Cent jours depuis que Donald Trump a pris les commandes de cette immense puissance dont les habitants lui ont confié la charge. Avaient ils vraiment conscience en déposant leurs bulletins de vote qu’ils choisissaient un homme qui dès le premier jour adopterait ce comportement de vieux gamin colérique, rancunier et destructeur qui marque le début de son second mandat ?
Il y a plus de soixante-dix ans, je suis allé aux États-Unis pour la première fois. Ça crée des liens, dorénavant rompus. Longtemps, j’ai été aussi Américain qu’un non-Américain puisse l’être. À Beebe, le village où mes parents ont grandi et se sont mariés, la rue principale, c’est la rue Canusa, pour Canada-USA. Elle divise Beebe, Québec de Beebe, Vermont.
Jusqu’où l’escalade douanière va-t-elle bouleverser le commerce mondial ? Seul Donald Trump semble détenir la réponse, bien que personne ne sache à coup sûr s’il en a une idée claire ou s’il fonctionne par coups de tête. L’occupant de la Maison-Blanche détient des atouts indéniables dans ce rabattage des cartes dans les échanges internationaux, mais il n’incarne pas pour autant encore le maître incontesté du jeu comme il le prétend. La veille du « Jour de la Libération », il s’est vanté devant un parterre partisan que plusieurs dirigeants lui « lèchent le cul » (1) pour négocier un arrangement bilatéral. Beaucoup même, mais pas tous. La Chine a plutôt choisi de relever le gant et de riposter. Et ça n’augure rien de bon.
Avec Donald Trump, on ne se trompe pas : chaos et incertitudes noircissent l’horizon. Pour les planificateurs financiers, et les grands argentiers des gouvernements tout particulièrement, le défi réside dans l’art de naviguer dans la tempête, d’éviter les écueils et de limiter les dégâts.
Tomàs de Torquemada avait marqué l’histoire du XV e siècle en particulier et de l’histoire tout court en ayant été Inquisiteur Général d’Espagne. À ce titre, il avait imprimé sur le cours des choses, torture aidant, le culte de l’antisémitisme, la haine du musulman, du différent quel qu’il soit. Sous ses ordres, celui qui ne se soumettait pas devait être brutalisé, violenté, pour dire le moins. Russell T. Vought, directeur du très puissant Bureau de la gestion et du budget (Office of Management and Budget), en est l’héritier direct, la copie carbone.
The Metals Company (TMC), une minière canadienne basée à Vancouver appelle au secours l’administration Trump pour circonvenir l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM) et extraire des nodules métallifères du fond de l’océan Pacifique en violation des règles de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.
Le chaos généré par les décisions absurdes de Donald Trump a semé la panique dans bien des sphères des sociétés démocratiques. En matière de défense, le révisionnisme de l’administration MAGA et son adultère consommée avec la Russie forcent les États à revoir leur rôle et leurs priorités pour assurer leur sécurité nationale. Le Canada n’est pas en reste. Il y a même urgence sur un choix déterminant, l’avenir du chasseur furtif F-35, pour renouveler la flotte des F-18 arrivés à maturité.
Marco Rubio a confirmé le 28 mars la dissolution de facto de l’USAID. L’Agence des États-Unis pour le développement international « s’est éloignée depuis longtemps de sa mission initiale», a déclaré le secrétaire d’État américain. Depuis le 20 janvier, l’aide étrangère est gelée et ce pendant 90 jours, plongeant notamment les ONG chrétiennes américaines dans le plus grand désarroi.
Le plus grand cerveau de l’histoire de l’humanité n’aurait pas réussi à imaginer autant de mesures que Donald Trump ne l’a fait en moins de cent jours. Tout ça ne peut pas provenir d’une seule tête, aussi grosse soit-elle. D’un coup de crayon-feutre, Trump a gracié des criminels; d’un autre, il a interdit les pailles en papier pour ramener les pailles en plastique. Dans une autre séance de photos, il a annulé des pardons que son prédécesseur avait accordés.

