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Serge Truffaut
Il y a plusieurs années de cela, le grand historien Michel Winock avait souligné que rien n’est plus dangereux que « le recours à l’Histoire comme procureur général du temps présent ». Car ce faisant, ceux qui se font les avocats de cette escroquerie intellectuelle se métamorphosent, que ce soit conscient ou pas, en acteurs du conflit permanent.
De cela, la lutte qui a cours entre Israéliens et Palestiniens depuis 1948 en est l’illustration la plus sinistre et la plus triste qui soit. À preuve, depuis les attentats conçus et effectués par le Hamas le 7 octobre 2023, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou ainsi que les colons qui se sont installés l’arme au poing en Cisjordanie brandissent avec constance l’Histoire pour justifier l’annexion pure et simple de Gaza et de la Cisjordanie, soit les territoires occupés depuis 1967, soit près de 60 ans.
Pour se disculper des agressions qu’ils mènent quotidiennement contre les Palestiniens de Cisjordanie, ces colons, ces fous de Dieu comme l’étaient et le restent Oussama Ben Laden et les tenants du djihad islamique car comme ces derniers les premiers font une lecture littérale des livres dits sacrés — la Torah pour les uns, le Coran pour les autres —, ces colons donc martèlent que ces territoires leur appartiennent car ils sont en fait une promesse biblique.
Ainsi donc, le gouvernement israélien et les orthodoxes s’appuient sur cette confection de légendes qu’est la Bible pour absoudre de fait leur inclination impériale. Au slogan « Israël à la mer » cher aux 22 membres de la Ligue arabe pendant des décennies, Nétanyahou entend y faire écho par « Les Palestiniens à la mer », comme s’ils n’avaient jamais existé. Alors que l’Histoire nous enseigne justement tout autre chose.
Antiquité gréco-romaine
Premier historien de l’Histoire, Hérodote emploie le mot Palestine au cours de la seconde moitié du Ve siècle avant J.C. pour décrire des faits remontant au VIIe siècle avant notre ère.
- 7e siècle A.C : lorsque les Scythes marchèrent en direction de l’Égypte, vers 620-610, le pharaon Psammétique 1er vint à leur rencontre en «Syrie-Palestine », rappelle encore Hérodote.
- Selon ses observations, « Gaza est une ville presque aussi grande que Sardes », soit la capitale, à l’époque, de l’Empire perse en Asie mineure. Elle est donc la principale cité de la Palestine.
- Au fil des conquêtes des uns et des autres, la toponymie est bouleversée par les vainqueurs. Lorsque les Romains confient un royaume à Hérode en 41 avant J.C il le baptise royaume de Judée avec Jérusalem comme siège administratif. Son territoire est le regroupement de la Galilée, l’Idumée, au nord du Néguev, le Lac de Tibériade et le Golan.
- En l’an 68, la géographie de ce royaume est fixée. Dans son Histoire naturelle volume V, Pline l’Ancien, très attaché à la précision géographique, réintroduit le terme Syrie-Palestine ( Palaestina Syria).
- En l’an 134 : l’empereur Hadrien, dans la foulée de la révolte de Bar Kokhba en 132, ordonne le bannissement du nom « Province romaine de Judée » et son remplacement par la Syrie-Palestine. Il voulait ainsi punir les Judéens pour leur soulèvement contre les Romains.
- VIIe siècle : la conquête islamique n’annule pas la toponymie de cette province, mais réduit l’usage de l’appellation Palestine.
- 1095 à 1291 : à compter de 1099, les croisés vont bouleverser la toponymie des lieux. La Syrie-Palestine est mise entre parenthèses au profit de Terre sainte ou Royaume latin de Jérusalem avec cette dernière comme capitale jusqu’en 1187, chute du Royaume en question.
L’empire ottoman
- En 1299, Osman 1er s’empare de la ville byzantine de Mocadène, aujourd’hui appelée Bilecok. Cette date marque le début de l’Empire ottoman.
- Au fil des siècles, les relations entre Palestiniens de confession juive et Palestiniens de confession islamique s’avèrent plus apaisées qu’entre chrétiens liés au patriarcat orthodoxe de Jérusalem dominé par des moines grecs et les fidèles du bas clergé massivement arabes.
- Les confrontations entre ces derniers vont atteindre leur paroxysme au XIXe siècle et provoquer la Guerre de Crimée (1853-1856) entre puissances européennes.
- En 1872, les autorités ottomanes, excédées par cette guerre intra-européenne découlant de combats ayant les Lieux saints comme première cause, vont établir une nouvelle circonscription administrative : le sandjak de Jérusalem et ce faisant détacher celle-ci du vilayet ou province de Syrie.
- À partir de 1872, les habitants de Jérusalem et des environs immédiats jouissent de la totale autonomie en matière juridique, fiscale et administrative. Jaffa se développe comme capitale économique du sandjak de Jérusalem.
- Peu après, les autorités turques créent l’arrondissement de Beersheba auquel elles ont intégré le Néguev, Cet élargissement du territoire du sandjak de Jérusalem intégrant désormais les villes de Hébron, Jaffa et Haïfa plus les villages présents ici et là établit la population à 356 000 habitants, dont 31 000 chrétiens, selon les chiffres publiés par Istanbul en 1861.
- En 1880 commence l’émigration juive dite moderne. En 1882, sur les 462 000 personnes qui habitent en Palestine, 15 000 sont de confession juive, soit 3 %.
- En 1897, Theodore Herzl, journaliste et écrivain d’origine hongroise, fonde l’Organisation sioniste mondiale au Congrès de Bâle avant de mettre sur pied, en 1899, le Fonds pour l’implantation juive. L’objectif ? Acheter des terres agricoles en Palestine avec l’aval des autorités turques. Note : dans la grande majorité des pays européens la propriété des terres agricoles était interdite aux Juifs depuis des siècles.
- En 1907-1908, on assiste à une accélération de l’émigration juive. Les Russes en sont les principaux acteurs. Leur singularité ? Ils emmènent avec eux les idéaux socialistes.
- Mars 1908 : premiers affrontements entre Arabes et Juifs à Jaffa.
- 1917 : dans la foulée de la conquête de la Palestine, les Britanniques déclarent Jérusalem capitale administrative.
- 2 novembre 1917 : après des négociations menées par le diplomate britannique Mark Sykes et le Français François Georges-Picot, la déclaration Balfour est publiée. Elle stipule « l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif’ ».
- 1919 : le premier Congrès arabe palestinien se tient à Jérusalem. Il est présidé par l’ancien maire de la ville : Aref al-Dajani.
- À la faveur du démantèlement de l’Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale, les Britanniques obtiennent la tutelle de la Palestine. Les districts de Naplouse et de Saint-Jean-d’Acre sont rattachés à Jérusalem.
Le mandat britannique : 1920-1948
- 1er janvier 1918 : Clémenceau rencontre le premier ministre britannique Lloyd George à Londres. Il renonce au maintien de l’influence française, de la république catholique (sic), sur la Palestine en général et les lieux saints en particulier en échange du pétrole et d’une confirmation géographique.
- Avril 1920 : au terme de longues négociations tenues à San Remo entre Britanniques et Français, une immense portion du Proche-Orient est divisée en trois mandats. Deux sont alloués aux Britanniques, soit la Palestine et la Transjordanie d’une part et l’Irak d’autre part, et un à la France, soit la Syrie et le Liban.
- Avril 1920 : la composition de l’actionnariat de la nouvelle Irak Petroleum Company, anciennement Turkish Petroleum Company dont les Britanniques et les Néerlandais étaient les principaux actionnaires, est dévoilée : la France avec 25 % des titres et les Américains sont des nouveaux copropriétaires.
- Note : à l’époque, un mandat consiste à accorder la domination d’un territoire à une nation européenne et qui doit se conclure par l’indépendance du territoire. Les termes géopolitiques de ce qu’on appelait un mandat furent conçus par un Sud-Africain, par un responsable Boer.
- En juillet 1920, les Français amorcent leur protectorat de la Syrie et occupent de fait la capitale Damas ce qui met de facto un terme au rêve de la Grande Syrie arabe indépendante.
- En décembre 1920, lors d’un congrès tenu à Haïfa les comités islamo-chrétiens déclarent défendre les intérêts « du peuple arabe palestinien ». Conséquemment, la dénomination de la Palestine comme étant la Syrie du sud est définitivement abandonnée.
- De 1921 à 1929, le nationalisme pan-arabe monte lentement mais sûrement en puissance au fur et à mesure que la population juive augmente. En 1929-1930, cette dernière totalise 174 000 personnes ou 17 % du total.
- Août 1929 : le Mur des Lamentations alors enclavé dans l’ensemble musulman dit esplanade des Mosquées-Mont du Temple est l’objet de violents affrontements entre musulmans et juifs. Le nombre de victimes est si élevé que les Britanniques et les Français craignent un soulèvement généralisé.
- 1930 : le rapport de la Commission royale d’enquête mise sur pied pour trouver une solution au conflit inter-religieux conclut que la Palestine est surpeuplée suite à l’augmentation prononcée des rachats de terres et qu’il faut donc restreindre la place du foyer national juif.
- 1932 : l’Irak devient indépendant. De fait, c’est la fin du mandat britannique qui avait cours depuis 1920.
- 1937 : après des mois d’analyse et mille discussions, la Commission royale de Palestine dite Lord Peel Commission, mise sur pied en novembre 1936, publie son rapport le 7 juillet. Pour la première fois, l’idée de deux États voisins y est clairement formulée. Selon Peel, l’État juif s’étendrait sur 5 000 km2 au nord. Pour ce faire, il faudrait expulser 225 000 Arabes contre 1 250 Juifs.
- Août 1937 : le XXe Congrès sioniste approuve le projet de partition de Lord Peel.
- Septembre 1937 : le plan de partition est rejeté lors du Congrès panarabe de Bloudan en Syrie.
- Février-mars 1939 : la conférence de Londres réunissant représentants Arabes et Juifs est un échec. En mai, la publication d’un Livre blanc ordonne la réduction prononcée de l’immigration juive et des transferts de propriété.
- 1940-1945 : Churchill interdit l’immigration juive et gèle la promesse d’un État palestinien contenue dans le Livre blanc.
- 1945 : la Palestine compte deux millions d’habitants dont 1,3 million d’Arabes et 700 000 Juifs.
- 1945 : le 24 octobre à San Francisco, l’Organisation des Nations Unies est créée.
- 1947 : épuisé par les années de guerre et par la double opposition à sa présence, soit celles des Arabes et des Juifs, le gouvernement du travailliste Clement Attlee remet le mandat britannique entre les mains de l’ONU en février 1947.
État d’Israël
- 29 novembre 1947 : l’Assemblée générale des Nations Unies adopte la résolution divisant la Palestine en deux États. 33 pour, 13 contre, dont l’ensemble des pays arabes et musulmans. Le Royaume-Uni s’est abstenu.
- À la faveur de cette résolution, l’État juif hérite de 56 % du territoire contre 42 % pour l’État arabe. Jérusalem et Béthléem sont placées sous tutelle internationale.
- 14 mai 1948 : le mandat britannique est officiellement terminé.
- 15 mai 1948 : débute la guerre entre Israël et cinq États arabes, soit l’Égypte, l’Irak, le Liban, la Syrie et la Transjordanie.
- Lors d’une trêve au cours de l’été, l’ONU envoie un émissaire suédois sur place pour négocier les termes d’une résolution de cette guerre. Il s’appelait comte Folke Bernadotte. Il est assassiné par les terroristes du groupe Stern ou Lehi. Dans les jours qui suivent, le nouveau gouvernement israélien décide de dissoudre le « Stern Gang » comme on l’appelait alors.
- 24 février 1949 : après s’être retirée de Palestine, l’armée égyptienne signe un armistice avec Israël. Les autres États arabes ne tardent pas à suivre l’exemple de l’Égypte. Le 20 juillet la Syrie est le dernier des cinq à signer l’armistice.
- Au lendemain du cessez-le-feu, le nouveau tracé dit la ligne verte fait qu’Israël a la mainmise sur 78 % de la Palestine, les 22 % restants étant administrés principalement par l’Égypte, soit la bande de Gaza, et la Transjordanie qui hérite de Jérusalem-Est et de la Cisjordanie. En 1950, cette dernière change de nom et devient donc la Jordanie après avoir annexé ces territoires.
- À la fin de la guerre et d’une vaste campagne d’expropriation, 750 000 Palestiniens, soit la moitié de la population, deviennent des réfugiés vivotant dans des camps disséminés en Cisjordanie, à Gaza, au Liban, en Jordanie et en Syrie. C’est ce qu’ils appellent la « nakba» la catastrophe.
- En 1949 la United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in The Near East (UNRWA) est mise sur pied. Elle est au service de tous les Palestiniens sauf ceux vivant en Égypte, en Irak et en Israël. Le Liban compte 50 % de tous les réfugiés.
- 1954 : la Jordanie accorde la nationalité provisoire aux Palestiniens vivant sur son territoire.
Fatah et OLP
- En octobre 1959 au Koweit, Yasser Arafat fonde avec trois de ses camarades le Fatah. Son objectif ? « Libérer tout le territoire palestinien de l’entité sioniste. »
- Le 28 mai 1964 à l’instigation de la Ligue arabe est créée l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Jérusalem. Elle est en fait le regroupement du Fatah, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et du Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP).
- Au fil des rapports de force entre les divers courants qui composent l’OLP, le Fatah d’Arafat devient le plus puissant. En 1969, il est nommé président de l’OLP.
- 23 juillet 1968 : le FPLP effectue son premier détournement d’avion. Il s’agit d’un vol de la compagnie israélienne El Al reliant Rome à Tel Aviv.
- Dans les mois qui suivent sa nomination, Arafat se montre bienveillant à l’égard de George Habache, patron du FPLP marxiste, alors qu’il appelle au renversement du roi Hussein.
- La colère qui habite alors ce dernier est d’autant plus aiguisée que les fedayin contrôlent les camps de réfugiés situés en Jordanie et circulent à Amman, la capitale, les armes à la main. En septembre 1970, Hussein ordonne à son armée de gommer leur présence. Le 17 du mois c’est le carnage. D’où le nom de « Septembre noir ». Les fedayin qui parviennent à s’échapper se cachent dans le nord du pays. En juillet 1971, l’armée d’Hussein les achève.
- 6 septembre 1970 : le FPLP réalise son opération la plus spectaculaire, soit quatre détournements simultanés, dont un, celui d’Amsterdam, se termine par une prise d’otages. Ce geste du FPLP avait convaincu Hussein de réagir avec force.
- Novembre 1970 : les dirigeants de l’OLP se réfugient au Liban.
- 1972 : lors de son congrès tenu à Beyrouth, le FPLP adopte officiellement une ligne marxiste. Des militants de l’IRA, l’ETA, les Brigades rouges italiennes, l’Armée rouge japonaise, la Fraction armée rouge dite la Bande à Baader et autres rejoignent le FPLP dans son camp libanais.
- 1972 : dans la nuit du 4 au 5 septembre, huit Palestiniens pénètrent dans le pavillon israélien lors des Jeux Olympiques de Munich. Deux athlètes sont abattus immédiatement, neuf autres sont pris en otage, mais seront exécutés après l’échec de l’intervention des forces allemandes.
- À la suite de la réprobation internationale conséquente aux événements de Munich, la dissension s’installe à demeure, si l’on peut dire, au sein de l’OLP entre les tenants de la violence et les militants de la solution politique. Arafat se range avec ces derniers. En 1974, il sera la cible d’un attentat.
- 1982 : l’armée israélienne attaque la base stratégique de l’OLP au Liban. Son intervention dure trois ans et se conclut par un échec.
- 1987 : première intifada, premier soulèvement populaire contre les occupants.
- 13 décembre 1988 : Arafat livre un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unis tenue à Genève et non à New York, les États-Unis ayant refusé de lui accorder un visa. Lors de son exposé, Arafat annonce la reconnaissance de l’État d’Israël et l’abandon de la lutte armée. Pour les pays occidentaux, Arafat devient un interlocuteur légitime.
Guerre des six jours
- 5 juin 1967 : après des affrontements récurrents à la frontière qui sépare Israël de la Syrie, après la déclaration de Nasser du 26 mai stipulant qu’il fallait « détruire Israël » et la concentration de troupes égyptiennes à la frontière, l’armée israélienne se lance dans une attaque dite préventive.
- 10 juin 1967 : au terme de l’offensive magistralement menée par le général Moshe Dayan, c’est la totale débandade sur le flanc arabe. L’Égypte a perdu la bande de Gaza et le Sinaï, la Jordanie a perdu la Cisjordanie et Jérusalem-Est et la Syrie une portion importante du plateau du Golan. Qui plus est, Israël prend le contrôle total du détroit de Tiran qu’elle partageait jusque-là avec la Jordanie.
- 22 novembre 1967 : le Conseil de sécurité de l’ONU adopte la fameuse résolution 242 qui commande le retrait des forces d’occupation à Gaza et en Cisjordanie.
- Dans la foulée de cette guerre 300 000 autres Palestiniens vont rejoindre la cohorte de réfugiés.
- 6 octobre 1973 : jour du jeûne de Yom Kippour, une coalition militaire dirigée conjointement par l’Égypte et la Syrie attaque Israël. Après de notables percées dans le Sinaï et le plateau du Golan, les armées arabes perdent ce qu’elles ont gagné.
- 17 octobre 1973 : en réaction au soutien des États-Unis à Israël les pays arabes décrètent l’embargo pétrolier visant tous les pays occidentaux. C’est le fameux «Choc pétrolier de 1973 ».
- 22 octobre 1973 : le Conseil de sécurité de l’ONU en collaboration avec les États-Unis et la Russie adoptent la résolution 338 qui reprend les termes de la résolution 242 et imposent un cessez-le-feu. Le 25 la guerre est terminée.
- 22 novembre 1977 : conséquence directe de ce conflit, le président Égyptien Anouar el-Sadate prononce un discours historique à la Knesset. Il reconnaît l’État d’Israël. Il est le premier dirigeant arabe à le faire.
- 17 septembre 1978 : après des discussions menées à Camp David et arbitrées par le président Jimmy Carter, Sadate et le premier ministre Menachem Begin signent un traité de paix. Conséquemment, Israël se retire du Sinaï.
- Dans la foulée, l’Égypte ainsi que d’autres nations arabes font pression sur Arafat pour qu’il mette de l’eau dans son vin. À l’égard d’Israël, il adopte une stratégie de petits pas qui provoque une scission au sein de l’OLP. George Habache, le leader du FPLP met sur pied le front du refus.
- 16 septembre 1982 : profitant de la bienveillance de l’armée israélienne, les milices chrétiennes pénètrent dans les camps de Sabra et Chatila de Beyrouth et massacrent entre 1 000 et 3 000 Palestiniens.
- 1982 : durant le siège de Beyrouth par Israël qui poursuit l’opération Paix en Galilée, Arafat échappe plusieurs fois à la mort. Lui et les hauts responsables de l’OLP parviennent à s’enfuir. Ils s’installent à Tunis le 3 septembre.
Oslo et 7 octobre
- 30 octobre 1991 : à Madrid, pour la première fois des délégations israéliennes, libanaises, syriennes et jordaniennes incluant des représentants Palestiniens se retrouvent face à face. Leur conférence va paver la voie au sommet d’Oslo.
- 13 septembre 1993 : à la Maison-Blanche, en présence du président Bill Clinton, Arafat et le premier ministre Yitzhak Rabin se serrent la main confirmant ainsi les termes de l’entente négociée plutôt dans l’année à Oslo.
- 4 novembre 1995 : le premier ministre israélien Yitzhak Rabin est assassiné à Tel-Aviv par le fondamentaliste religieux Yigal Amir.
- L’essentiel de l’accord d’Oslo est le suivant: Israël reconnaît officiellement l’OLP. Cela se traduira par la création de l’Autorité palestinienne, soit un gouvernement Palestinien. Désormais, les territoires occupés feront l’objet de négociations contractuelles, car ils ne sont plus qualifiés « de territoires occupés » mais de « territoires disputés ».
- 17 mai 1999 : le travailliste Ehoud Barak remporte les élections. Il veut revitaliser les accords de paix. Il trouve un allié en la personne du président Clinton. Ce dernier organise un sommet à Camp David en présence évidemment d’Arafat. C’est un échec.
- 28 septembre 2000 : Ariel Sharon, leader du Likoud, se rend en compagnie de soldats sur l’esplanade des Mosquées alors sous l’Autorité palestinienne. Des manifestations s’ensuivent qui, elles, se soldent par une répression violente de l’armée israélienne. C’est le début de la seconde intifada.
- 11 novembre 2004 : Yasser Arafat meurt à Paris. Mahmoud Abbas lui succède.
- En 2005, Sharon, alors premier ministre ordonne le retrait de l’armée israélienne qui occupe Gaza et le démantèlement des 21 colonies juives présentes sur ce territoire.
- 25 janvier 2006 : le Hamas remporte les élections législatives. Son leader Ismaël Haniyeh est nommé premier ministre par Abbas.
- Juin 2007 : le Hamas réalise un coup de force en prenant le contrôle de la bande de Gaza. Du coup, le divorce est consommé avec l’OLP
- Septembre 2007 : après sept ans de conflit, le bilan de celui-ci est lourd: 5 800 morts dont 4 800 Palestiniens.
- Le retour de Nétanyahou au pouvoir en 2009 confirme un fait majeur : il abandonne définitivement la solution des deux États. L’entrée au gouvernement de suprémacistes en décembre 2002 se traduit illico par l’acceptation de leur objectif majeur : l’annexion pure et simple de la Cisjordanie.
- 7 octobre 2023 : 2000 membres du Hamas effectuent un assaut d’une violence inouïe contre des civils israéliens. 1 200 de ces derniers sont tués et 251 sont pris en otages. Cet attentat terroriste a tétanisé l’ensemble de la société israélienne.
- Octobre 2024: un an plus tard, on compte 42 000 morts dans la bande Gaza. 80 % des infrastructures et des habitations ont été détruites. Près de 1000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie.
- L’intention génocidaire qui caractérise le gouvernement Nétanyahou trouve son point d’orgue au printemps 2025 par l’organisation délibérée de la famine.
Note: l’ensemble des faits rapportés ont été puisés pour l’essentiel dans le numéro spécial 106 que la revue L’Histoire a consacré aux Palestiniens. D’autres faits ont été puisés dans divers articles de Wikipedia et dans les articles auxquels celle-ci renvoie.


