• La guerre commerciale que livrent les États-Unis au reste du monde met à risque un fleuron de l’industrie manufacturière canadienne. Ce n’est pas tant le bois-d’œuvre, ni l’aluminium, l’acier ou le cuivre qui risquent de pâtir, même si ces secteurs souffrent des tarifs douaniers imposés par le président Donald Trump. C’est avant tout l’industrie automobile qui est menacée de panne sèche. L’abandon du rêve Northvolt par Québec ne doit pas éclipser le véritable enjeu de l’offensive américaine: concentrer davantage aux États-Unis la fabrication des véhicules qui roulent sur les routes de l’Oncle Sam.

  • Deux fois valent mieux qu’une, selon l’adage. Après sa tentative ratée d’imposer unilatéralement des droits de douane « réciproques » dont l’entrée en vigueur avait été présentée comme « Jour de Libération », le président Donald Trump est parvenu à mettre sur rails son programme protectionniste tous azimuts, le 1er août avec la plupart des pays. Le Canada et le Mexique, largement épargnés jusqu’ici grâce à l’accord de libre-échange qui les lie tous deux avec l’économie américaine, l’ACEUM, ne peuvent se permettre de rester les bras croisés pour autant.

  • Repli stratégique pour les uns, capitulation pour les autres, la décision surprise du gouvernement de Mark Carney d’annuler par un beau dimanche soir sa taxe de 3 % sur les services numériques n’est pas sans conséquences. En pliant devant Washington, elle permet la reprise immédiate des négociations en vue de conclure un accord économique global qui mettrait fin aux tarifs douaniers sur l’acier, l’aluminium et les produits de l’industrie automobile, dans le meilleur des cas.

  • Le mot en R est presque aussi tabou dans les milieux économiques et politiques que celui en N dans le monde de la rectitude. On évoque plutôt un ralentissement à prévoir dans un contexte de guerre commerciale et on souligne à grands traits les mesures de relance, les réformes structurelles pour assurer la croissance de demain ou plutôt d’après-demain. Pourtant, il ne faut pas hésiter à appeler un chat un chat quand vient le temps de décrire la période morose dans laquelle nous sommes entrés.

  • Après l’abaissement de la note de crédit du Québec par l’agence new-yorkaise Standard & Poor’s, place à la remise en question de certaines décisions du gouvernement de François Legault et à la recherche de solutions. Parmi celles-ci, le premier ministre canadien nouvellement élu Mark Carney en a laissé miroiter une durant la campagne électorale. Reste à voir si les caquistes sauront saisir cette perche inespérée.

  • Jusqu’où l’escalade douanière va-t-elle bouleverser le commerce mondial ? Seul Donald Trump semble détenir la réponse, bien que personne ne sache à coup sûr s’il en a une idée claire ou s’il fonctionne par coups de tête. L’occupant de la Maison-Blanche détient des atouts indéniables dans ce rabattage des cartes dans les échanges internationaux, mais il n’incarne pas pour autant encore le maître incontesté du jeu comme il le prétend. La veille du « Jour de la Libération », il s’est vanté devant un parterre partisan que plusieurs dirigeants lui « lèchent le cul » (1) pour négocier un arrangement bilatéral. Beaucoup même, mais pas tous. La Chine a plutôt choisi de relever le gant et de riposter. Et ça n’augure rien de bon.

  • Avec Donald Trump, on ne se trompe pas : chaos et incertitudes noircissent l’horizon. Pour les planificateurs financiers, et les grands argentiers des gouvernements tout particulièrement, le défi réside dans l’art de naviguer dans la tempête, d’éviter les écueils et de limiter les dégâts.

  • The Metals Company (TMC), une minière canadienne basée à Vancouver appelle au secours l’administration Trump pour circonvenir l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) et extraire des nodules métallifères du fond de l’océan Pacifique en violation des règles de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

  • Au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes déjà sans doute beaucoup plus étourdi encore que moi quand je les écris. Jour après jour depuis le 21 janvier, le président  Donald Trump multiplie annonces, déclarations, décrets, intimidations, menaces, mensonges  et … changements de cap impromptus qui n’ont pour seuls résultats ou objectifs que de mettre le Canada sur le qui-vive, de propager le chaos, tant chez nous qu’à l’étranger et qu’au sein même des États-Unis.

  • Les foules huent l’hymne américain lors de joutes de hockey à Montréal, Ottawa et Vancouver, de basket-ball à Toronto. En Ontario, un fromager canadien, Black Diamond, déploie des affiches arborant le slogan « Fait avec 0 % de fromage américain ». Tandis qu’au Québec, la bière Boréal défie les USA avec le slogan « Je bois local mon Donald ». Entretemps, le géant américain de l’alimentation Heinz fait passer de la publicité à la télé informant le public anglophone que les tomates de son ketchup sont à 100 % canadiennes. Entre Canadiens et Américains, le courant ne passe plus.