Le 22 juillet dernier John Mayall est mort. Il avait 90 ans. C’est bête à dire, mais on se doutait depuis quelque temps qu’il était à deux doigts de jouer la dernière note. On s’en doutait pour une raison aussi simple que nette : il y a un an et trois mois, ce Britannique vétéran de la guerre de Corée avait annoncé qu’il mettait un terme aux tournées.
Par deux fois, le président français Emmanuel Macron vient d’être clairement désavoué par la plupart de ses concitoyens. D’abord début juin aux élections européennes, les partisans de la « macronie » n’ont obtenu que 14,6 % des voix, contre 22,4 % en 2019. Dépité par ce score, Macron a alors dissous l’Assemblée législative dès la publication des résultats le soir du 9 juin. Cette décision l’a conduit à une deuxième défaite au deuxième tour, le 7 juillet, avec 23,15 % des voix contre 25,75 % aux législatives de 2022.
Attention ! Un éléphant vient d’entrer dans un magasin de porcelaine ! Viktor Orbàn assume depuis le 1er juillet et pour six mois la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne. Depuis 14 ans qu’il dirige la Hongrie, il a cherché à tout casser sur son passage. Populiste de droite, eurosceptique, le sulfureux premier ministre de 61 ans a toujours ouvertement attaqué les « bourreaux excités » du Parlement européen, à ses yeux un repaire de « libéraux et gauchistes ».
Pied de nez à la justice espagnole réussi, hurlements de rage à droite, l’ex-président de la Catalogne Carles Puigdemont est rentré d’un exil de sept ans en évitant tous les barrages de police … dans le véhicule d’un policier catalan ! Il a même réussi à se payer une allocution électrisante devant ses partisans en plein milieu de Barcelone, à deux pas du Parlement régional, avant de disparaître dans la foule et d’échapper de justesse à ses poursuivants … grâce à un feu de circulation ! Il a depuis franchi la frontière française pour rentrer à son domicile de Waterloo, en Belgique.
Certains esprits chagrins, pourront penser qu’il faut qu’un journaliste ait l’esprit passablement tordu pour laisser croire au lecteur qu’il publie une enquête journalistique déguisée en roman épistolaire alors qu’au fil de la lecture on se rend compte qu’il s’agit d’un roman déguisé en enquête journalistique. De plus, quand, progressant dans l’ouvrage, on réalise que le cœur du roman est constitué d’éléments de la réalité d’importance majeure, issus d’une très sérieuse recherche historico-journalistique, on peut rester un tantinet perplexe. Le contraste entre la désinvolture de la forme et le sérieux du propos est pour le moins déstabilisant.
L’actualité guerrière fait parfois remonter des souvenirs de lecture qui recouvrent de leur ombre une situation politique dont on ne sait l’issue. Ainsi en est-il de la relecture de l’histoire d’un homme qui veut maigrir. Sous la plume de Benny Barbash, Little Big Bang (Zulma, Paris, 2011, 176 pages), une ode à la terre ancestrale. Loin du qui-a-tort-qui-a-raison et de la violence inouïe entre mer et Jourdain.
Vu au cinéma Beaubien, dans une de ses micro-salles, malheureusement, L’été dernier de Catherine Breillat, la « sulfureuse » réalisatrice française de retour derrière la caméra à 76 ans, après un AVC il y a dix ans. Chapeau ! Le film raconte la relation passionnée entre Anne, une jolie quinquagénaire en fleurs et froide avocate spécialisée dans la protection de l’enfance et son beau-fils, Théo, un adolescent de 17 ans, beau, ténébreux, instable, révolté contre son père.
Il y a tout d’abord le lieu : la bibliothèque Lyndon B. Johnson située à Austin au Texas. Il y a ensuite l’événement : le 29 juillet 2024 s’avère le 60e anniversaire de la Loi sur les droits de vote, le Civil Rights Act, soit la législation emblématique du combat pour les droits civiques pour laquelle Johnson s’est battu avec plus d’ardeur que John F. Kennedy. Il y a surtout, en ce lieu et en ce jour, la réforme de la Cour suprême déclinée par Joe Biden.
Dans l’oreille d’un journaliste du New York Times, Robby Mook, directeur de la campagne d’Hillary Clinton en 2016, a confié son admiration pour le travail effectué par Kamala Harris dans les heures suivants le retrait de Joe Biden en qualifiant ces dernières: « Un 48 heures parfait. » Déclinons celles-ci.
Au cours des 23 jours qui ont suivi la performance affligeante de Joe Biden lors de son débat avec Donald Trump le 27 juin dernier, le président n’a pas cessé de souligner qu’il n’envisageait pas du tout abandonner la course. Au cours des 21 jours qui ont suivi le débat évoqué, les caciques du Parti démocrate, les leaders du Congrès avant tout, ayant une opinion différente de leur grand chef, ont observé le principe de réalité pour mieux le greffer ensuite au principe de précaution.

