• Les Français qui se plaisent à ridiculiser leurs dirigeants en les affublant de sobriquets divers, surnomment volontiers le président Macron Jupiter. Un Jupiter maître de l’Olympe, qui se veut à bonne distance des mortels et laisse libre cours à son caractère autoritaire et ombrageux. Dimanche 9 juin au soir, c’est effectivement d’un coup de tonnerre digne des foudres du dieu grec qu’il a traumatisé politiciens, observateurs et électeurs de son pays.

  • Comme jadis les communistes orphelins de leur patrie du socialisme, le Parti québécois va devoir faire son deuil des modèles européens de voie à l’indépendance. En mars 2023, le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon se rangeait encore derrière la démarche des indépendantistes écossais. « On s’inspire beaucoup de Scotland’s Future, des documents produits en 2014 et renouvelés par la suite en 2022 avec Building a new Scotland. Ce sont des cahiers accessibles à la population qui répondent en termes simples sur l’intérêt du projet d’indépendance et sur l’après-indépendance »[1]. Ces phrases, PSPP n’oserait probablement plus les prononcer un an plus tard alors que le nouveau premier ministre indépendantiste de l’Écosse, John Swinney, ne parle plus, contrairement à ses prédécesseurs Nicola Sturgeon et Humza Yousaf, de transformer le prochain scrutin national en élection référendaire.

  • L’Histoire suggère qu’il faudra un jour reconstruire la bande de Gaza. C’est ce qu’on a fait à Berlin, à Varsovie, à Tokyo, à Hiroshima, à Grosny. Un jour, l’enclave de 365 kilomètres carrés redeviendra peut-être habitable … Mais quand, comment, à quel prix ce travail sera-t-il réalisé ? 

  • Depuis que Trump a ajouté à sa panoplie le titre de premier président des États-Unis à avoir été reconnu coupable de crimes divers, les grands quotidiens de ce pays ont publié une quantité impressionnante d’analyses et opinions. De cette avalanche découle une obligation: élaguer, éclaircir, préciser. La première réalité qui doit être soulignée est la suivante : si Trump est élu président il ne pourra pas se pardonner pour la bonne et simple raison qu’à l’origine de la poursuite dont il fut le sujet il y a un État, celui de New York évidemment, et non l’État fédéral.

  • Perd ou gagne en novembre prochain, Donald Trump se proclamera élu POTUS pour une troisième fois d’affilée. Même si la limite constitutionnelle est de deux mandats présidentiels dans son pays. Il appert que l’homme n’en est pas à une contradiction près. Ses opposants démocrates non plus d’ailleurs.

  • Joe Biden est « une machine à gaffes ». Il l’a dit et répété lors de la campagne présidentielle de 2020. En a-t-il fait une autre le mois dernier lorsqu’il a qualifié le Japon et l’Inde de « xénophobes » ? Alors que le 46ème président des États-Unis est rattrapé par la question migratoire — un de ses talons d’Achille en cette année électorale — il a lancé un pavé dans la mare diplomatique entre Washington et ses deux alliés asiatiques. « Ils ne veulent pas d’immigrés. » Vrai, faux ?

  • Tous les journalistes, qu’ils l’avouent ou non, ont une grille d’analyse personnelle, fruit de leur expérience et de leur histoire. Il n’existe aucun œil pur qui puisse analyser « objectivement » les attaques terroristes contre Israël en octobre dernier ni les souffrances des 2,4 millions de Palestiniens parqués dans les ruines du ghetto de Gaza. Le choix de ce qui constitue ou non un fait digne de mention est déjà un a priori. Je ressens donc aujourd’hui le besoin de déclarer ma propre lorgnette à la douane médiatique.

  • C’est sans doute la métaphore la plus utilisée en relations internationales. On la doit à Calouste Gulbenkian. Sur une carte, avec un crayon rouge, le milliardaire arménien traça sans la moindre hésitation la zone exclusive d’exploitation pétrolière dans les pays arabes du défunt Empire ottoman. C’était le 31 juillet 1928. La « red line agreement » entra rapidement dans la diplomatie mondiale.

  • Le 11 mars dernier, la CARICOM (15 pays des Caraïbes) avait donné 24 heures à un Conseil présidentiel transitoire créé par leurs soins pour choisir un Premier ministre intérimaire. Avec l’approbation du « Core Group », c’est-à-dire des États-Unis, du Canada, de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et du Brésil. Un mois plus tard, les élites se sont entendues sur le choix de sept des leurs… qui auront tous les pouvoirs… qui choisiront un nouveau premier ministre… qui, lui,  organisera des élections dans les deux ans (il n’y en a pas eu depuis 2016)… qui sécurisera le pays… qui rédigera un plan de relance économique et humanitaire… qui… qui… Mais en attendant, Haïti est toujours sans gouvernement réel alors que les gangsters font la loi.

  • Lorsque l’on pénètre dans la cathédrale de Noto, petite ville historique de Sicile on est frappé par la croix qui accueille les visiteurs. Une croix faite de pièces bois polychrome rongées et délavées. Ce sont les morceaux d’épaves de barques de migrants qui ont tenté la traversée de la Méditerranée. Elles ont été  trouvées sur les côtes de cette ile Italienne.

    Plus au sud dans l’ile de Lampedusa ce sont les croix du cimetière des migrants victimes de naufrages, qui sont faites avec le bois des épaves de leurs embarcations. Entre juin et septembre dernier plus de 2500 hommes femmes et enfants ont péri lors de ces traversées.