Le journalisme n’est pas à l’article de la mort mais… La démocratie a le hoquet. Année après année, Reporters sans frontières (RSF) a beau tirer la sonnette d’alarme, la réaction du grand public reste la même : et alors ? Comment peut-il en être autrement à l’heure de tous les cynismes et de la crise mondiale de l’attention (ou de l’inattention !) ? La « cote de popularité » des médias et celle du politique est, depuis belle lurette, au plus bas. Plus que jamais le citoyen choisit de s’informer sur les plateformes sociales, de simplifier à outrance, de faire fi de la nuance et de bouder les urnes.
Le retour des beaux jours vous fait déjà rêver d’un épi de blé d’Inde chaud à croquer à belles dents par un beau et tiède soir d’été ? Rien de plus normal. Ce qui l’est beaucoup moins en revanche, c’est de devoir payer davantage cette année pour s’offrir ce plaisir estival, jusqu’ici à la portée de toutes les bourses ou presque. L’an prochain, le maïs pourrait même devenir un aliment de luxe, si la situation ne change pas bientôt du tout au tout. L’agression israélo-américaine qui paralyse le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a entraîné une poussée des prix du pétrole et du gaz naturel. Pour les agriculteurs, l’essence et surtout le diesel sont des intrants de prime importance, surtout durant la présente saison des semis.
Il y a un an, En-Retrait exposait un trait de caractère de Donald Trump qui s'apparentait à un trouble de personnalité pathologique, soit un narcissisme malin. La vengeance contre des personnalités s'étant opposées à lui et la persécution des migrants relevant d'un sadisme symptomatique de cette déviance. Nous nous basions sur l'analyse d'une trentaine d'experts qui avaient mis en garde les Américains sur les dangers présumés de sa santé mentale en 2017. Aujourd'hui, plus de la moitié des Américains croient que leur président n'est pas mentalement apte à la fonction !
À l’approche du 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis d’Amérique, le successeur de George Washington a reçu le successeur de George III dans les ors de la Maison-Blanche. L’ironie de cette rencontre, c’est que le premier agit souvent comme un monarque absolu tandis que le second évite autant que possible de faire des gestes politiques, parce qu’il n’en a pas le droit, n’ayant jamais été élu. Autrement dit, le « président qui voudrait être roi » a reçu le roi qui plante des arbres et des légumes bio et qui s’en tient au rôle qui lui est assigné par les règles en vigueur au Royaume-Uni.
Commencée en 2012, la guerre du Mali connaît ces dernières semaines un important regain de tension. Le 25 avril, les djihadistes du JNIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans. et les rebelles indépendantistes du FLA, le Front de libération de l’Azawad, ont mené une série d’attaques concertées d’une ampleur inédite contre plusieurs villes du pays. Le numéro deux du régime, le ministre de la Défense Sadio Camara, a été tué dans un attentat-suicide et la ville de Kidal, dans le nord du pays, est tombée, forçant le départ des troupes de l’armée malienne et des mercenaires russes de l’Africa Corps. D’autres massacres ont suivi ces deniers jours et la capitale, Bamako, demeure soumise à un blocus. Les groupes djihadistes attaquent les convois de marchandises, empêchant le ravitaillement de cette ville de plus de trois millions d’habitants. Des voyageurs sont bloqués sur les routes depuis plusieurs jours et des cargaisons de nourriture périssent, ne pouvant être livrées.
L’automne dernier, trois pays pauvres, le Népal, Madagascar et le Pérou, ont vécu des révoltes de la génération Z ralliée derrière le drapeau pirate de Luffy, le héros d’un manga japonais universellement connu des moins de 30 ans. Trois révoltes qui ont entraîné la chute des dirigeants, le président Andry Rajoelina à Antananarivo, la présidente Dina Boluarte à Lima et le premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli à Katmandou. Six mois plus tard, les lendemains qui chantent se font toujours attendre.
Le désenchantement démocratique est grand. Tourner le dos aux urnes est une tendance lourde. À chaque rendez-vous électoral, l’expression de la souveraineté du peuple bat de l’aile dans la plupart des pays occidentaux. Les raisons sont multiples. Désengagement, perte de confiance dans les institutions politiques, civisme en panne, faible niveau d’instruction, insertion sociale difficile … ou tout simplement « « pas intéressé par la politique ». Alors ? Dans une vingtaine de pays, voter est certes un droit et un devoir civique, mais surtout une obligation. Sous peine d’amende.
La délégation américaine aura donc quitté Islamabad au terme d’une seule journée de négociations sans qu’un accord ne soit conclu. Mais le cessez-le-feu est maintenu, pour le moment du moins, et tant l’Iran que les États-Unis se montrent soucieux de trouver une sortie de crise. Téhéran laisse d’ailleurs clairement entendre que de nouveaux pourparlers demeurent possibles. Une chose est sûre, Trump a beau répéter que la victoire lui est déjà acquise, « l’excursion » américaine s’est révélée beaucoup plus ardue que prévu et le régime iranien demeure en place. Les services de renseignement américains estiment même que le conflit est venu consolider le pouvoir des Gardiens de la révolution. Si un certain flou entoure la suite des choses, il est sans doute utile de se tourner vers le passé afin de jeter un regard sur les principaux événements qui ont mené à l’émergence de ce régime théocratique qu’une majorité de la population iranienne souhaite voir disparaître.
Les Guides suprêmes et les dirigeants de l’Iran se succèdent au rythme implacable des assassinats extrajudiciaires, mais au cœur du régime, une institution tient toujours tête à Trump et Netanyahu, les « Pasdaran », les Gardiens de la Révolution islamique. Qui sont leurs membres et les USA et Israël ont-ils raison de croire qu’un soulèvement populaire contre eux est possible ? J’ai rencontré mes premiers Pasdaran quinze jours après la chute, le 9 avril 2003, du régime de Saddam Hussein. Mon rôle dans la couverture radio-canadienne de cette guerre se limitait à l’aspect chi’ite du conflit. J’avais profité d’un passage à Londres quelques semaines plus tôt pour prendre langue avec des représentants du parti Al-Dawa, sympathisants d’un des principaux leaders de l’opposition irakienne, l’ayatollah Mohammed Baqir Al-Hakim, réfugié depuis deux décennies en Iran. Une fois à Téhéran où m’avait dépêché mon employeur, ces contacts m’avaient ouvert les portes de la filière chi’ite irakienne.
Étrange époque que la nôtre. Voilà maintenant des mois que le monde est confronté aux fracas induits par un homme qui dirige la destinée de la puissance des puissances en jonglant avec le chaud pendant une heure avec le froid l’heure suivante. La rationalité ? Le principe de réalité ? Le droit international ? Donald Trump les a remisés au rang des fictions, des légendes, des fadaises. Étrange et de fait vertigineux. Voilà que ces jours-ci, il a récidivé. À la 25e heure, il a imprimé sur le cours de l’Histoire dont il est le principal acteur un changement de cap. Le matin du 7 avril il menaçait d’annihiler la civilisation iranienne et au soir, il annonçait qu’un accord de cessez-le-feu d’une durée de 15 jours avait été signé avec le royaume perse et Israël.

