• « Socialistes ! », pire, « communistes ! ». Que faire quand les démocrates ont le vent en poupe pour les  « mid-terms » du mardi 3 novembre ? Donald Trump mise à fond sur la « peur rouge » pour endiguer la défaite annoncée de son parti. « Ils veulent détruire complètement le mode de vie américain traditionnel. » Le même vent de panique souffle dans l’establishment démocrate. Il craint que les prises de position de l’aile dite progressiste du parti, trop éloignée du centre, finissent par lui coûter cher électoralement.

  • La construction du One World Trade center qui a remplacé les tours jumelles a pris 14 ans. L’attentat qui les a détruites a provoqué la mort de 2606 de leurs occupants, et de 245 passagers des avions suicides. La guerre en Afghanistan déclenchée en représailles a tué selon différentes estimations 160 000 Afghans civils, soldats et talibans. Elle a également fait plus de 3500 morts dans les troupes de l’OTAN dont 2448 Américains.

  • Jusqu’à présent, l’Espagne faisait exception en Occident : un gouvernement socialiste qui résiste à Donald Trump, qui refuse de laisser passer ses avions vers la guerre d’Iran, qui reconnaît la Palestine et qualifie Benjamin Netanyahu de génocidaire, qui régularise ses immigrants clandestins, multiplie les politiques sociales, etc. Pourtant, ses jours sont comptés ; d’ici un an ou moins, les grands médias vont découvrir une Espagne dirigée par des conservateurs en coalition avec une extrême droite postfranquiste et xénophobe. Comment en est-on arrivé là ?

  • Le 15 juillet 2026, la nouvelle voulant que Madrid, Londres et l’Union européenne se soient entendus pour supprimer la frontière physique qui sépare l’Espagne de l’enclave de Gibraltar, est passée plus ou moins inaperçue, même si cette démarcation existe depuis 1704 et que son effacement agrandit dans les faits « l’espace Schengen ». Pourquoi ce désintérêt ? Sans aucun doute parce qu’un autre détroit a pris toute la place dans l’actualité : c’est celui d’Ormuz par où passaient plus du cinquième du gaz et du pétrole transportés dans le monde avant que les États-Unis et l’État d’Israël ne lancent une guerre de forte intensité contre la République islamique d’Iran.

  • Trente-trois ans après la signature de l'accord d'Oslo à Washington scellant officiellement la reconnaissance mutuelle d'Israël et de l'OLP, l'Organisation de libération de la Palestine, deux des conseillers faisant partie des équipes de négociation de Bill Clinton et de Yasser Arafat se sont réunis à nouveau au cours des derniers mois, pour revenir sur cette entente et sur ce qui a suivi, les multiples pourparlers visant à élaborer et concrétiser la solution des deux États. Cela a mené à la parution du livre Tomorrow is Yesterday en 2025 et ce mois-ci, en septembre 2026 , ils publient la version française de leur ouvrage Demain, c'est hier. Vie, Mort et Quête de la paix en Israël et en Palestine. Ci-dessous l’entretien de Dorothée Giroux avec Robert Malley, co-auteur, président émérite et ex-directeur de la section Moyen-Orient à l'International Crisis Group. Il a aussi été conseiller en affaires internationales pour les présidents Bill Clinton et Barack Obama. Voici une partie de cet entretien.

  • Le premier ministre Mark Carney avait répété préférer ne pas avoir d’accord que d’en conclure un mauvais. Il aura tenu parole, quitte à subir les foudres de l’intimidateur en chef Donald Trump, trop confiant de voir le Canada à ses pieds, comme tant d’autres pays. « Ce n’est pas notre choix, mais quand on est attaqué, on est en guerre », a expliqué  M. Carney en fin de conférence de presse. C’était au lendemain de l’abandon des négociations avec les États-Unis, amorcées dans l’espoir de mettre fin à des tarifs américains sur l’acier, l’aluminium, le bois et les véhicules et d’éviter une nouvelle pluie de droits de douane. L’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM) prévoit pourtant la circulation de toutes ces marchandises en franchise de douane.

  • « Je suis un sioniste ! » Aucun président américain n’était allé aussi loin dans leur cri de cœur pour Israël. Joe Biden, le 21 octobre 2023, n’avait pu s’empêcher de lancer ces quatre petits mots lourds de sens pour rappeler les relations « spéciales » entre son pays et l’État hébreu. Il est vrai qu’il était venu en personne à Tel Aviv pour soutenir Israël 14 jours après l’attaque terroriste du Hamas qui fit plus de 1200 morts. Il est vrai qu’il a toujours répété ceci : « Si Israël n’existait pas il faudrait l’inventer. » Il est aussi vrai que Washington avait reconnu le nouvel État 11 minutes après sa création le 14 mai 1948.

  • De par son incommensurable ampleur à court comme à long terme, le sujet du jour commande toutes les déclinaisons induites par le mystère, l’étrange et, tant qu’à y être, le paranormal. Car le 22 juillet les États-Unis d’Amérique et l’Arabie saoudite, royaume sacré pour tous les sunnites du globe, ont signé en catimini un accord nucléaire. Oui, vous avez bien lu : un accord nucléaire. La première étrangeté de cette histoire loge sur le flanc médiatique. Vu la profondeur du sujet, vu surtout sa gravité et les angoisses comme les colères qu’elle a forcément éveillées ici et là, soit pour être précis au Moyen-Orient comme en Asie centrale, on se serait attendu à ce que les journaux, radios et autres s’emploient à décortiquer un dossier qui imprègne au présent une influence qui va imprimer sur le temps long de l’Histoire des bouleversements vraisemblablement mortifères.

  • On assiste depuis une décennie à une militarisation accélérée du monde. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a certainement contribué à cette marche forcée vers plus d’armements, même si le signal de départ avait déjà été donné par l’annexion de la Crimée en 2014. Les menaces de Donald Trump envers ses propres alliés de l’OTAN forcent ceux-ci à investir massivement en défense. Au Moyen-Orient, Israël, après avoir détruit Gaza, a réussi à entraîner les États-Unis dans une guerre contre l’Iran dont beaucoup d’Américains se demandent encore en quoi elle sert leurs intérêts. À l’autre bout de la planète, la République populaire de Chine a entrepris une modernisation rapide de son armée. Ses dépenses militaires sont les deuxièmes en importance après celles des États-Unis. Son objectif : Taïwan. Au total sur la planète on a dépensé l’année dernière en armements 2 887 milliards de dollars US selon le rapport de l’Institut international de recherches sur la paix de Stockholm (SIPRI).

  • Maximilien Lamy est éditeur photo à l’Agence France-Presse. Ce jour-là, en vacances avec sa famille en Gironde, il cherche un endroit pour les restaurer. En marchant sur la plage, il tombe sur cette scène d'un couple assis sous un parasol en train de contempler les feux qui consument une partie de la région en arrière-plan. Il capte l'image sur son téléphone portable. Il ne réalise pas encore que ce cliché va faire le tour du monde en 24 heures. Il a saisi ... la fin du monde.