À propos de l'auteur : Dominique Lapointe

Catégories : International

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Jackson Reffitt

C’est l’histoire d’un jeune homme de 19 ans qui habite avec ses parents et ses deux sœurs à Wylie, au Texas. Une famille aimante, ordinaire. Jusqu’à ce que le père, Guy, se radicalise à l’élection présidentielle de 2020. Il participera aux émeutes du Capitole et sera ensuite arrêté parce que son fils l’avait dénoncé quelques jours avant au FBI. C’est l’histoire de Jackson Reffitt et c’est aussi l’histoire de la fracture des États-Unis d’Amérique, à voir sur quelques chaînes télé sur Internet (1), pour approfondir le drame de ce pays.

Dominique Lapointe

Dans la foulée des premières inculpations à la suite des émeutes du Capitole du 6 janvier 2021, l’une d’elles fait la manchette de quelques médias locaux, celle d’un homme armé ce jour-là et qui aurait proféré des menaces envers sa famille. Le journaliste et réalisateur danois Steffen Kretz flaire le bon sujet.

Pendant quatre ans, de la comparution du père en cour jusqu’à sa libération par la grâce de Donald Trump en 2025, il suivra la famille bouleversée par la tempête MAGA qui balaie le pays. Il en résulte un document d’une valeur exceptionnelle, une sorte de loupe intime sur le chaos qui touche non seulement le pays, mais toute la planète ces jours-ci.

Trump le libérateur

« À l’époque, Guy était subjugué par le président Trump. Il le vénérait littéralement. Beaucoup d’Américains avaient l’impression de ne pas être entendus, mais Trump s’adressait à eux », raconte Nicole, la femme de Guy Riffitt.

Avec du recul, son fils Jackson analyse : « Je comprends comment il en est arrivé là. Il passait son temps sur Internet et s’isolait de plus en plus. Puis il s’est mis à acheter des bannières de la milice Three Percenters . »

Les Three Percenters est un mouvement d’extrême droite formé en réaction à l’élection de Barack Obama en 2008. Le nom fait référence à une fausse théorie qui prétend que seulement 3 % des colons américains aient affronté les Britanniques à la guerre d’indépendance au XVIIIe siècle. L’organisation, qui aurait des ramifications modestes au Canada, serait tout de même considérée comme un mouvement terroriste par les autorités policières canadiennes.

Jackson, un garçon calme et pondéré, est horrifié d’entendre son père présager une guerre civile parce que Trump s’est fait voler l’élection (2020). Il le voit acheter des armes, stocker de l’eau et de l’essence en prévision de l’assaut final.

C’en est trop. Il a peur pour son père et finit par le signaler au FBI qui ne pousse pas l’affaire plus loin.

Guy, sous les encouragements de sa femme qu’il a convaincue de sa « mission » ira manifester à Washington le 6 janvier, et forcera l’enceinte du Capitole sur les encouragements préalables de Donald Trump.

De retour chez lui le 8 janvier, il est fier de montrer ses propres vidéos de l’assaut. Son exploit sera aussi sur toutes les chaînes de télé du pays, des images qui serviront aux enquêteurs du FBI.

Une semaine plus tard, un commando lourdement armé frappe en pleine nuit à la porte des Reffitt. Le père sera le premier des 1500 accusés dans cette tentative d’insurrection au Capitole. Il est finalement accusé d’avoir tenté de perturber les travaux du Collège électoral, d’entrave au travail des forces de l’ordre, de port d’arme prohibée (un fusil d’assaut semi-automatique en plus de son revolver), et, plus renversant encore, d’avoir menacé de mort deux de ses enfants, Jackson et sa sœur, s’ils le dénonçaient à la police.

« Si vous me dénoncez, vous êtes des traîtres, et vous savez ce qu’on fait aux traîtres, on les tue. »

Ce qui doit lui valoir sept ans et demi de prison. La suite est connue.

Le 20 janvier 2025, à peine quelques heures après l’assermentation de Donald Trump comme président des États-Unis, il est libéré comme l’ensemble des émeutiers du 6 janvier. Des « otages », des « prisonniers politiques », des « guerriers » des « patriotes », dira Trump pendant leur incarcération.

Rappelons que cinq personnes sont mortes et 140 policiers et agents de la paix ont été blessés dans la foulée de ces événements, dont certains garderont des séquelles à vie.

Jackson, Trump et l’état de l’Union

Jackson, lui, a quitté le domicile familial sur les conseils du FBI il y a déjà quelques années et vit dans un endroit gardé secret. Ce qui n’empêche pas les menaces de mort à son endroit sur les médias sociaux.

Pacifiste, il n’avait jamais envisagé d’acquérir une arme. C’est maintenant fait.  « Trump a dit qu’il fallait cibler les ennemis de l’intérieur. Cela veut dire que je serai toujours en danger. »

C’est le chaos. Le gouvernement crée une milice politique, ICE, qui finit par tirer à bout portant des citoyens américains dans la rue et des citoyens s’arment parce qu’ils sont menacés par les partisans MAGA.

Comme En-Retrait l’a évoqué dans d’autres publications (2), le chaos américain, en partie concocté par des agents étrangers, pour l’essentiel russes, a dépassé de loin les espérances de ses protagonistes.

Les États n’ont jamais été autant désunis que maintenant, le pays n’a jamais été autant honnis à l’étranger que maintenant, et son président, pour faire diversion, met le feu au Moyen-Orient.

Pendant ce temps, Jackson n’espère plus la relation avec son père, sa mère pleure la famille déchirée, ses soeurs mettent la faute sur Donald Trump, et Guy dit maintenant regretter sa dérive.

Trop tard …

 

 

 

1 — TRUMP, MON PÈRE ET MOI, réalisation Steffen Kretz, à visionner sur ICI TouTV,

Arte TV, AppleTV, France Télévision (VPN requis en France).

2 — Lire  LA VICTOIRE DE DONALD TROLL, En-Retrait, janvier 2025,

https://en-retrait.com/wp-admin/post.php?post=14537&action=edit

LA LIBERTÉ D’EXPRESSION QUI TUE, En-Retrait, mars 2025,

https://en-retrait.com/wp-admin/post.php?post=14981&action=edit

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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