• «L’enseignement, et surtout l’enseignement supérieur, est le champ de l’activité humaine où se joue le destin d’une nation. » Paul Gérin-Lajoie, allocution prononcée au collège classique de Rouyn, le 17 février 1963. Déjà plus de deux semaines que nous sommes plongés dans le tourbillon de la campagne électorale avec son lot quotidien d’annonces de mesures censées répondre aux problèmes les plus urgents auxquels le Québec est confronté.

  • Entre une diminution des services publics ou un alourdissement du fardeau fiscal, que choisissez-vous? Voilà le dilemme cornélien que refusent de poser clairement les partis politiques qui se disputent nos voix, ces jours-ci. La population du Québec fait pourtant face à cette douloureuse éventualité. Mince consolation, un remède de cheval ne sera pas forcément nécessaire, à condition de ne pas laisser le mal s’aggraver. De quoi le Québec souffre-t-il au juste ? En un mot : d’usures.

  • Encore un peu et les Québécois voteront pour leur gouvernement. Le seul qu’ils peuvent élire, celui du Québec. À l’élection québécoise du 5 octobre, la palette sera très large. Pas autant qu’en France, ouf ! Tellement plus qu’aux États-Unis, re-ouf ! Celles et ceux qui s’abstiendront de voter auront décidé de laisser quelqu’un d’autre parler en leur nom. Et abdiqué leur droit de se plaindre du résultat.

  • Dans sa négociation globale avec Ottawa, un Québec indépendant dirigé par le Parti québécois exigerait « réparation » pour l’octroi du Labrador à Terre-Neuve par le Conseil Privé de Londres en 1927. Ce qui voudrait dire rectification des frontières ou compensation financière. Cette demande du Livre bleu sur l’indépendance du Québec, publié au début de l’été, est toutefois basée sur des considérations historiques bancales.

  • Les Québécois iront aux urnes le 5 octobre. La campagne électorale est sur le point d’être déclenchée et, selon les projections des maisons de sondage, c’est le Parti québécois (PQ) qui devrait former le prochain gouvernement. Cinquante ans après la première victoire de son chef fondateur, René Lévesque, le 15 novembre 1976, le PQ convoquera-t-il les Québécois à un autre rendez-vous avec l’histoire ? Une question toutefois demeure en suspens, et elle est de la plus grande importance, les Québécois éliront-ils un gouvernement majoritaire ou minoritaire? Évidemment, cela ferait toute la différence, en particulier pour le PQ qui pourrait se faire couper l’herbe sous le pied avec son projet de pays et de référendum.

  • Après avoir misé et perdu gros dans la filière batteries, le Québec choisit de passer son tour devant la relance du nucléaire dans laquelle le Canada entend tirer son épingle du jeu. Le rapport dévastateur de la vérificatrice générale Christine Roy à l’endroit du tandem formé des comptables François Legault et Pierre Fitzgibbon a déjà été largement commenté. Qu’il suffise d’ajouter qu’on compte moins prudemment avec l’argent des autres qu’avec le sien.

  • Le Parti québécois a voulu poser la première brique d’une éventuelle nation indépendante. Une brique de plus de cinq cents pages. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec les propositions péquistes pour reconnaître l’audace, voire la témérité de publier un tel texte.  Seuls les cyniques nieront une exemplaire transparence à quelques mois de la prochaine élection québécoise. Le déclin de l’utilisation du français au Canada n’est nié que par des menteurs. Or langue et culture sont indissociables de l’identité. Il y a beaucoup de questions sans réponse dans le projet péquiste, mais il n’y a aucun doute que le poids démographique du Québec dans le Canada diminue, entraînant une logique et démocratique réduction de sa place à la Chambre des communes.

  • Le vivre-ensemble est mal en point au Québec. Plusieurs incidents à caractère raciste ou haineux survenus récemment ont semé la consternation et porté un dur coup à la cohésion sociale déjà malmenée depuis un bon nombre d’années. À Shawinigan, une vingtaine de suprémacistes blancs, visages masqués, appartenant à un groupuscule d’extrême droite, déploient une banderole sur laquelle ils affichent leur nostalgie d’un Québec blanc et leur rejet des Québécois  racisés ou d’origine ethnique autre que canadienne-française.

  • Une superpuissance énergétique, soit ! Mais sommes-nous prêts à en payer le prix ? 

    Le Canada dispose de tous les atouts pour atteindre ce statut. Quatrième producteur mondial de pétrole, cinquième de gaz naturel, il est aussi le deuxième producteur d’uranium, tout juste derrière le Kazakhstan. Le Canada exploite de plus des mines de charbon, destiné à la fois à la production d’électricité (la houille blanche) qu’à la production d’acier dont il est une composante essentielle. 

  • Pendant une période, surtout en supplémentaire, le Canadien a transporté les Québécois et uni le Canada. Pour finalement faire patate avant même de se rendre en finale de la Ligue (dite) nationale de hockey. C’est que l’équipe a ému le peuple, cimenté les Québécois, même soulevé des Canadiens. Se sont développées une  unanimité québécoise sur le Canadien et une liesse canadienne pour une équipe québécoise.