Juillet 2025

Juillet 20252025-08-11T01:48:37+00:00

Carney devant un canyon budgétaire

Repli stratégique pour les uns, capitulation pour les autres, la décision surprise du gouvernement de Mark Carney d’annuler par un beau dimanche soir sa taxe de 3 % sur les services numériques n’est pas sans conséquences. En pliant devant Washington, elle permet la reprise immédiate des négociations en vue de conclure un accord économique global qui mettrait fin aux tarifs douaniers sur l’acier, l’aluminium et les produits de l’industrie automobile, dans le meilleur des cas.

Climat : sauve qui peut !

La conjonction est ahurissante ! Au moment où Donald Trump prend comme prétexte la fête nationale américaine pour célébrer l’adoption de son One Big Beautiful Bill, la nature texane s'apprête précisément à lui rappeler que ses politiques libertaires tuent. Dans la nuit, 250 millimètres de pluie emportent plus de 200 personnes vers la mort, dont des dizaines d’enfants d’un camp de vacances. Le déluge du Saguenay, mais pas en deux jours ce coup-ci, en deux heures.

600 à 800 degrés : c’est, il faudrait vérifier,  la température d’une flamme d’allumette. Vrai, faux ? Maigre consolation pour les habitants de la Vieille Europe transformée en un immense sauna fin juin, début juillet avec des températures frisant les 40 degrés. Combien  y a-t-il eu de morts ? Une estimation du bilan des décès en lien avec la chaleur prendra des mois. Les canicules de 2003 et 2022 avaient provoqué respectivement 70 000 et 61 000 décès prématurés en Europe. Les combustibles fossiles, à savoir le charbon, le pétrole et le gaz, sont de loin les plus grands contributeurs au changement climatique mondial, rappellent constamment les Nations unies. Ils sont responsables de plus de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre et de près de 90 % de toutes les émissions de dioxyde de carbone. Que le monde se réchauffe à une vitesse jamais observée dans l’histoire documentée est une évidence …

Brouillard persan

« Le brouillard de la guerre ». Cette expression s’applique bien à la situation iranienne ou, si vous préférez, cette dernière confirme la maxime qui veut que la vérité soit toujours la première victime d’un conflit. La seule chose qui paraît vraiment claire dans cette histoire, c’est que les armes se sont tues le 24 juin mettant fin, au moins provisoirement, à la « Guerre de douze jours ». Pour le reste (qui a commencé ? Pourquoi ? Qui a gagné ?), tout et son contraire ont été dits. Rappelons quand même quelques faits vérifiés, en commençant par le début.

Guerres, « pulsions de la mort »

Dans sa longue réponse à Albert Einstein sur l’explication de la guerre, Sigmund Freud évoque la « pulsion de la mort » de l’être humain, ses instincts agressifs et autodestructeurs, « ainsi en est-il dans tout le règne animal, dont l’homme ne saurait s’exclure ». Leur échange épistolaire date de 1932, un peu moins d’un siècle plus tard, l’appétit des hommes pour la violence guerrière est loin de se tarir. En fait, « la violence dans le monde n’a jamais été aussi élevée depuis la fin de la Guerre froide », relève l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (PRIO) qui a enregistré 61 conflits dans 36 pays l’an dernier.

Mr. T.

Ça fera bientôt six mois que le 45e POTUS est devenu le 47e. Il est difficile d’imaginer ce que Donald Trump dira alors de sa gouvernance. Un mois après son retour aux commandes, il avait déclaré avoir fait plus pendant ces trente jours que tous ses prédécesseurs en huit ans. Les moyens limités d’En-Retrait ne permettent pas de vérifier cette assertion.

Le génocide canadien

Certains habitués des réseaux sociaux pestent régulièrement contre les excuses présentées aux autochtones au nom de nos ancêtres par des politiciens, des élus municipaux ou des institutions publiques. Comme cette phrase en exergue d’un site fédéral : « Le Conseil des arts du Canada reconnaît que ses bureaux, à Ottawa, sont situés sur le territoire non cédé de la Nation algonquine anishinaabe, présente en ces lieux depuis des temps immémoriaux. » Il y a trois ans, le correspondant Christian Rioux dénonçait dans Le Devoir une manie de la repentance à propos du « pèlerinage pénitentiel » au Canada de feu le pape François, « un an à peine après la “découverte” par géoradar d’un présumé cimetière secret près de l’ancien pensionnat des Oblats de la réserve de Kamloops, en Colombie-Britannique ».

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Tricher dans la ville du péché, quoi de plus naturel !

De tout temps, le dopage a été omniprésent dans le monde du sport. Dans l’Antiquité on vantait les mérites de la viande crue, puis la pharmacopée a pris ses quartiers dans les organismes de certains des plus grands athlètes de l’histoire. Puis, pour se donner une certaine vertu et devenir les protecteurs du sport moderne on a créé une Agence mondiale antidopage (AMA) qui devait être le gendarme de la planète sportive. Force est de constater, que les billets d’infraction ne sont pas vraiment proportionnels au nombre des délits.

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La photographie du mois (Juillet 2025)

25 septembre 2012. La Jordanie a accueilli plus d’un million de Syriens pendant la guerre civile. La famille Hachiblak (nom d'emprunt) avait trouvé refuge à Mafraq, dans le nord du royaume hachémite. Après quelques semaines passées dans le camp de Zaatari, la mère, veuve, a profité d'un trou dans la clôture pour fuir vers la ville avec ses huit enfants, refusant d'être retenue au camp. Pour subvenir aux besoins de la famille, deux des garçons ont dû travailler au marché noir, notamment comme cueilleurs de légumes dans les fermes. Souvent cantonnés à des emplois précaires, les réfugiés syriens en Jordanie demeurent un des groupes les plus marginalisés  : près de la moitié d’entre eux vivent en dessous du seuil de pauvreté absolue et 77 % de ceux vivant dans les communautés d’accueil (hors des camps) sont en situation d’insécurité alimentaire, selon le Haut-commissariat aux réfugiés. Plus de 100 000 Syriens sont retournés chez eux depuis la fin du régime de Bachar al-Assad, le 8 décembre 2024.

Où est le jazz ? Ici et là !

Dans les jours antérieurs au coup d’envoi du Festival international de jazz de Montréal (FIJM) comme durant son déroulement, certains médias et diverses voix se sont demandés où était passé le jazz ? La réponse est toute simple : il est toujours là, mais pas là où certains ont la prétention de le proposer, voire, puisque l’impolitesse les singularise, de le défendre. En clair, à la lecture du programme du récent FIJM un constat s’impose :  la place accordée à l’art développé par Duke Ellington et consort est celle dite de la portion congrue. Bref, trois fois rien, comme l’a chuchoté notre grand ami Jacques II de Chabannes de La Palice.

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Propos sur la condition inhumaine

Sans pareil ! Ce sont les mots qui surgissent quand s’achève la lecture de Auschwitz : une monographie de l’humain. Sans pareil ! Parce qu’ici le lecteur est mis en présence de moments de vie de tous les jours dans l’enfer de ce camp – devenu célèbre pour de si mauvaises raisons. Des instantanés de survie que Piotr M. A. Cywinski, historien et directeur du musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, a su patiemment rassembler pour que passé l’horreur se profile une humanité que jamais la bestialité n’a étouffée.

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Le droit de tout faire

La tendance est de plus en plus marquée : l’état de droit semble d’abord se décliner selon les humeurs de ceux qui détiennent le «gros bout du bâton» et qui se permettent de faire ce qu’ils veulent. Littéralement. On en a presque pris l’habitude depuis qu’un certain politicien s’amuse à ridiculiser les institutions qui l’ont porté au pouvoir, mais on s’y fait quand même difficilement. Surtout quand l’arbitraire est synonyme de soumission, d’obéissance aveugle, d’arrestations illégales sinon d’enlèvements et même de déportation aux antipodes ou ailleurs. C’est un peu ce qui se passe ici, dans cet étonnant premier roman qui se déroule à Windsor près de la frontière américaine, alors que cette tendance prend la forme d’une intervention clandestine arborant des airs de vérité particulièrement troublants …

« Mon gâteau préféré » : un fabuleux rebondissement !

C’est en lisant Plot Twist l’édition hebdomadaire en ligne de The Economist consacrée à la culture que j’ai appris l’existence de Mon gâteau préféré, l’extraordinaire film iranien qui vient de prendre l’affiche à Montréal. Et il y a tout un « plot twist »  — un rebondissement — fabuleusement ingénieux, inventif dans ce film.  C’est ce qui m’a enthousiasmé et qui m’a poussé à le raconter à mes amis en soulignant avec force ce rebondissement qui est hallucinant d’imagination et de vérité et qui révèle le grand talent de conteurs des deux scénaristes/réalisateurs : Maryam Mokadam et Behtash  Sanaeeha.

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