique au Québec et au Canada. Des données accablantes s’accumulent faisant tantôt état du net déclin du français dans les publications scientifiques, comme le confirmait un récent rapport de l’Acfas, ou encore de la part famélique de financement accordée par les organismes subventionnaires fédéraux aux projets de recherche présentés en français, comme le révélait dernièrement Radio-Canada.
Dans le champ
C'est comme si l’électorat de la région de Québec avait voté en octobre dernier pour traverser le grand fleuve dans un tunnel. Et presque sur rien d’autre. Le dernier sondage Léger publié au début de mai montre une dégringolade spectaculaire des appuis à la CAQ dans la région de Québec. De 40 % à 26 %. Les caquistes peuvent se rassurer : la prochaine élection est prévue pour 2026.
Promeneurs de chiens : un service bien ciblé
Promener son chien en solo est devenu un classique en ville ou en région, mais une autre avenue se précise de plus en plus : les services de promeneurs de chiens. Ils comportent des atouts pour le propriétaire, mais surtout pour son animal de compagnie.
Un Québec pas si fou de ses enfants
Le Québec accuse un retard en ce qui a trait à la règlementation du travail des enfants. Pas d’âge minimum requis pour commencer à travailler, à faire des petits boulots parfois au péril de sa santé et trop souvent au détriment de son parcours scolaire. Seule l’autorisation des parents est exigée pour les moins de 14 ans.
Les essentiels députés
Il y a 125 membres de l’Assemblée nationale à l’hôtel du Parlement. Dûment élus, normalement contestés, souvent hués. Injustement appréciés.
L’État québécois face au délitement tranquille
Vingt ans après le début de la réingénierie de l’État québécois portée par le gouvernement de Jean Charest, le modèle de gouvernance issu de la Révolution tranquille est-il toujours menacé dans ses fondements ? Car il semble que le courant qui a inspiré cette réingénierie, rapidement reconvertie en modernisation des structures de l’État devant le tollé qu’elle a provoqué, soit toujours à l’œuvre mais de façon plus subtile et sans en porter le nom.
La filière batterie: ça tombe pile!
Les ventes de véhicules électriques s’accélèrent, tout comme la prospection des minéraux stratégiques, les investissements pour construire des usines de composantes pour batteries et moteurs, pour déployer des parcs d’éoliennes et de panneaux solaires afin de les alimenter. Il faut aussi stimuler la recherche et le développement de technologies toujours plus performantes. Dans cette course mondiale, le Québec dispose d’une batterie d’atouts.
Le travail en hausse après la retraite
La pénurie de main-d’œuvre est sur toutes les lèvres. Parmi les solutions proposées pour y remédier, faire appel à des personnes à la retraite de 50 ans et plus, voire stimuler leur retour par certains incitatifs, caractérise désormais le marché du travail.
L’élusive réforme de la fiscalité municipale
Au Québec, la mise à niveau des infrastructures municipales est un gouffre qui se mesure en milliards de dollars, plus de quatre annuellement selon les calculs de l’Union des Municipalités du Québec.
Au recours !
La Ligue des Noirs du Québec a obtenu la permission d’intenter un recours collectif pour profilage racial contre la Ville de Montréal. La Cour supérieure décidera de l’issue de l’affaire.
Une nouvelle brèche dans le système de santé au Québec
On sait encore peu de choses du projet de construction de deux mini-hôpitaux privés au Québec. On sait seulement que l’un sera implanté dans l’Est de Montréal et l’autre à Québec. On sait aussi que ces mini-hôpitaux seront construits à même les deniers publics au coût de 35 millions de dollars chacun et qu’ils devraient ouvrir leurs portes en 2025, donc très bientôt.
Le gouffre des infrastructures municipales
Au Québec, près du quart des réseaux d’adduction d’eau fuient dans le sous-sol. Égouts qui refoulent, nids de poule qui prolifèrent, dépotoirs qui débordent, passerelles qui s’effondrent, digues qui cèdent, béton qui se désintègre, piscines publiques condamnées, eaux usées directement déversées dans le fleuve, quartiers inondés… le délabrement des infrastructures municipales défraie régulièrement les manchettes. Ottawa, Québec et les villes multiplient les initiatives pour retaper tous ces équipements déficients, mais à un rythme insuffisant pour rattraper le retard.
Tourner en rond
Il manque d’employé.es dans les hôpitaux, dans les écoles, dans les usines, dans les bureaux, dans les commerces, sur les chantiers. Nous embauchons ! Les affiches sont partout. Salaires plus élevés, prime à l’entrée, horaires flexibles, aménagements tout plein, travail d’équipe, « écoute attentive ». Le paquet.
Conduire, un privilège ou un droit ?
Mariia Legenkovska avait sept ans. Rarement, le Québec ne s’est autant ému du décès d’une enfant. On a plus l’habitude des grands mouvements d’empathie à la suite de crimes crapuleux, comme un enlèvement ou un abus parental, ou encore l’explosion d’un véhicule piégé par une bande de motards. Mais lors d’un accident de la route, c’est sans doute une première. Un accident qu’on qualifie ordinairement de banal, mais qui ne l’a pas été.
L’évolution de QS
Entrevue avec Frédérick-Guillaume Dufour, professeur de sociologie politique à l’UQAM.
La gauche radicale, des partis comme les autres
Adhérer à Québec solidaire, La France insoumise ou Podemos en Espagne relève d’une même démarche : concilier le désir de changements radicaux exprimés par des mouvements de contestation, « la rue », avec un besoin de résultats tangibles immédiats, la participation à la politique traditionnelle. L’irruption de ces mouvements dans les parlements a bouleversé l’alternance feutrée du bipartisme, mais leur promesse de faire de la politique « autrement » a pris un coup de vieux.
Veto britannique à un deuxième référendum écossais
Sans l’accord de Londres, l’Écosse n’aura pas le droit d’organiser de deuxième référendum sur l’indépendance, neuf ans après l’échec d’un premier scrutin sur la même question en 2014. Ainsi vient d'en décider la Cour suprême du Royaume-Uni[1]. Nous avons recueilli les commentaires du constitutionnaliste Daniel Turp, professeur titulaire à la Faculté de droit de l’Université de Montréal et co-fondateur des Intellectuels pour la souveraineté lors du référendum québécois de 1995.
Une Assemblée nationale sans réel contrepouvoir
La vie politique est pleine de rebondissements mais certains d’entre eux sont plus prévisibles que d’autres. La démission de Dominique Anglade, première femme à être cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), était inéluctable après la défaite historique de son parti à l’élection générale du 3 octobre dernier : avec 14 % des voix (7% dans l’électorat francophone), 21 députés élus principalement grâce à l’appui de la communauté anglophone dans l’Île de Montréal et au cinquième rang dans près de la moitié des 125 circonscriptions. Un désastre.
3 octobre : une participation timide des jeunes
Si le scrutin provincial du 3 octobre a porté au pouvoir la Coalition avenir Québec (CAQ) pour un deuxième mandat majoritaire, la participation des jeunes de 18 à 24 ans au suffrage ne semble pas s’être démarquée, tout comme lors des élections de 2018. Les jeunes ne manquaient pourtant pas de possibilités de se prévaloir de leur droit de vote.
L’édit togé
La Cour d’appel du Québec évalue depuis le début novembre une décision rendue le 20 avril 2021 par la Cour supérieure du Québec. Sur le fond, le juge Marc-André Blanchard n’avait pas trouvé de base légale pour invalider la loi 21 sur des signes religieux dans des services publics. Il n’en avait pas moins blâmé le gouvernement Legault.
Retour sur une campagne aux accents populistes
Le 3 octobre dernier, la Coalition avenir Québec (CAQ) a remporté une écrasante victoire au terme d’une campagne électorale ponctuée de déclarations controversées en lien avec l’immigration, les immigrants et le déclin du français, élargissant du coup le fossé entre Montréal et le reste du Québec.
Le populisme distinct
Populiste par ci, populiste par là, la récente élection québécoise oblige à chercher la définition du mot qui sert à surtout blâmer, rarement à louanger. À droite comme à gauche.
Ce que Québécois veut, Ottawa le veut… ou pas
« Si les Québécois veulent que le gouvernement du Québec ait plus de pouvoirs en immigration, il n’y a personne qui va pouvoir résister à ça», a affirmé le chef caquiste François Legault, gonflé à bloc au lendemain de sa victoire convaincante du 3 octobre. L’élection d’un plus fort contingent de députés caquistes peut-il changer le rapport de force à ce point pour donner l’avantage au Québec? On est en droit d’en douter.
L’effet Duhaime
Le Parti conservateur du Québec (PCQ) et son chef Éric Duhaime joueront-ils les trouble-fête dans une campagne électorale qui s’annonçait sans surprise et dont l’issue semble écrite d’avance, la seule inconnue de l’élection générale du 3 octobre étant de savoir qui formera l’Opposition officielle à l’Assemblée nationale ?
L’écuelle du PCQ
Le Parti conservateur du Québec a pris son envol quand son chef Éric Duhaime s’est proclamé le défenseur de la liberté individuelle en opposition aux restrictions pour contrer la Covid.
Profession ? Politicien
Le 3 octobre, nous serons appelés à renouveler les membres de l’Assemblée nationale, des gens qui, ainsi le veut la théorie, nous représenteront. Pourtant, si on en juge par le résultat des précédentes élections générales, les élus de 2018 sont loin de refléter la réalité de la société québécoise : 27,2 % de femmes députées contre 50,3 % de Québécoises, 84 % de personnes de plus de 40 ans contre 52 % dans la population générale, 79 % de diplômés des universités contre 29 %. Donc, très souvent, des gens qui nous représentent, mais ne nous ressemblent pas.
Le PLQ pendu par la langue
À l’approche de l’élection québécoise, le PLQ a moins d’appuis dans les sondages qu’il n’en a récolté dans ses deux plus grandes défaites en plus d’un siècle et demi. Sous ses deux derniers premiers ministres, Jean Charest en 2007 et Philippe Couillard en 2018. Pente glissante.
La lente agonie du PQ
Il y a longtemps que tout un chacun annonce que le Parti québécois aura été le parti d’une seule génération. À deux mois de l’élection, les militants péquistes clameront que l’hypothèse était fausse et ils auront raison : le PQ aura réussi à vivre … deux générations.
De virage en virage
Le porte-parole de Québec Solidaire a modifié le programme de son parti sur le port de signes religieux dans les services publics. Son éventuel gouvernement permettrait « le port de signes religieux pour que tout le monde puisse travailler au Québec, peu importe ses croyances».
Pourquoi le Québec perd le contrôle
Depuis des semaines, le dossier de l’immigration défraie la manchette au Québec. Et pour cause, cet enjeu aux multiples facettes tant politiques qu’économiques et sociales touche au cœur même de la capacité du Québec de protéger sa culture et sa langue, le français.
Le cas de QS
L’opinion publique ne varie pas fondamentalement sur une courte période, l’orientation politique ne change pas grandement à court terme. Ce qui évolue, c’est la perception que l’électorat a des partis politiques.
L’immigration en question
François Legault dit préférer l'intégration des immigrants à la hausse de leur nombre. La pénurie de main d’œuvre amène les milieux d’affaires à réclamer plus d’immigration, d’autres voient là une volonté d’importer de la main-d’œuvre bon marché.
Les marginaux du système électoral
Le directeur général des élections du Québec a choisi le jour du début de la visite officielle du prince Charles, le 17 mai, pour annoncer la radiation du Parti royaliste du Québec de la liste des partis politiques.
La langue, un enjeu déterminant
Les Québécois anglophones sont aux abois. Le projet de loi 96 sur la langue officielle et commune du Québec, le français, qui devrait être adopté d’ici la fin des travaux parlementaires à Québec le 10 juin, les inquiète au plus haut point.
La CAQ triomphante
La Coalition avenir Québec a remporté une éclatante victoire dans la circonscription de Marie-Victorin, un bastion du Parti québécois depuis quarante ans. C’est Shirley Dorismond, une ancienne syndicaliste du milieu de la santé qui a été élue avec 35 % des voix et une majorité de près de 800 voix sur son adversaire péquiste.
Le vendeur d’émotions
Depuis que Jean Charest a annoncé sa candidature à la direction du Parti conservateur du Canada (le vote aura lieu le 10 septembre), des membres du parti, d’autres candidats.tes, et des Canadiens se demandent s’il est plus conservateur que libéral, plus bleu que rouge. Or, ce n’est pas par la palette des couleurs que se définit Charest.
Le retour de Jean Charest
Jean Charest n’a pas dit son dernier mot en politique active. Voilà qu’il se lance dans la course à la direction du Parti conservateur du Canada dans l’espoir de réaliser son rêve : devenir premier ministre du pays. Mais contrairement au couronnement auquel il a eu droit en 1998 lorsqu’il est devenu chef du Parti libéral du Québec, le poste ne lui sera pas offert sur un plateau d’argent. Il devra livrer bataille et c’est loin d’être gagné.
Année électorale pas comme les autres
Le Québec vivra en 2022 une année électorale sous le signe d’une crise sanitaire qui s’éternise, situation inédite qui a déjà forcément des répercussions sur les intentions de vote. Même si la Coalition avenir Québec (CAQ) semble assurée de sa réélection, et de récolter un plus grand nombre de sièges qu’en 2018, de plus en plus d’insatisfaction se manifeste quant à la façon dont le gouvernement de François Legault gère cette crise.
À la défense de la liberté académique (dupliqué)
La liberté académique est-elle en péril ? Face à la montée de la rectitude politique et à la multiplication des cas de bannissement et d’atteinte à cette liberté, nous pourrions être portés à le croire. Et on peut affirmer, par le nombre d’experts qui se trouvent à son chevet en ce moment, que les assauts qu’elle subit sont bien réels et préoccupants.
Victimes collatérales, vous dites ?
Le sujet des victimes du virus de la COVID-19 a fait couler beaucoup d’encre depuis 18 mois. Certaines ont été emportées en quelques jours, d’autres ont survécu, souvent avec de lourdes séquelles. Mais qu’en est-il des victimes dites collatérales ? Quelles sont les solutions à ce problème pour le réseau de la santé ?
L’indépendance, une idée du passé ?
Il y a 45 ans, le 15 novembre 1976, le Parti québécois dirigé par René Lévesque était porté au pouvoir. Pour la première fois de son histoire, le Québec élit un gouvernement qui a pour objectif de réaliser l’indépendance. Cette victoire venait donner un nouveau souffle à la Révolution tranquille amorcée près de deux décennies plus tôt.
Municipales: le réseau cyclable en tête
Les deux candidats principaux à la mairie de Montréal, la mairesse sortante, Valérie Plante, et l’ex-maire Denis Coderre, multiplient les annonces depuis cet été. Parmi les sujets clés de leur plateforme électorale respective, figure le réseau des pistes cyclables de l’île, qu’on ne peut dissocier des déplacements en automobile et à pied.






















































































































