Au printemps 1990 en compagnie de Gilles Gougeon au cours d’un reportage en Roumanie, nous rendions compte des soubresauts de ce pays bouleversé par les événements qui ponctuaient la fin du monde communiste. Sur le chemin du retour, passant par Budapest, je pris rendez-vous dans une pâtisserie avec une vieille tante. Julia avait survécu à deux guerres mondiales. Elle faisait partie de ces gens qui, darwinisme aidant, avaient acquis un sérieux instinct politique. Elle me fit cette prédiction qui, il faut le dire, mit quelque temps à se réaliser : « Les États-Unis et l’URSS sont en équilibre comme les deux arches d’une voûte, quand l’une d’elle s’effondrera, il y a bien peu de chance que l’autre reste intacte.»
Le 20 janvier dernier devant des milliers de partisans républicains rassemblés au Capital One Arena à Washington pour fêter le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Elon Musk, l’homme le plus riche au monde, a fait le salut nazi. Histoire de bien souligner où logent ses inclinations politiques, il a répété ce geste dans la minute. Le lendemain, une ribambelle d’éditorialistes visiblement habités par l’esprit munichois, par des pudeurs de gazelle, ont avancé que le geste n’était pas nazi. Bref, on a eu droit, c’est un constat, à une énième valse de sophistes.
Dès son élection en novembre, Donald Trump a semé l’émoi parmi les rangs canadiens. Le premier ministre ontarien Doug Ford a immédiatement proposé de ne plus inviter le Mexique à la table, pays qu’il a traité avec mépris, même si c’est un membre à part entière de l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM). Heureusement, la nouvelle présidente Claudia Sheinbaum a poliment mais fermement remis le malotru à sa place. Elle a rappelé que le Mexique avait insisté pour que le Canada fasse partie du nouvel accord alors que les États-Unis et le Mexique avaient complété leur négociation.
Même provenant d’un menteur, les mots ont un sens. Ceux prononcés par Donald Trump dans son discours d’investiture ont un sens inique. Les lire amène à espérer qu’il s’agit d’un mauvais rêve. Les écrire oblige à conclure à un vrai cauchemar : il a dénoncé « l’utilisation vicieuse, violente et injuste du Ministère de la Justice contre des opposants politiques(…) Plus jamais, l’immense pouvoir de l’État ne servira à persécuter des adversaires politiques, une situation que je connais bien. Nous ne permettrons pas que ça se reproduise. Cela n’arrivera plus. Sous ma gouverne, nous ramènerons une justice égale, équitable et impartiale sous la Constitution et la règle de droit. »
On les appelait les Ice Skating Sisters. Everly et Alydia Livingston étaient membres du Washington Figure Skating Club. À 14 et 11 ans, elles étaient considérées comme d’éventuels espoirs olympiques. Leurs parents, Donna et Peter, se faisaient un devoir de les suivre le plus possible lors des compétitions. Ce championnat national au Texas aura été le dernier de la famille.
Depuis son arrivée au pouvoir à Buenos Aires fin 2023, on a souvent comparé le président Javier Milei à Donald Trump, redevenu récemment le big boss de la Maison Blanche. Les deux chefs d’État semblent avoir beaucoup en commun, bien que leurs contextes sociaux, politiques et nationaux respectifs diffèrent. Mais une chose ressort grandement des effets de leurs deux présidences, ce côté anxiogène parfois dominant, que provoque cette présence à la tête de leur pays.
The British Invasion ! Les médias américains avaient vite qualifié ainsi l’arrivée des Beatles, Rolling Stones et autres groupes venus d’un archipel brumeux européen. Une soixantaine d’années plus tard, cette ruée britannique se fait dans les salles de rédaction de l’Oncle Sam.
Les deux J politiques n’ont rien de comparable : leur origine et leur parcours sont tout aussi différents que leur culture et leur âge. Ce qui fait des jumeaux politiques de JoeJus, c’est leur fin également pathétique. Surtout pour leurs pays respectifs.
Le 10 janvier 2025 au matin, le juge Juan Merchan, soit le magistrat qui a présidé le procès intenté à Donald Trump par le parquet de Manhattan pour fraude électorale impliquant notamment une actrice porno, a rendu sa sentence. Sa conclusion ? Trump est un criminel. Une sentence assortie d’une bizarrerie, c’est le moins que l’on puisse dire, puisque le criminel va jouir d’une « libération inconditionnelle » (unconditionnal discharge).

