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Robert Frosi
Les États-Unis vont accueillir l’été prochain (14 juin au 13 juillet) la Coupe du monde des clubs.
Le vainqueur de la compétition va remporter la modique somme de 177 millions de dollars. Pour donner un ordre d’idée, ce chiffre représente la moitié des revenus sur une année pour le CF Montréal.
Au total, la très puissante FIFA, qui gère les milliards du ballon rond mondial, va verser plus d’un milliard en primes aux participants. Si vous pensez qu’une compétition mondiale est synonyme d’équité, vous avez tapé sur le bouton erreur.
Pour les victoires au premier tour, les clubs européens participants sont les plus nombreux et vont se répartir la part du lion avec environ 50 millions. En comparaison, les clubs africains ne toucheront que 13 millions.
Parlant de pays africains, la somme totale pour le club victorieux équivaut au financement de la Banque mondiale pour soutenir l’élevage en Éthiopie ou pour construire une route au Tchad.
Même si certains justifient ces sommes pharaoniques parce qu’elles correspondent au marché du soccer mondial, il n’en demeure pas moins qu’une victoire après un mois de compétition correspond à la construction de 1500 logements sociaux.
La toute puissante Fédération Internationale de Football Association (FIFA) ne s’embarrasse pas d’une quelconque philosophie ou d’une conscience sociale. La Coupe du monde 2022 a été octroyée au Qatar. Malgré les multiples dénonciations des ONG mondiales sur l’esclavage moderne sur les chantiers de construction qui aurait fait des milliers de morts chez les travailleurs, la compétition a bien eu lieu. Pire, le président de la FIFA et toute sa famille avaient été invités durant des mois dans la très luxueuse île des perles à un vol d’oiseau des drames humains.
Pour 2034, la FIFA récidive avec l’Arabie saoudite. Encore une fois, les pays du Golfe utilisent leur soft power et leurs pétrodollars pour s’acheter une virginité internationale. Est-il besoin de rappeler que l’Arabie saoudite est un pays où la peine de mort est érigée en symbole avec le macabre record d’exécutions.
Plus, près de chez nous, la Coupe du monde 2026 sera répartie sur trois pays. Les États-Unis (encore), le Canada et le Mexique.Évidemment les Américains se sont gardé la meilleure part du gâteau avec les phases les plus prestigieuses qui seront jouées sur leur pelouse. Mais, qui dit Coupe du monde, dit aussi que les supporters de tous les continents se déplaceront chez l’Oncle Sam. Et ça, « l’Agent Orange » n’aime pas vraiment l’idée. « Profitez, mais ne vous attardez pas », c’est en substance le message envoyé par Donald Trump aux nombreux supporters qui viendront aux États-Unis.
Son porte-voix, le vice-président JD Vance a déclaré : « Je sais que nous aurons des visiteurs de près de 100 pays probablement. On veut qu’ils viennent, qu’ils profitent, mais quand ce sera terminé, ils devront partir. » Pour être sûr d’avoir été entendu, on va déjà expérimenter la venue des visiteurs lors de la Coupe du monde des clubs en juin prochain. La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem a ajouté : « On travaille déjà sur les visas, les documents voyages. Ce sera un bon exercice avant la prochaine Coupe du monde. »
Un homme averti en vaut deux, dit le dicton !
Une Coupe du monde déjà décriée
Lors de la Cop26, (Conférence de l’ONU sur les changements climatiques) en 2021 à Glasgow, la Fédération internationale présentait son plan pour le climat et voilà ce que déclarait son président Gianni Infantino : « Nous nous trouvons à un tournant de l’histoire. Le changement climatique a des répercussions sur l’environnement, la biodiversité, la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau potable, et donc aussi sur la santé et le bien-être des individus … La FIFA s’engage à réduire ses émissions de carbone, à protéger ses compétitions contre les effets négatifs du changement climatique. »
Pour la prochaine Coupe du monde, plusieurs observateurs parlent déjà d’une Coupe du monde « climaticide ». Pour cette compétition, on est passé de 32 à 48 équipes. Les conséquences sont importantes. Plus de participants, plus de matchs, plus de journées, soit dix jours de compétition supplémentaire et surtout les distances. Certains stades vont être éloignés de plus de 4000 km.
En comparaison, pour la dernière Coupe du monde au Qatar, les émissions étaient de plus de sept millions de tonnes équivalent CO2 selon certaines ONG. Il faut donc s’attendre à une explosion pour la prochaine Coupe du monde car la plus grande distance entre les stades ne dépassait pas les 70km. Pour l’anecdote, l’empreinte carbone par habitant au Québec est de 9,2 tonnes !
On peut donc dire, surtout pour la FIFA qui va engranger 11 milliards de dollars pour l’exercice 2022-2026, que la Coupe est pleine.


