Les visites à l’étranger de Benyamin Nétanyahou sont désormais fortement limitées depuis l’émission le 21 novembre d’un mandat d’arrêt contre le premier ministre israélien. Raisons évoquées par la Cour pénale internationale (CPI) créée en 2002 et dont le siège est à La Haye ? « Crimes contre l’humanité et crimes de guerre commis depuis le 8 octobre 2023, et au moins jusqu’au 20 mai 2024 » à Gaza. Son ex-ministre de la Défense Yoav Gallant est également visé. Le couperet est aussi tombé sur le chef de la branche armée du Hamas, Mohammed Deif dont l’armée israélienne avait cependant annoncé la mort en août. Nétanyahou a qualifié d’« antisémite » la décision de la CPI qui limite théoriquement ses déplacements puisque n'importe lequel des 124 États membres de la Cour (Israël n’en fait pas partie) serait obligé de l’arrêter sur son territoire. Un même mandat avait été délivré le 17 mars 2023, 13 mois après l’invasion de l’Ukraine, contre le président russe Vladimir Poutine.
Waqf 'iitlaq alnaar : cessez-le-feu en arabe, hafseket ash en hébreu. Malgré ses violations sporadiques, la trêve de 60 jours entre le Hezbollah libanais et Israël est un soupçon d’espoir dans une région où salam/shalom reste un lointain mirage. C’est bien connu, la route est toujours longue entre un cessez-le-feu et la paix, souvent définie par ce qu’elle n’est pas. Les deux Corée peuvent en témoigner. Séoul et Pyongyang sont encore « techniquement » en guerre malgré l’armistice du 27 juillet 1953.
L’année politique du Québec en matière de relations internationales restera marquée par la décision du gouvernement de François Legault d’ouvrir un bureau à Tel-Aviv pour le représenter en Israël et intensifier ses échanges avec des partenaires gouvernementaux, institutionnels, économiques, culturels et universitaires. Le gouvernement québécois a fait le choix d’aller de l’avant, et ce au plus fort de la guerre que mène Israël dans la bande de Gaza, et malgré une pétition de près de 12 000 noms déposée à l’Assemblée nationale en février dernier pour réclamer l’abandon du projet, estimant que cette représentation diplomatique serait perçue par Israël comme un encouragement à ne pas s’engager dans la voie de la paix.
L’image d’un assassinat sur un trottoir de Manhattan, vers 6h40 du matin, le 4 décembre dernier, a déclenché un intérêt rarement vu pour un fait divers plutôt commun aux États-Unis. L’an dernier, il y a eu 19 952 meurtres chez nos voisins du sud. Il est vrai que la vidéo du tireur pointant une arme à feu à deux ou trois mètres derrière sa victime fait de l’effet. Le nom de la personne tuée et son poste, Brian Thompson, 50 ans, p.d.-g de United Healthcare, une des plus importantes sociétés d’assurance santé aux États-Unis ont de quoi retenir l’attention. Et que dire des inscriptions sur chacune des douilles trouvées sur la scène du crime, selon la police de la ville de New York : deny, defend, depose. Nier, défendre, renverser.
C’est le cas de le dire : les firmes de sondages qui ont prétendu ausculter les humeurs des citoyens américains des mois durant se sont royalement trompées. Encore une fois, faut-il le rappeler. Fort d’avoir raflé la mise au Collège électoral, remporté pour la première fois le plus grand nombre de suffrages en trois campagnes, hérité de la majorité au Sénat, maintenu sa force à la Chambre des représentants en plus d’avoir nommé à la Cour suprême trois juges à sa botte lors de son premier mandat, Donald J. Trump pourra disposer à sa guise des trois pouvoirs. Le 20 janvier prochain, il deviendra le chef d’orchestre de l’exécutif, du législatif et du judiciaire.
L’électorat américain s’est comporté davantage en consommateur qu’en citoyen, le 5 novembre. Il a pourtant misé sur un ancien président qui a affiché le pire bilan économique depuis Jimmy Carter. L’ex-président démocrate Bill Clinton avait lancé une bombe lors de la Convention démocrate, à la fin d’août. Depuis 1989, les États-Unis se sont enrichis de 51 millions d’emplois. Or, du nombre, 50 millions ont été ajoutés durant des présidences démocrates.
«Don’t mess with Texas », oui on ne plaisante pas avec le Lone Star State surtout lors de ces présidentielles où Donald Trump et « ses » républicains ont, comme en 2016 et 2020, tout raflé. Une fois de plus, celui qui fut pendant quatre ans (2017-2021) l’homme le plus puissant de la planète a recueilli le maximum de voix chez les chrétiens évangéliques texans pour qui les États-Unis sont « un pays élu » et lors de la campagne présidentielle, le « milliardaire » new-yorkais reconnu coupable de 34 chefs d’accusation, les a comblés en menant à fond de train la « guerre spirituelle » contre « l’ennemi de l’intérieur ».
Plus les Américains connaissent Trump, plus ils votent pour lui. Il a obtenu beaucoup plus de votes cette fois-ci qu’en 2016, un peu plus qu’en 2020. Plusieurs ont attribué la victoire républicaine à l’habituel snobisme des démocrates envers quiconque ne vomit pas sur le candidat républicain, une suffisance qui aurait répugné au plus grand nombre. Or, ce dédain affirmé existait aussi en 2016 et 2020 et Harris a obtenu une plus petite part du vote cette fois-ci que son parti ces deux fois-là : c’est la preuve que l’électorat ne voulait pas d’elle.
Les électeurs du Michigan ont fait pivoter leur État, longtemps démocrate, dans le camp des républicains. Ils se sont comportés comme cinq autres États pivots. Kamala Harris a perdu le Michigan par plus de 80 000 votes. Beaucoup d’électeurs ont déserté les bureaux de scrutin et négligé le vote par la poste. Mais peut-être pas pour les mêmes raisons que celles qui ramènent le candidat républicain à la Maison Blanche, avec un peu plus de 50 % du vote.

