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Capture d’écran
Donald Trump à la Maison-Blanche montrant fièrement une photo de lui avec Vladimir Poutine.
Daniel Raunet
La dégelée assénée par les électeurs à Donald John Trump ne diminue en rien sa capacité de nuisance planétaire. À mi-chemin de son deuxième mandat, le président américain va probablement continuer à se moquer du droit international, des traités d’alliance, de l’aide humanitaire, des grands principes démocratiques et des lois du Congrès tentant de contrecarrer les agressions du Kremlin.
Il y a peu de chance que les intérêts personnels du locataire de la Maison-Blanche ne continuent pas à dominer ses actions ; jamais la présidence américaine n’aura autant rapporté à un président en exercice. Au moins 2,2 milliards US $ pour la seule année 2025, selon le très officiel Bureau d’éthique gouvernementale. Sur le plan mondial, Donald Trump n’a pas d’alliés, il n’a que des complices.
Trump lâche les Saoudiens
Depuis que les rebelles houthis du Yémen ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, l’Arabie saoudite ne peut plus faire circuler ses pétroliers entre l’océan Indien et la mer Rouge. En septembre, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a fait directement appel aux Américains pour qu’ils l’aident militairement à briser le blocus houthi. Non seulement l’administration Trump a refusé de s’impliquer dans le conflit, mais elle a conclu un accord en catimini avec les Houthis lors d’une réunion à Oman où, en échange d’une non-implication militaire des États-Unis dans les affaires yéménites, les rebelles permettent la libre circulation des navires américains dans le détroit de Bab el-Mandeb.[1] Business is business.
Lâchés par Washington en mer Rouge, les Saoudiens cherchent désespérément d’autres alliances pour pallier la disparition du parapluie américain dans la région. La Turquie, le Pakistan et la Syrie. Non seulement les bases américaines sur les rives sud du Golfe persique ont été lourdement endommagées lors de la récente guerre d’Iran, mais les installations pétrolières et les villes saoudiennes ne sont plus protégées des bombardements émanant du bloc chi’ite, les Iraniens, les milices irakiennes et les Houthis.[2]
Le terrain de golf de Trump au Vietnam
Alors que le chef de la Maison-Blanche ne cesse d’accuser ses adversaires d’être des communistes, il n’a pas hésité à conclure un accord de 1,5 milliard $ US avec le Vietnam communiste pour la construction d’un terrain de golf de la Trump Organization à une quarantaine de kilomètres de Hanoi. Malgré les protestations véhémentes des malheureux agriculteurs expropriés du delta du fleuve Rouge. Depuis, par un heureux hasard, le Vietnam négocie une réduction de ses droits de douane américains de 46 à 20 %.[3]
La famiglia, les cryptomonnaies et les Émirats arabes unis
Le 23 septembre 2025, Donald Trump a accordé une grâce pleine et entière à Changpeng Zhao, le fondateur canado-émirati de la plateforme de cryptomonnaies Binance. Zhao était depuis quatre mois dans une prison américaine pour recyclage d’argent sale provenant de personnages tentant d’éviter les sanctions internationales, des Russes, des Iraniens et même des agents de l’État islamique. Depuis, il file des jours heureux à Abu Dhabi, la capitale des Émirats arabes unis, à la tête d’une fortune estimée à 114 milliards $ US.[4]
Il faut dire que ce numéro un de la cryptomonnaie mondiale n’est pas étranger à la famille Trump. Une des vaches à lait du président est la World Liberty Financial, une entreprise de cryptomonnaies gérée par deux fils du président, Eric et Donald Jr. Trump, dans laquelle Binance avait investi 2 milliards $ US quelques mois avant le pardon présidentiel.[5]
Aux Émirats arabes unis, Changpeng Zhao, qui est un ami de la famille royale d’Abu Dhabi, a remercié ses hôtes en faisant du pays le quartier général de Binance, tandis que les retours d’ascenseurs de Washington se multiplient. Ainsi, outre la fourniture de matériel militaire de pointe, l’administration Trump a récemment autorisé l’exportation vers les Émirats de puces électroniques Nvidia, cruciales dans le développement des centres d’Intelligence artificielle. Les mêmes puces dont les Américains interdisent l’exportation vers la Chine pour des raisons stratégiques.
Cynisme en Amérique latine
En Amérique latine, Washington ne s’appuie plus comme jadis sur des dictatures militaires pour s’assurer de son hégémonie, mais plutôt sur l’élection de politiciens d’extrême droite, soutenus publiquement par le président Trump. Une politique efficace qui a vu fleurir dans toute l’Amérique du Sud des régimes autoritaires. À deux exceptions près, l’Uruguay et le Brésil.
Avec Donald Trump, les interventions militaires américaines ne se drapent plus du manteau vertueux de la restauration de la démocratie. Le kidnapping du président Nicolás Madoro et la mainmise des États-Unis sur les ressources pétrolières du Vénézuéla ne se sont pas accompagnés d’un changement de régime. Au contraire, Washington a trahi l’opposition démocratique en maintenant au pouvoir la dictature bolivarienne et la vice-présidente Delcy Rodriguez, devenue docile collaboratrice de Washington. L’organisation d’élections libres est repoussée aux calendes grecques.
Pour Donald Trump, le Venezuela, c’est l’Eldorado, avec 17 % des gisements d’or de la planète[6]. Avant l’Intervention américaine, l’or vénézuélien était frappé d’un embargo mondial, embargo annulé par le locataire de la Maison-Blanche au lendemain de l’enlèvement de Maduro. L’essentiel de cet or était extrait de façon illicite dans des mines sauvages contrôlées par les militaires vénézuéliens, des gangsters et des cartels de la drogue. Les Américains ont conservé tous ces gens, mais désormais sous supervision d’agents du secrétaire d’État à l’Intérieur, Doug Burgum. Le New York Times a récemment révélé que le monopole de l’exportation de cet or a été octroyé par Washington à la firme de courtage international Trafigura tandis que le système d’exploitation et de raffinage mafieux est toujours le même sur le terrain.[7] Blanchir de l’or sale, voilà une autre grande réalisation de l’administration Trump.
La trahison de l’Ukraine
Coup de tonnerre le 9 octobre : le président Trump annonce une entente avec le président Poutine, qui s’engage à livrer du diesel aux États-Unis en échange d’une suspension des sanctions contre les avoirs russes.[8] Dans les jours qui suivent, les Ukrainiens subissent une dégradation sans préavis des services de renseignement américains, Starlink, propriété d’Elon Musk, et les satellites du Pentagone. Ce qui prive leur armée d’informations vitales, dont des alertes à la population lorsque la Russie envoie des missiles balistiques de plus en plus dévastateurs. Donald Trump exige, une fois de plus, que le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, démissionne et que son pays cesse de bombarder les raffineries russes.
Autre cadeau au maître du Kremlin, Trump demande aux Européens de reprendre les importations de gaz naturel russe. Les liens entre Trump et les Russes sont très anciens. Certains remontent aux investissements d’oligarques dans la Trump Tower dans les années 1980 et 1990. À défaut de liens compromettants, l’abandon de l’Ukraine à la veille d’un hiver qui s’annonce dramatique peut s’expliquer par la fascination qu’exercent sur le président américain les régimes autoritaires en général et Vladimir Poutine en particulier. Sans oublier sa détestation personnelle de Zelensky, qui remonte à la présidence de Joe Biden.
La présidence contourne la loi sur les sanctions contre la Russie
La Loi dite Lindsey Graham adoptée par le Congrès américain l’été dernier contient un train de sanctions contre la Russie, principalement contre ses exportations de produits pétroliers, c’est-à-dire la source principale de sa guerre d’invasion contre l’Ukraine. La duplicité de Donald Trump dans cette affaire est sidérante. Le 18 septembre, il signait l’entrée en vigueur de cette loi, mais, dix jours plus tôt, ses émissaires au Kremlin négociaient déjà avec Poutine sa non-application.
Le New York Times a révélé que l’alignement actuel de la Maison-Blanche sur les intérêts russes remonte au voyage à Moscou, le 7 septembre dernier, de son beau-fils Jared Kushner et de Steve Witkoff, le milliardaire partenaire de golf de
Donald Trump. Ces deux envoyés ont conclu une entente avec Vladimir Poutine.[9] Court-circuitant depuis longtemps le Congrès et le département d’État, ils sont au cœur du mélange des genres entre diplomatie et intérêts financiers de la famille Trump. Ils négociaient déjà dès novembre 2025 une fin de la guerre en Ukraine qui reprenait la plupart des demandes russes.[10]
Selon le New York Times, en échange de la levée des sanctions, Poutine a ouvert les portes à l’implication de capitaux américains sur le territoire de son pays. Le marché inclut la cession des avoirs de la pétrolière russe Lukoil hors de Russie, c’est-à-dire des gisements de pétrole, des raffineries et des réseaux de stations-service d’une valeur estimée à 20 milliards $ US. Le lien avec la famille Trump n’est pas direct, mais on retrouve parmi les bénéficiaires de la transaction un conglomérat qatari dirigé par deux milliardaires syriens, les frères Moutaz et Ramez Al-Khayyat, déjà partenaires de Jared Kushner dans un complexe hôtelier de luxe en Albanie, ainsi qu’un cheikh émirati, Tahnoon Ben Zayed al-Nahyan, un des principaux actionnaires de World Liberty, la société de cryptomonnaies de la famille Trump. Retour d’ascenseur en faveur du Kremlin, il serait également question de permettre l’implication de la société russe Novatek, pourtant sous le coup de sanctions officielles, dans un projet d’extraction de gaz naturel en mer de Beaufort, au nord de l’Alaska.[11]
L’Europe, seule face à Poutine
En Europe, c’est la consternation. « Coup de poignard de Trump », écrit le politologue français Dominique Moïsi. Les ambitions de Poutine ne se limitent pas à l’Ukraine, mais impliquent une reconquête de l’empire de l’ancienne Union soviétique. Guerre larvée, guerre hybride, guerre de l’ombre, 150 incidents en deux ans, les escarmouches avec la Russie se multiplient. Des drones que l’on soupçonne russes violent de façon routinière les espaces aériens nationaux : Pologne, États baltes, Finlande, Roumanie, Bulgarie, Moldavie… Deux actions de déstabilisation ont particulièrement frappé les esprits : la découverte le 4 août d’une charge explosive sur le tarmac de l’aéroport de Leipzig en Allemagne et celle le 27 septembre d’une tentative d’attentat contre la base de bombardiers de la RAF à Fairford en Angleterre.
Cette guerre hybride se livre également par sous-marins interposés sur le pourtour de la mer Baltique et, sur internet, par le biais de sites de désinformation russes. L’un d’entre eux vient d’être démasqué le 8 octobre lorsque les Ukrainiens ont détruit des centres de données de la compagnie Yandex en Russie. Dans les heures qui ont suivi, un site du parti d’extrême droite allemand AfD a comme par hasard disparu de la toile.[12]
Les Européens se demandent quel pays la Russie va attaquer après avoir réduit en ruines les grandes villes ukrainiennes. La Moldavie, pays non membre de l’OTAN à une quarantaine de kilomètres du grand port ukrainien d’Odessa et où stationnent depuis la chute de l’Union soviétique des troupes russes ? L’Estonie, membre de l’OTAN, mais située aux portes de Saint-Pétersbourg ? La Pologne et la Lituanie, qui contrôlent le corridor de Suwalki, une cinquantaine de kilomètres qui isole l’exclave russe de Kaliningrad du reste de la Russie ?
Les pays européens essaient de rattraper à toute vitesse leur retard militaire, mais tout prendra des années, pas simplement quelques mois : système de défense comparable aux Patriots américains, réseaux militaires de communications pouvant remplacer ceux de l’armée américaine et Skylink, missiles balistiques pouvant rivaliser avec ceux des Russes, etc.
Les Européens ont désormais la désagréable impression qu’ils ne peuvent plus compter sur l’Amérique en cas d’agression russe, que Washington se dérobera à ses obligations de riposte commune en vertu de l’article 5 de l’OTAN. Donald Trump et son vice-président n’ont que mépris pour l’Union européenne qu’ils ne cessent de dénigrer ; l’armée américaine se prépare à retirer 5000 de ses soldats du continent ; le Kremlin et la Maison-Blanche semblent partager un objectif commun, dégrader l’Union européenne, briser sa puissance économique et balkaniser ses pays membres.
Après ces élections de mi-mandat, la fin du « monde libre » ?
Pendant deux mois encore, le Congrès continuera d’être un canard boiteux, en attendant l’investiture des nouveaux élus en janvier. Et même après, aux États-Unis, les pouvoirs de l’exécutif sont blindés, surtout depuis l’arrêt Trump vs USA de la Cour suprême en 2024. Tout président, affirme ce jugement, bénéficie d’une immunité pénale absolue pour les actes liés à l’exercice de ses pouvoirs constitutionnels fondamentaux et d’une présomption d’immunité pour les autres actes officiels. Des procès privés et des procédures émanant des deux Chambres, il y en aura sûrement, mais tout cela prendra des années avant d’en arriver à une conclusion.[13]
Le Congrès va nul doute mettre des bâtons dans les roues de Donald Trump, lancer des enquêtes, refuser de voter des budgets, dont des crédits de guerre, mais le président, toujours commandant suprême des armées, n’aura aucun mal à continuer sur sa lancée à coup de décrets avec une Cour suprême complaisante et un ministère de la justice tout à son service. Son arme ultime demeure son droit de veto sur tout projet de loi du Congrès qui tenterait de s’opposer à ses volontés. En effet, le veto présidentiel ne peut être annulé que par une majorité des deux tiers à la Chambre de représentants ainsi qu’au Sénat. Ce qui supposerait qu’un nombre significatif de républicains se révoltent contre leur propre chef.
Pour le reste de la planète, le mal est fait. Avec Donald Trump à la présidence pour encore deux ans, les USA demeureront un pays brutal et hors-la-loi en matière de respect du droit international. Avec ou sans Trump, les États-Unis ont perdu leur statut de champion de ce qu’on appelait « le monde libre », les institutions internationales demeureront impuissantes, l’OTAN ne pourra plus prétendre à son rôle de rempart contre le totalitarisme.
Le partage du monde à trois
Beijing confirme, Trump, Poutine et Xi Jinping auront un tête-à-tête au sommet de l’APEC (Coopération économique pour l’Asie-Pacifique) de Shenzhen les 18 et 19 novembre. Selon le Straits Times de Singapour, « Un sommet trilatéral entre la Chine, la Russie et les USA est sans précédent contemporain. Il rappelle la Conférence de Yalta en 1945 quand le dictateur soviétique Joseph Staline, le président américain Franklin D. Roosevelt et le Premier ministre britannique Winston Churchill discutèrent de la réorganisation de l’Europe alors que l’Allemagne nazie approchait de la défaite. »[14]
The Independent de Londres estime que « les deux prochaines années vont être les plus dangereuses pour les alliés traditionnels de l’Amérique depuis des décennies ».[15] Pour le quotidien britannique, un Donald John Trump à la recherche de sa place dans l’Histoire va continuer de plus belle à faire passer les intérêts du Kremlin et de sa propre famille avant ceux de son pays. Ce journal craint de nouvelles trahisons des pays démocratiques lors d’un nouveau Yalta où trois présidents autoritaires se partageront le monde. Après avoir menacé d’annexer le Canada et le Groenland, Trump va-t-il envahir Cuba, va-t-il laisser la Chine avaler Taiwan en échange de lucratives affaires avec l’Empire du Milieu, va-t-il reprendre sa guerre contre l’Iran, va-t-il laisser tomber l’Ukraine et l’Europe ? « Trump a souvent paru désaxé. À partir de maintenant, il sera incontrôlable », écrit The Independent.
[1] Adrien Jaulmes , « Comment Trump a négocié avec les houthistes, délaissant ses alliés saoudiens », Le Figaro, Paris, 18 septembre 2026.
[2] Gwenaelle Lenoir, « Frappée par les Houthistes, l’Arabie saoudite en quête d’alliés introuvables », Mediapart, Paris, 12 octobre 2026.
[3] Philippe Coste, « Donald Trump Une présidence qui fait sauter le verrou de la fortune », Libération, Paris, 5 mai 2026.
[4] David Yaffe-Bellany, « Inside a Billionaire’s Paradise with Crypto’s most powerful Ex-Convict”, New York Times, New York, 1er octobre 2026. https://www.nytimes.com/2026/10/01/business/changpeng-zhao-binance.html
[5] Madeleine May et Jo Ling Kent, « Trump family’s net worth has increased by $2.9 billion thanks to crypto investments, new report says”, CBS News, New York, 2 mai 2025. https://www.cbsnews.com/news/trump-family-net-worth-crypto-investments/
[6]Thaïs de Bastard, “Venezuela : un gisement d’or géant et des ressources minières encore sous-exploitées », Sciences et Avenir, Paris, 8 janvier 2026. https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/geologie/venezuela-un-gisement-d-or-geant-et-des-ressources-minieres-encore-sous-exploitees_190315
[7]Anatoly Kurmanaaev, Tyler Pager et Rebecca R. Ruiz, “Trump Brought Venezuelan Gold to the U.S., but Refiners Won’t Touch It”, New York Times, New York, 28 septembre 2026. https://www.nytimes.com/2026/09/28/world/americas/venezuela-gold-trump.html
[8] Dépêche, ”Trump pauses new Russia sanctions passed by Congress amid deepening row with Ukraine”, The Guardian, Londres, 17 octobre 2026. https://www.theguardian.com/us-news/2026/oct/17/trump-puts-new-russia-sanctions-passed-by-congress-on-hold-amid-deepening-row-with-ukraine
[9]Anton Troianovski et Eric Lipton, «U.S.-Russia Talks on Ukraine Now Involve an Oil Deal Tied to Trump Allies”, New York Times, New York, 3 octobre 2026. https://www.nytimes.com/2026/10/03/us/politics/kushner-witkoff-russia-oil-deal.html
[10] Adrien Jaulmes, « Derrière le deal entre Washington et le Kremlin, les bonnes affaires de Trump et de ses proches « , Le Figaro, Paris, 16 octobre 2026.
[11] Anton Troianovski et Eric Lipton, “In U.S. Gas Talks With Kremlin, Hidden Financing for Alaska Project Emerges”, New York Times, New York, 23 octobre 2026. https://www.nytimes.com/2026/10/23/us/politics/in-us-gas-talks-with-kremlin-hidden-financing-for-alaska-project-emerges.html
[12] Roman Kohanets « Ukraine struck Yandex data centers, Russian bots went silent – Now questions are mlntikng”, United24 Media, Kyiv, 12 octobre 2026. https://united24media.com/war-in-ukraine/ukraine-struck-yandex-data-centers-russian-bots-went-silent-now-questions-are-mounting-23339
[13] Jeffrey Toobin, “Even a Blue Wave Can’t Stop Trump”, New York Times, New York, 18 octobre 2026. https://www.nytimes.com/2026/10/18/opinion/midterms-congress-trump-democrats.html
[14] Dépêche, « China confirms talks with Russia, US on first trilateral meeting’,The Straits Times, Singapour, 3 novembre 2026. https://www.straitstimes.com/asia/east-asia/china-confirms-talks-with-russia-us-on-first-trilateral-meeting?ref=latest
[15] Sam Kiley, “Voices: Petulant and humiliated Trump is now more dangerous for the world than ever“, The Independent, Londres, 4 novembre 2026. https://www.independent.co.uk/independentpremium/voices/trump-midterms-ukraine-russia-nato-b3078856.html


