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Wikimedia
Robert Haynes en pleine action en 1981
Serge Truffaut
Tout gourmand de la note bleue du « monde-mondial » la connaît. Quoi donc ? LA photo, LE cliché. À gauche, il y a Charles Mingus à la contrebasse, au centre Thelonious Monk au piano, à droite tout de blanc vêtu il y a Charlie Parker et son alto, puis derrière Master Roy Haynes à la batterie.
Le 12 novembre dernier, cet instantané saisi lors d’un épisode musical organisé le 13 septembre 1953 au Open Door, un club délabré de New York, a beaucoup circulé sur les réseaux dits sociaux. Car ce jour-là, ce 12 novembre, Roy Haynes a rejoint ses camarades des temps anciens. Il avait 99 ans. Pour être précis, il aurait eu 100 ans le 13 mars prochain.
Lui parti, la bande des huit s’est inscrite automatiquement aux abonnés absents. Il était le dernier survivant d’une petite cohorte rassemblant Philly Joe Jones, Max Roach, Elvin Jones, Art Taylor, Shelly Manne, Art Blakey et Billy Higgins. C’est eux, ces messieurs, qui ont rythmé l’âge d’or du jazz.
Des huit, Haynes est celui qui a participé au plus grand nombre d’enregistrements. En fait, c’est aussi mathématique que logique, il a commencé avant la plupart d’entre eux, au milieu des années 1940, et a poursuivi bien longtemps après eux.
Originaire de Boston, il a grandi dans une famille très musicale. Le père jouait de l’orgue et chantait à l’église, mais c’est surtout son frère, un diplômé du renommé New England Conservatoire of Music, qui lui a appris la grammaire et l’orthographe musicale.
En 1945, il s’installe à New York en plein essor du be-bop. Il rythme cette révolution musicale dans tous les clubs de la 52e rue avant d’être engagé par Lester Young, par le Président en personne en 1947. Avec lui, il va rester deux ans.
En 1949, Charlie Parker l’engage à son tour. Il va demeurer à ses côtés jusqu’en 1952. Puis ce sera au tour de Miles Davis de faire appel à ses services lorsque celui-ci décida de voler de ses propres ailes. Parallèlement, il va enregistrer auprès de Thelonious Monk, Stan Getz, Wardell Gray, Dexter Gordon, Booker Ervin, Roland Kirk, Tommy Flanagan … En fait, il va exercer ses talents auprès de tous les poids-lourds du jazz et des chanteuses Sarah Vaughan et Etta Jones.
Mais c’est vraiment auprès de John Coltrane au tout début des années 1960 que ses collègues et le public vont réaliser ou convenir que Roy Haynes est un batteur hors-pair car le plus caméléon de tous les batteurs. Car à la différence des percussionnistes nommés plus haut, il va s’immiscer sur la scène de l’avant-garde comme sur celle du jazz-fusion, des musiques antillaises — ses parents étaient originaires de cette région du monde —, et autres.
Des 32 albums publiés sous son nom, au moins trois méritent un arrêt sur image et sur note : We Three, soit l’album qui va vraiment révéler le pianiste Phineas Newborn, Out of The Afternoon avec Roland Kirk et Trio Music avec Chick Corea au piano et Miroslav Vitous à la contrebasse.
Grazie mille, mister Haynes.
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Le saxophoniste Charles Lloyd vient d’effectuer une razzia. Une pacifique, il va sans dire. Les lecteurs invités par le magazine Down Beat à se prononcer annuellement ont décerné la palme d’artiste de l’année à ce cher Lloyd, celle de ténor de l’année et aussi de l’album de l’année pour The Sky Will Be There Tomorrow paru sur étiquette Blue Note.


