• Après avoir misé et perdu gros dans la filière batteries, le Québec choisit de passer son tour devant la relance du nucléaire dans laquelle le Canada entend tirer son épingle du jeu. Le rapport dévastateur de la vérificatrice générale Christine Roy à l’endroit du tandem formé des comptables François Legault et Pierre Fitzgibbon a déjà été largement commenté. Qu’il suffise d’ajouter qu’on compte moins prudemment avec l’argent des autres qu’avec le sien.

  • Le Parti québécois a voulu poser la première brique d’une éventuelle nation indépendante. Une brique de plus de cinq cents pages. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec les propositions péquistes pour reconnaître l’audace, voire la témérité de publier un tel texte.  Seuls les cyniques nieront une exemplaire transparence à quelques mois de la prochaine élection québécoise. Le déclin de l’utilisation du français au Canada n’est nié que par des menteurs. Or langue et culture sont indissociables de l’identité. Il y a beaucoup de questions sans réponse dans le projet péquiste, mais il n’y a aucun doute que le poids démographique du Québec dans le Canada diminue, entraînant une logique et démocratique réduction de sa place à la Chambre des communes.

  • Le vivre-ensemble est mal en point au Québec. Plusieurs incidents à caractère raciste ou haineux survenus récemment ont semé la consternation et porté un dur coup à la cohésion sociale déjà malmenée depuis un bon nombre d’années. À Shawinigan, une vingtaine de suprémacistes blancs, visages masqués, appartenant à un groupuscule d’extrême droite, déploient une banderole sur laquelle ils affichent leur nostalgie d’un Québec blanc et leur rejet des Québécois  racisés ou d’origine ethnique autre que canadienne-française.

  • Une superpuissance énergétique, soit ! Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? 

    Le Canada dispose de tous les atouts pour atteindre ce statut. Quatrième producteur mondial de pétrole, cinquième de gaz naturel, il est aussi le deuxième producteur d’uranium, tout juste derrière le Kazakhstan. Le Canada exploite de plus des mines de charbon, destiné à la fois à la production d’électricité (la houille blanche) qu’à la production d’acier dont il est une composante essentielle. 

  • Pendant une période, surtout en supplémentaire, le Canadien a transporté les Québécois et uni le Canada. Pour finalement faire patate avant même de se rendre en finale de la Ligue (dite) nationale de hockey. C’est que l’équipe a ému le peuple, cimenté les Québécois, même soulevé des Canadiens. Se sont développées une  unanimité québécoise sur le Canadien et une liesse canadienne pour une équipe québécoise.

  • Depuis bientôt trente ans, l’Association internationale des études québécoises travaille à mieux faire connaitre le Québec un peu partout dans le monde : soutien à des activités de recherche universitaire comme des cours et des colloques, organisation de tournées d’auteurs, de réalisateurs, bourses d’études et de stages … En favorisant la collaboration entre professeurs, chercheurs et étudiants, l’AIEQ a permis au fil des ans de créer un réseau d’environ 1000 spécialistes des études sur le Québec et ce, dans une quarantaine de pays. Fait à souligner, les professeurs et chercheurs qui s’engagent au sein de l’AIEQ le font bénévolement. Aussi, lorsque le ministre des Relations internationales et de la Francophonie, Christopher Skeete, a annoncé qu’il mettait fin sans tarder au financement de l’Association, la nouvelle a-t-elle été accueillie avec consternation. Non seulement parce qu’elle signifie tout bonnement la fin des activités de l’AIEQ mais aussi parce qu’elle soulève des questions cruciales comme l’indépendance des chercheurs face au politique.

  • Le retour des beaux jours vous fait déjà rêver d’un épi de blé d’Inde chaud à croquer à belles dents par un beau et tiède soir d’été ? Rien de plus normal. Ce qui l’est beaucoup moins en revanche, c’est de devoir payer davantage cette année pour s’offrir ce plaisir estival, jusqu’ici à la portée de toutes les bourses ou presque. L’an prochain, le maïs pourrait même devenir un aliment de luxe, si la situation ne change pas bientôt du tout au tout. L’agression israélo-américaine qui paralyse le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a entraîné une poussée des prix du pétrole et du gaz naturel. Pour les agriculteurs, l’essence et surtout le diesel sont des intrants de prime importance, surtout durant la présente saison des semis.

  • Le premier ministre du Canada, Mark Carney, termine la première année de son mandat en position de force. L’ancien banquier, devenu homme politique il y a un an à peine, continue de bénéficier d’un large appui dans l’opinion publique. Il est le politicien le plus populaire au pays y compris au Québec. Certains disent qu’il marche sur les eaux. Les plus enthousiastes parlent de carneymanie. Pas beaucoup de faux pas donc. Le premier ministre a même réussi à consolider ses assises à la Chambre des communes grâce à l’adhésion de cinq transfuges sortis des rangs conservateurs et néo-démocrates. Il ratisse surtout à droite mais aussi à gauche.

  • Normalement, l’équipe qui est certaine de gagner la prochaine partie a hâte de la jouer. Il y a donc quelque chose d’anormal dans l’inquiétude affirmée, voire  l’hystérie affichée, par les fédéralistes à l’idée d’un prochain référendum sur une forme ou une autre de l’indépendance/souveraineté/autonomie du Québec. Ou bien ils font semblant d’avoir peur de perdre une éventuelle bataille qu’ils sont certains de gagner. Ou bien ils n’ont rien de plus à proposer que la frayeur d’une calamité qui ne surviendra pas. Dans un cas comme dans l’autre, ils omettent d’être utiles.

  • La page couverture du site de l’APNQL le clame : il s’agit du « Collectif des Chefs des 43 Premières Nations au Québec-Labrador ». La version anglaise confirme qu’il s’agit de la « Collective Voice of the Chiefs of the 43 First Nations in Quebec-Labrador ». Et tel que précisé dans ledit document officiel : l’Assemblée des Premières Nations au Québec-Labrador « regroupe les Grand.e.s Chef.fe.s et Chef.fe.s des 43 Premières Nations au Québec-Labrador ». Le hic, le gros hic, est qu’il y a 11 Premières Nations dans ce qui est en fait plus une association qu’une assemblée qui représente ce qu’elle appelle le Q-L. Pas quarante-trois.