À propos de l'auteur : Robert Frosi

Catégories : Sports

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Robert Frosi

Pour ceux qui en doutent encore, Gianni Infantino est un chef d’État. Quand on trône sur un budget de 13 milliards de $ et que l’on dirige le football mondial, les chefs d’État du monde entier déroulent le tapis rouge pour le président de la FIFA. 

Ceux qui l’accusent de fermer les yeux sur l’attribution de sa Coupe du monde au Qatar, l’un des plus prestigieux et des plus rentables évènements sportifs de la planète, ont mille fois raison. Lors de la Coupe du monde au Qatar, maintes fois décriée, il s’est installé dans une île luxueuse dans ce petit pays du Golfe au mépris de tous les cris des organisations humanitaires qui dénoncent les conditions de travail inhumaines sur les chantiers de la Coupe du monde. 

Depuis le début de l’invasion de Gaza par l’armée israélienne, il n’a jamais voulu exclure l’équipe d’Israël de toutes compétitions comme elle l’avait fait pour la Russie qui avait envahi l’Ukraine. 

On comprend mieux maintenant pourquoi. 

Lors de la journée historique qui a réuni la plupart des chefs d’État en Égypte pour la signature du cessez-le-feu entre Israêl et le Hamas palestinien qui était présent ? Gianni Infantino ! 

Au milieu du président américain Donald Trump, l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, le Canadien Carney ou le Français Macron, le président de la FIFA pose sur la photo. 

C’est à l’invitation du président américain que Gianni Infantino était présent. Rien de plus normal pour celui qui n’a que d’éloges envers l’Américain. Rien de plus normal quand on sait qu’Infantino a soutenu ouvertement la candidature de Trump à deux reprises. Rien de bien surprenant quand on voit que la prochaine Coupe du monde en 2026 a été majoritairement attribuée aux États-Unis et accessoirement au Mexique et au Canada. Il a même déclaré que Trump serait le seul candidat qui devrait recevoir le prix Nobel de la paix. 

Cette affection que le président américain a pour le président du soccer mondial n’est sans doute pas étrangère au fait que la FIFA a ouvert un nouveau bureau à New York, où exactement ? Dans la Trump Tower ! 

Ce statut que Trump réserve à ses « amis » n’est donc pas le fruit du hasard. Ce qui est curieux c’est que, comme au CIO, on devrait être strict selon les statuts sur la notion d’ingérence politique. Force est de constater qu’elle est à géométrie variable de la part des dirigeants sportifs. 

Une situation dénoncé dans le New York Times par Nick McGeehan, directeur du groupe de défense des droits de l’homme FairSquare, 

« Infantino a abandonné toute prétention à la neutralité politique que la FIFA épouse et s’est légalement engagée à respecter, et a mis la FIFA fermement dans le coin de Donald Trump et Benjamin Nétanyahou. » 

Les liens étroits avec la famille Trump vont jusqu’à à avoir invité la fille du président à tirer au sort les équipes de la Coupe du monde des clubs. 

Ce n’est pas la première fois que le président de la FIFA se commet avec des chefs d’État. On l’a vu avec le cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani du Qatar, c’est d’ailleurs dans un avion privé prêté par le Qatar qu’Infantino fait ses déplacements dont celui en Égypte. 

On l’a vu avec le président très contesté du Rwanda, Paul Kagame en vue d’un partenariat qui commence à être florissant en Europe. Les grands clubs européens comme Arsenal ou le Paris Saint-Germain arborent fièrement sur leur maillot, le slogan « Visit Rwanda », une campagne orchestrée par le gouvernement Kagame et dénoncée par les organisations de défense des droits humains. Avec cette publicité invitant le monde à visiter et à découvrir les beautés de son pays, le président Kagame veut cacher aussi une autre réalité moins attrayante pour les visiteurs éventuels. 

Infantino n’est pas à un détail près. On l’a vu également avec le prince d’Arabie Saoudite, normal pourrait-on dire car ce pays va accueillir la Coupe du monde en 2034. Oui mais il l’a obtenue sans appel d’offres ! 

La présence de Gianni Infantino en Égypte est tout sauf fortuite. Il faut également se souvenir qu’il soutenait la politique israélienne bien avant le 7 octobre 2023.  Après l’anéantissement des terrains de sport à Gaza et le fait que plus de 400 joueurs de soccer ont perdu la vie depuis le 27, date de l’invasion de l’armée israélienne à Gaza, la Fédération de football a réclamé en mai 2024, l’expulsion d’Israël de la FIFA (Fédération Internationale). Son président Gianni Infantino a refusé qu’un vote soit tenu sur l’expulsion d’Israël, renvoyant aux calendes grecques sa décision.   

On voit ici très clairement les deux poids et les deux mesures des politiques de la FIFA. À l’époque de l’invasion de l’Ukraine par l’armée russe, le monde du sport a unanimement condamné la Russie et l’a bannie de toutes compétitions internationales.  

La FIFA n’était pas en reste en privant les joueurs russes des plus grands rendez-vous internationaux. Coupe du monde, Coupe du monde des clubs, coupes européennes …  

Si on suit cette logique de bannissement, il faudrait alors l’appliquer à tous les conflits géopolitiques. Pourquoi Israël n’a pas été exclu ? Pourquoi les pays du Golfe comme l’Arabie Saoudite qui sont régulièrement dénoncés pour leurs atteintes aux droits humains ne sont pas exclus des grandes compétitions ? Au contraire, on les récompense en leur offrant une Coupe du monde, ou la tenue de finales sportives.  

Le ballon ne tourne pas forcément rond de la même manière autour du globe. Qu’il soit dégonflé ou pire ensanglanté, la FIFA préfère regarder ailleurs et garder près d’elle, les puissants de ce monde.  

 

 

 

 

 

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