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Christian Tiffet
Jean Dussault
Ça fera bientôt six mois que le 45e POTUS est devenu le 47e.
Il est difficile d’imaginer ce que Donald Trump dira alors de sa gouvernance.
Un mois après son retour aux commandes, il avait déclaré avoir fait plus pendant ces trente jours que tous ses prédécesseurs en huit ans.
Les moyens limités d’En-Retrait ne permettent pas de vérifier cette assertion.
Le retard
Beaucoup de jalons plantés en janvier n’ont pas été rejoints.
Par exemple, The Prez est en retard de plus de cinq mois sur son engagement à régler le conflit Russe-Ukraine dès son accession au pouvoir.
Encore plus sur sa promesse d’amener la paix au Moyen-Orient avant même d’être assermenté.
L’argent
Ça fait partie du folklore politique américain, l’enjeu des élections est « the economy, stupid ».
Soixante-dix millions d’électeurs ont cru que le sujet intéressait le candidat du Trump Party, et que le milliardaire était peiné par les difficiles conditions économiques des masses populaires.
« Tough luck », dirait le croupier du casino national. «The Big Beautiful Bill» fera baisser les revenus des plus pauvres et augmenter ceux des plus riches (1).
La grâce
Le jour de sa deuxième investiture, le Président de « la loi et l’ordre » a gracié plus de 1500 personnes condamnées pour l’assaut contre le Capitole de janvier 2021.
L’homme voué à combattre l’importation de fentanyl du Canada et du Mexique a aussi fait libérer un baron de la drogue.
Et un fraudeur dont la généreuse maman a versé un million de dollars pour un dîner dans la modeste masure floridienne de Donald Trump.
Les étrangers
Des sbires de l’État ont menotté, arrêté, emprisonné et expulsé des gens vers, souvent, un pays qui n’a jamais été le leur.
Des hommes armés et parfois masqués ont saisi à bras le corps des femmes et des hommes dans ce qui s’appelle encore des centres d’accueil des immigrants.
Preuve de magnanimité, Trump a par ailleurs accueilli des « réfugiés politiques » d’Afrique du Sud.
Les spectacles
Trump et ses suppôts ont pris un plaisir évident à humilier le président ukrainien en visite à Washington en mars.
La coterie présidentielle s’est à nouveau payé la traite en mai quand le président sud-africain s’est à son tour assis sur la chaise électrique.
Pour prouver que le gouvernement Ramaphosa mène une entreprise de génocide, l’homme le plus puissant de la planète a montré des images de cadavres de blancs dans des fosses … au Congo.
En mai comme en mars, les thuriféraires ont applaudi.
L’hypothèse est que la présence de caméras les a empêchés de faire ce que Trump dit régulièrement exiger de quiconque lui téléphone ou vient dans son bureau : « Kiss my ass ».
Mes bras, mes chars
Trump dit avoir eu l’idée d’une parade militaire en voyant les forces françaises défiler un 14 juillet.
Trop pressé pour attendre la fête nationale de son pays, le 4 juillet, il a devancé la démonstration de sa force au 14 juin.
Porte-parole et porte-balais ont juré sur leur salaire que ce n’était qu’un hasard si c’est aussi le jour de l’anniversaire du patron.
Grand déploiement donc pour le 250e anniversaire de l’armée.
En juin 1975, le 200e avait été mentionné en page 28 du New York Times.(2)
Des mots dits
À la réunion du G7 qu’il a quittée précipitamment pour aller régler la guerre entre l’Iran et Israël, Trump a exprimé son regret que la Russie ne participe pas à l’événement, accusant l’ancien Premier ministre Trudeau d’avoir exclu la Russie du groupe en 2014. Stephen Harper était PM du Canada à ce moment-là.
Trump a aussi déclaré que la Russie n’aurait pas envahi l’Ukraine en 2022 si elle avait alors fait partie du G7.
Elle l’avait envahie en 2014 tout en étant membre du G8.
Mes bras, mes bombes
Le grand leader américain a affirmé que les attaques contre des sites nucléaires iraniens avaient été un succès absolu, total et entier.
Le leader suprême iranien a parlé de victoire pour son pays.
Sur ce sujet comme sur d’autres, la crédibilité de l’un et l’autre vacille.
Les mâts
Les mâts qui portaient les drapeaux américains à côté de la Maison-Blanche étaient trop petits au goût de celui qui les regarde le plus souvent.
À ses propres frais, selon sa version, Trump les a fait changer pour « les plus beaux mâts du monde ».
L’équivalent de huit étages.
Des travailleurs embauchés pour produire la cérémonieuse érection ont dûment applaudi son créateur.
Le canular
Par décret trumpien, les forts de l’armée américaine ont retrouvé leur ancien nom après que le Congrès eût voté en 2023 pour effacer des sites historiques les noms des généraux des forces confédérées.
L’exercice est relaté par The Atlantic (3), et détaillé sur le site de la US Army.
Le re-nommé Fort Bragg ne l’est pas en l’honneur du général sudiste Braxton Bragg, mais d’un héros de la Deuxième guerre, le soldat Roland L. Bragg.
Le re-nommé Fort Lee ne l’est pas pour vénérer le célèbre Robert E. Lee, chef militaire des forces du Sud, mais pour saluer Fitz Lee, un héros de la guerre hispano-américaine.
Il en va ainsi des neuf forts dé-confédérisés en 2023 et patriotiquement re-baptisés par le Commandant-en-Chef en 2025.
Ego sum qui sum
Sous cette administration, pour autant qu’il y en ait une, tout est de la plus grande importance parce que tout ce qui en découle émane de celui qui décide de tout.
Comme re-nommer le Golfe du Mexique le « Gulf of America ».
Comme s’auto-proclamer président du conseil du Rockefeller Center, le prestigieux centre culturel de Washington qu’il n’a jamais fréquenté « parce que c’est un repère de wokes ».
Comme « ordonner » à un tribunal israélien d’annuler le procès de Netanyahou.
Comme envoyer l’armée à Los Angeles « qui risque de brûler au sol» .
Comme menacer de faire arrêter Gary Newsom, le gouverneur de la Californie, et le surnommer Gary Newscum, littéralement « la nouvelle ordure ».
Le Président des USA crie des noms. Il écrit des surnoms sur « Truth Social ».
L’autre 250e
Le 4 juillet 2026, les États-Unis d’Amérique fêteront leur 250e anniversaire. Donald Trump présidera aux festivités et célébrations.
Les moyens limités d’En-Retrait ne permettent pas de confirmer si Trump changera sa date de naissance du 14 juin au 4 juillet.
Ou s’il devancera la fête nationale.
(1) LaPresse+. 26 juin 2025
(2) New York Times. 14 juin 1975
(3) The Atlantic Daily. 12 juin 2025


