• Edward Kennedy Ellington dit Duke Ellington avait coutume de dire qu’Oscar Peterson était le ‘maharaja du piano’. Quant il ne soulignait pas cela, il conseillait de ne jamais s’asseoir au piano après Peterson car si tel était le cas la comparaison avec ce dernier se traduirait par la mise en miettes du quidam ayant osé défier « ze master ».

  • Le nouvel album du trompettiste Eddie Henderson s’intitule Témoin de l’histoire. Il l’a bien nommé, son album publié par l’étiquette Smoke Sessions qui ose encore produire du jazz et non du « jazz-machin-chose-hip-hop-école russe du piano-rap-fusion ».

    Il est si ben nommé qu’il pourrait être imprimé sur la pochette du dernier disque du contrebassiste Buster Williams. On devrait ajouter immense contrebassiste, car sur cet instrument avec ses camarades Ron Carter, Cecil McBee et Christian McBride mister Williams est dominant.

  • Une fois par mois, parfois moins, le New York Times propose une rubrique intitulée ‘5 minutes pour apprécier un musicien de jazz’ ou un courant de cette musique. Ainsi, au cours de la dernière année, ce temps a été accordé au Miles Davis électrique, au jazz d’avant-garde, à Wayne Shorter ou encore au jazz de l’antiquité, soit évidemment celui de La Nouvelle-Orléans.

  • Aujourd’hui c’est «craignos», comme ils disent ces temps-ci dans la fournaise marseillaise. CQFD: nous voici donc confrontés, c’est sérieux, au devoir de précaution. En d’autres mots, les plus clairs d’entre eux, nous sommes dans l’obligation de camper le rôle du garde-chiourme des consommateurs avertis. Car il y a bel et bien anguille sous roche. Financière l’anguille, c’est à retenir.

  • Lorsque le destin du bipède qui n’est pas né avec une cuillère d’argent entre les dents est heurté par le feuilleton des adversités, et qu’il faut dépeindre le destin en question, on a souvent recours à l’expression: c’est à pas de chance! Dans l’histoire du « plus meilleur jazz du monde », le trompettiste Howard McGhee résume cet état de la carrière meurtrie plus qu’aucun autre artisan des trois pistons.

  • Le trompettiste Chet Baker est mort le 13 mai 1988 à Amsterdam. Il avait 58 ans. Au petit matin, un passant avait aperçu son corps au pied d’un hôtel de la ville où il se produisait souvent. Cette mise entre parenthèses définitive ainsi que son lieu ne résume pas, mais symbolise l’aventure musicale de celui qu’on surnomma des années auparavant le James Dean du jazz. Ce qu’il détesta profondément.

  • De Rémi Bolduc, saxophoniste alto, on a toujours apprécié son souci appuyé pour la constance. « De-que-cé de la constance de quoi, par rapport à quoi ? », se demandera le vieux La Palice, trouble-fête en chef . Chez lui ou en lui, c’est au choix, la constance s’est toujours conjuguée avec l’exigence. Par rapport à lui, à son art, et bien évidemment par rapport à ses accompagnateurs.

  • Ah, la distribution! Quel capharnaüm! Prenez le disque dit le CD dit le ‘record’. Un jour, on le voit, il est là, mis en vente. Le lendemain et les mois qui suivent, il a disparu. Mais bon, comme le hasard fait bien les choses, enseigne la sagesse dite populaire, voilà que parfois il réapparaît au catalogue d’Amazon, Delmark, Discogs et autres agents de la circulation musicale.

  • Oh la la, comme le chantaient des rigolos britanniques dans les années 70. Oui « oh-machin-truc» , car nous voilà dans l’obligation d’en rajouter une couche. À quoi ? Au génie. Si l’usage de ce mot ne se conjuguait pas de nos jours avec l’inflation, nous n’aurions pas besoin de greffer au qualificatif en question une précision.

  • On est content. « De-que-cé qu’elle est bonne la niouse ? » Pour Corey Weeds, on est content car une de ses toutes récentes productions a été classée parmi les cinq meilleures de l’année selon les magazines Down Beat et JazzTimes. Il s’agit de Valse sinistre par le batteur Billy Drummond et son groupe Freedom of Ideas publié par Cellar Live, l’étiquette fondée par Weeds.