• Nous vivons désormais dans un monde dominé par trois empires dictatoriaux, la Chine, la Russie et les États-Unis, où les idées dissidentes sont proscrites, où les systèmes de justice indépendants sont attaqués par l’État, où les élections libres sont réprimées, où le contrôle de la pensée sévit dans les écoles et les universités, où les gens croupissent dans des geôles ou sont déportés sans accusation ni accès à des avocats indépendants et où la sexualité des individus est placée sous contrôle étatique.

  • Il y a 30 ans, le 19 avril 1995, Timothy McVeigh avance un camion piégé bourré de 2200 kilos d’explosifs devant l’édifice fédéral Alfred P. Murrah d’Oklahoma City. À 9:02, la charge explose et pulvérise instantanément la moitié du bâtiment de neuf étages. Bilan : 168 morts dont une trentaine d’enfants à la garderie ce matin-là, et près de 700 blessés. Reconnu coupable, McVeigh sera exécuté six ans plus tard. Aujourd’hui, sa haine du gouvernement est toujours bien vivante.

  • Les réseaux sociaux n’en finissent plus de cracher la grogne de voyageurs, même de grands fans des États-Unis, qui ont décidé de bouder nos voisins du Sud, voire d’y annuler une visite. Des chroniqueurs s’évertuent à suggérer des destinations alternatives à des sites américains. Des vedettes annoncent en grande pompe quitter ce pays au vu d’un feu roulant de trumperies. Quand ce ne sont pas des touristes états-uniens chez nous « excusant » les tribulations de leur imprévisible gouvernement. Sans compter que les nouvelles exigences inquisitrices à la frontière ont jeté un froid chez les plus enthousiastes à la franchir. Un mouvement qui se révélera pérenne, ou une moue passagère qui ne résistera pas aux attractions prisées des Québécois ?

  • Depuis quelques années, la région située au nord du cercle arctique fait parler d’elle comme jamais auparavant. Le réchauffement planétaire y est pour beaucoup: la fonte de la glace de mer a ouvert ou promet de rendre plus praticables de nouvelles routes maritimes dans un coin de la planète où le Canada croyait jusqu’à récemment exercer une souveraineté incontestable.

  • Au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes déjà sans doute beaucoup plus étourdi encore que moi quand je les écris. Jour après jour depuis le 21 janvier, le président  Donald Trump multiplie annonces, déclarations, décrets, intimidations, menaces, mensonges  et … changements de cap impromptus qui n’ont pour seuls résultats ou objectifs que de mettre le Canada sur le qui-vive, de propager le chaos, tant chez nous qu’à l’étranger et qu’au sein même des États-Unis.

  • Les foules huent l’hymne américain lors de joutes de hockey à Montréal, Ottawa et Vancouver, de basket-ball à Toronto. En Ontario, un fromager canadien, Black Diamond, déploie des affiches arborant le slogan « Fait avec 0 % de fromage américain ». Tandis qu’au Québec, la bière Boréal défie les USA avec le slogan « Je bois local mon Donald ». Entretemps, le géant américain de l’alimentation Heinz fait passer de la publicité à la télé informant le public anglophone que les tomates de son ketchup sont à 100 % canadiennes. Entre Canadiens et Américains, le courant ne passe plus.

  • Selon le compte du Washington Post, lors de son premier mandat, Donald Trump a diffusé 30 537 mensonges. Une moyenne de 21 inepties par jour. Mais comme il a passé une journée sur cinq sur son terrain de golf, certains jours étaient donc plus frénétiques. Durant cette présidence inattendue et improvisée, c’était davantage une mauvaise blague. Mais cette liberté de colporter n’importe quoi a fini par le ramener au pouvoir et aujourd’hui … elle tue.

  • Du 12 mars 1947, soit le début de la Guerre froide, au 26 décembre 1991, soit son terme, l’Union soviétique et ses milliers d’espions et compagnons de route, l’URSS et ses millions de soldats, s’employa à détacher l’Europe des États-Unis. Comme chacun sait, elle n’y est jamais parvenue. En deux dates et autant de gestes posés auxquels se sont greffés les propos formulés par Donald Trump et ses vassaux pendant six semaines, ce dernier a donné à Vladimir Poutine, l’ex-espion du KGB qui n’a jamais digéré la disparition de l’URSS, ce dont il rêvait : la division entre les États-Unis et l’Europe. Et ce, sans bouger le petit doigt.

  • Le lieu est solennel, le moment était solennel. Le président des États-Unis d’Amérique s’adressait aux deux Chambres du Congrès réunies. À la nation. Au monde. D’un ton trumpien : «Nous avons fait plus en 43 jours que la plupart des présidents en quatre ans ou huit ans .» Renommer le Golfe du Mexique en Golf of America est aussi puéril qu’impérialiste. Ou le contraire. Donald Trump en a rajouté dans son premier discours au Congrès depuis son humiliante défaite électorale de novembre 2020.