• Depuis quelques années déjà, février est devenu, de ce côté-ci de l’Atlantique du moins, le Mois de l’histoire des Noirs. C’est l’occasion de rappeler les nombreuses actions des membres de la communauté afrodescendante qui ont contribué à façonner pour le mieux le monde dans lequel nous vivons. Mais l’histoire que nous raconte Châtiment n’a rien de glorieux, bien au contraire. Le livre de Percival Everett fait plutôt écho aux vies détruites de ces milliers de personnes qu’on a lynchées — un peu partout à travers les États-Unis mais surtout dans le «Deep South» — à cause de la couleur de leur peau. C’est un roman improbable parce qu’il est à la fois terrifiant et délirant d’humour … noir. Attachez vos ceintures.

  • D’ici, la Finlande nous apparaît bien lointaine et la petite ville de Pori, où Tuominen situe ses histoires, encore plus minuscule même si elle compte aujourd’hui plus de 75 000 habitants. C’est pourtant une sorte de microcosme illustrant parfaitement la complexité du monde dans lequel nous vivons. Où que l’on soit sur cette terre, les problèmes sont les mêmes … à quelques variantes près, bien sûr. Les conflits sociaux, le manque de respect, la violence, les inégalités, la pauvreté et le racisme font partout la Une des quotidiens. En ligne ou non. C’est de cela qu’il est question ici : de l’état du monde.

  • Bloc de lave perché au beau milieu de l’Atlantique nord, l’Islande est un pays fascinant à plusieurs égards. Émaillant ce territoire d’une rudesse et d’une beauté à couper le souffle, c’est là qu’on trouve sur la planète le plus grand nombre d’écrivains par habitants tout comme le plus grand nombre de volcans actifs. Comme nous le racontent les romans d’Arnaldur Indridason depuis la fin du siècle dernier, l’Islande moderne est littéralement née avec la Seconde Guerre mondiale et ce simple constat en fait une sorte d’immense laboratoire social à ciel ouvert. La poupée, le plus récent «thriller» d’Yrsa Sigurdardottir en est une autre probante illustration.

  • L’« affaire Millenium » a fait un sacré tabac. Un titre, Millenium, six livres — en fait, deux séries de trois romans écrits par deux auteurs différents — et 50 millions d’exemplaires vendus un peu partout déjà en 2015, plus du double aujourd’hui. Ajoutez des films, des séries télé et radio, des livres audio, des bandes dessinées … et des protestations outrées à la grandeur de la planète pour des raisons qu’on vous rappellera plus loin. Et ce n’est surtout pas terminé puisque l’éditeur suédois vient de trouver un nouvel auteur pour poursuivre la série. On n’arrête pas le profit …

  • L’addition ne cesse de s’alourdir et de plus en plus tout semble se dérégler en même temps. Les bouleversements climatiques, les inégalités qui déchirent le monde, l’influence de plus en plus grandissante du populisme, les injustices, les conflits armés sanguinaires qui explosent dans tous les coins de la planète et les radicalismes qui s’affirment partout dans la violence. Dur. À en perdre presque le dur désir de durer… Bien sûr, dans des moments pareils il faut respirer par le nez. Prendre du recul. Tenter du moins de comprendre comment on a pu en arriver là. Ce qui est justement la question sous-jacente posée tout au long du lourd pavé mêlant habilement fiction et réalité que nous vous proposons ce mois-ci: Brazilian Psycho.

  • Le succès de Oppeinheimer, le tout dernier film de Christopher Nolan, fait ressurgir la question pas du tout délicate de l’arme nucléaire … et des armes tout court. C’est une question lourde et particulièrement chargée. Pourtant le fait de brandir la menace absolue n’a pas empêché la prolifération des armes, bien au contraire. Maintenant qu’une possible destruction totale est bien là, partout présente … le commerce des armes ne s’est jamais aussi bien porté ! Puisqu’on ne peut pas vraiment se permettre de faire sauter la planète entière, il ne reste plus qu’à y aller à petites doses. Et tant qu’à y être, à moyennes doses. Plus directes, plus létales, mais moins … Quelqu’un croit-il encore que l’on puisse un jour mettre fin à la course aux armements ?

  • Soyons audacieux ! Ce mois-ci, on vous propose un double défi, rien de moins. D’abord une réflexion carrément dérangeante sur un sujet presque tabou, les enfants assassins et, en parallèle, une quête «inhabituelle»: trouver le livre (Un effluve anonyme de Lucie Lavoie) qui raconte cette histoire et qui est publié hors circuit, en «service de publication accompagnée», ou comme on disait avant la révolution numérique, «à compte d’auteur». Précisons tout de suite que le jeu en vaut la chandelle …

  • L’étanchéité de la frontière entre le système de santé, les compagnies pharmaceutiques et le pouvoir politique est d’une importance cruciale. Surtout dans les pays où le réseau de la santé est public, c’est à dire administré, géré et financé dans toutes ses phases par un gouvernement élu. Et ce rempart est encore plus important quand se profile un évènement risquant d’avoir des impacts directs sur la vie d’un peu tout le monde. Comme une pandémie, par exemple …

  • Même si l’actualité en fait tous les jours la démonstration la plus probante, on ne saisit jamais l’ampleur de la bêtise humaine que lorsqu’elle frappe aveuglément. Par décret, souvent, sur tout et sur rien. Ou encore par décision d’un tribunal, parfois même «suprême»… Car l’ineptie des hommes, surtout quand elle s’enrobe d’une aura de légitimité, réussit à atteindre des profondeurs abyssales, même, soviétiques… En voici un exemple douloureux.

  • Le journalisme d’enquête est devenu une denrée essentielle depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. On lui doit tout autant Watergate et le départ de Nixon que les signaux d’alarmes de Wikileaks, les «Panama Papers» et autres découvertes du Consortium international des journalistes d’investigation. Sans parler des énormes scandales mis à jour un peu partout sur la planète par des journalistes risquant leur vie. Mais tout cela ne va pas de soi, on le sait; il faut sans cesse fouiller derrière les «évidences». Comme ici alors qu’un correspondant de guerre affronte une grande famille d’industriels près du pouvoir politique …