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Jean Dussault
L’essence à son plus haut au début de septembre à Montréal.
Jean Dussault
Pour freiner sa chute de popularité, le premier ministre Legault envisage de faire un cadeau à une partie de l’électorat : prendre de l’argent de tous les contribuables pour en donner à ceux qui conduisent une auto à essence. (1)
C’est ainsi : le seul outil que possède un gouvernement provincial pour influer sur le prix à la pompe est sa taxe : quand il l’augmente, le prix monte; s’il veut que le prix diminue, il doit la baisser.
Après ses (nos) mésaventures comptables dans Lion Électrique et dans les batteries de Northvolt, le gouvernement qui prétend savoir compter va peut-être gratter les fonds de tiroirs du populisme pour faire croire au bon peuple qu’il s’occupe de lui.
Il s’agit du même gouvernement qui s’entête à enterrer des centaines de millions de dollars sous le fleuve pour y creuser un tunnel. Au début de cette invraisemblable saga, c’était pour faire plaisir aux automobilistes de la région de Québec
Puis, comprenant après tout le monde que tous les nouveaux liens routiers amènent une augmentation de la circulation, les caquistes ont ensuite promis que l’ouvrage, sinon l’oeuvre, servirait au transport en commun.
Cette éclaircie de sensibilité écologique sera maintenant balayée par une tornade d’argent comptant pour les accrocs de leur gros char.
Vire-capot
Si cette stratégie électoraliste ne nuisait qu’à ses auteurs, madame quidam pourrait conclure que c’est tant pis pour eux.
Or, quand un gouvernement agit pour d’abord aider le parti qui le forme, c’est l’ensemble de la population qui écope.
Dans ce cas-ci, à la fois et écologiquement et financièrement.
Par exemple, le ministre des Finances, Éric Girard, a affirmé au printemps qu’une baisse de la taxe sur l’essence serait incohérente avec les objectifs de lutte contre les changements climatiques (2). Il sait aussi certainement que baisser la taxe sur l’essence de 20 cents le litre, comme le réclament d’ailleurs le PQ et le PCQ, coûterait environ deux milliards et demi de dollars par année au trésor public.
Mon char, mon choix
Éric Duhaime, du Parti conservateur du Québec-équipe Éric Duhaime, klaxonne « mon char, mon choix » pour illustrer son opposition à l’électrification des transports, automobile ou autre. Il s’agit d’un emprunt grossier au « mon corps, mon choix » qui défend et promeut le droit des femmes de disposer de leur corps.
À noter, l’illustration du génie libertarien à la sauce québécoise : le subtil jeu de mots associe « son » char à « son » corps. Le char du gars et le corps de la femme.
L’argent, l’argent
Parce qu’il manque de bornes électriques un peu partout, un fait incontestable, le Parti conservateur demande que soit reportée la date où la vente d’autos à essence serait prohibée. Ce prédicateur de la libre entreprise sait pourtant sûrement qu’advenant la multiplication des autos électriques, quelqu’un quelque part et même partout ferait en sorte de profiter, littéralement, de la nouvelle donne.
Comme lorsque les fabricants d’autos y ont installé des ceintures de sécurité quand elles sont devenues obligatoires.
Le Parti des Comptables du Québec (?) a publié à l’été des données pour faire peur aux enfants qui seront un jour conducteurs de gros chars.
Sur sa page Facebook, M. Duhaime a dénoncé la composition du prix d’un litre d’essence à partir du prix à la pompe moyen dans la ville de Québec en juillet 2025. (3)
Ses chiffres sont exacts : presque les deux tiers du montant affiché à la pompe proviennent du prix de l’essence décrété par le producteur/vendeur. Les plus ou moins 35 % restant sont le résultat de l’addition des diverses taxes, dont un cinquième du prix à la pompe provient de la TVQ.
Pour dénoncer le vol/viol de l’honnête automobiliste par l’État, M. Duhaime a illustré le soi-disant scandale en prenant comme base de référence un réservoir d’essence de 64 litres. Ce gros char exige $100 par plein, dont $35 de taxes.
Au lieu de s’offenser du prix de l’essence, le PCQ se scandalise du montant des taxes qu’il entraîne.
Or, le véhicule le plus vendu au Québec depuis plusieurs années, le F-150, a un réservoir trois fois plus grand que celui de la Nissan Versa (135L vs 35L) (4), et il lui faut un immense réservoir puisqu’il consomme trois fois plus.
En clair, et net, M. Duhaime veut d’abord soulager les propriétaires de gros chars.
Vive le Canada !
Le chef du PQ, Paul St-Pierre Plamondon, est lui aussi dans la course aux votes sur quatre roues.
Il faudrait, selon lui, ramener le prix de l’essence au Québec à ce qu’il est entre autre en Ontario. Pendant la campagne électorale estivale dans la circonscription d’Arthabaska, son parti l’a formellement, et en vain, demandé par une résolution solennelle à l’Assemblée nationale. (5)
L’aspirant président d’un éventuel pays a trouvé la chose la moins chère en Ontario qu’au Québec pour réclamer un soulagement des masses populaires affligées par la gourmandise fiscale.
Or, dans le seul secteur de l’énergie, le Québec est en fait un paradis nord-américain. Les tarifs résidentiels d’Hydro-Québec sont près deux fois moins élevés qu’à Toronto.(6)
Pas un péquiste ne réclame que son futur pays ne s’aligne là-dessus aussi sur ses voisins canadiens.
Ooops
Le chef du PQ fait miroiter une économie sur un plein d’essence, comme si cela n’aurait pas d’impact sur les finances publiques, celles qui défraient entre autres les cpe inexistants en Ontario.
Conscient, ouf !, qu’une baisse des revenus entraînerait une réduction des services, ou une augmentation de la dette nationale, le Parti québécois propose de diminuer les dépenses de l’État en coupant dans les subventions au Fonds d’électrification … illustration qu’au PQ aussi, les gros chars sont plus importants que l’environnement.
Toutt est dans toutt
Ainsi le chantait Raoul Duguay.
Ce qui signifie qu’une mesure particulière apparemment titillante ne doit pas faire oublier ses conséquences. Malgré tous les dérapages enrageants dans la gestion des affaires publiques, donc de tout le monde, le principe est toujours le même : comme à l’épicerie, il faut payer plus pour avoir plus.
Et pour payer moins de taxes sur l’essence, il faut en consommer moins.
Puisqu’une réduction de la taxe sur l’essence entraînerait ou une réduction des services publics ou une augmentation d’autres taxes, la promesse de baisser les prix de l’essence est un mirage mensonger.
(1) LaPresse+ 23-08-25
(2) LaPresse+ 21-05-25
(3) https://www.facebook.com/100044413450265/photos/1352060316284404/?_rdr
(4) Données fournies par téléphone à En-Retrait par le CAA
(5) «Que l’Assemblée nationale demande au gouvernement d’utiliser les moyens fiscaux à sa disposition afin de réduire l’écart inéquitable du prix de l’essence avec les provinces frontalières, et ce d’ici le 24 juin 2025.»
(6) https://www.hydroquebec.com/residentiel/espace-clients/tarifs/prix-electricite-ici-ailleurs.html



Tout le monde est dans le trouble!!!!
Rien de neuf à l’horizon!!!