Accueil2025-03-12T21:26:34+00:00

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Rien n’est joué

Un nouveau chef au Parti libéral du Canada (PLC), un nouveau premier ministre à la tête du gouvernement fédéral, un nouveau cabinet, une campagne électorale imminente, les évènements s’enchaînent à Ottawa à une vitesse folle dans un climat de crise et d’extrêmes tensions avec la nouvelle administration à Washington. Mark Carney a été élu pour succéder à Justin Trudeau par une écrasante majorité des quelque 150 000 militants libéraux qui ont pris part au vote. Cette victoire survient au terme d’une course plutôt terne au cours de laquelle il ne s’est pas particulièrement illustré, ni par son charisme ni par la clarté de son plan d’action.

La photographie du mois (Mars 2025)

Avril 2011, un jeune Justin Trudeau alors candidat à sa réélection comme député libéral effectue une tournée de porte à porte dans sa circonscription de Papineau. Élu pour la première fois en 2008, réélu trois ans plus tard dans cette « forteresse rouge »,  il aimait rappeler ceci aux 100 000 habitants de l’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension : « Si ce n’était des gens de Papineau, je ne serais pas ici. » Le 12 mars 2025, après dix ans à la tête du Canada comme 23e premier ministre, il a quitté son poste avant terme sous la pression des membres de son parti.

Trump et le Canada : un épuisant casse-tête

Au moment où vous lisez ces lignes, vous êtes déjà sans doute beaucoup plus étourdi encore que moi quand je les écris. Jour après jour depuis le 21 janvier, le président  Donald Trump multiplie annonces, déclarations, décrets, intimidations, menaces, mensonges  et … changements de cap impromptus qui n’ont pour seuls résultats ou objectifs que de mettre le Canada sur le qui-vive, de propager le chaos, tant chez nous qu’à l’étranger et qu’au sein même des États-Unis.

Le réveil du nationalisme canadien

Les foules huent l’hymne américain lors de joutes de hockey à Montréal, Ottawa et Vancouver, de basket-ball à Toronto. En Ontario, un fromager canadien, Black Diamond, déploie des affiches arborant le slogan « Fait avec 0 % de fromage américain ». Tandis qu’au Québec, la bière Boréal défie les USA avec le slogan « Je bois local mon Donald ». Entretemps, le géant américain de l’alimentation Heinz fait passer de la publicité à la télé informant le public anglophone que les tomates de son ketchup sont à 100 % canadiennes. Entre Canadiens et Américains, le courant ne passe plus.

La liberté d’expression qui tue

Selon les comptes du Washington Post, lors de son premier mandat, Donald Trump a diffusé 30 537 mensonges. Une moyenne de 21 inepties par jour. Mais comme il a passé une journée sur cinq sur son terrain de golf, certains jours étaient encore plus frénétiques . Durant cette présidence inattendue et improvisée, c’était davantage une mauvaise blague. Mais cette liberté de colporter n’importe quoi a fini par le ramener au pouvoir et aujourd’hui ... elle tue.

Bye bye

Du 12 mars 1947, soit le début de la Guerre froide, au 26 décembre 1991, soit son terme, l’Union soviétique et ses milliers d’espions et compagnons de route, l’URSS et ses millions de soldats, s’employa à détacher l’Europe des États-Unis. Comme chacun sait, elle n’y est jamais parvenue. En deux dates et autant de gestes posés auxquels se sont greffés les propos formulés par Donald Trump et ses vassaux pendant six semaines, ce dernier a donné à Vladimir Poutine, l’ex-espion du KGB qui n’a jamais digéré la disparition de l’URSS, ce dont il rêvait : la division entre les États-Unis et l’Europe. Et ce, sans bouger le petit doigt.

America is back !

Le lieu est solennel, le moment était solennel. Le président des États-Unis d’Amérique s’adressait aux deux Chambres du Congrès réunies. À la nation. Au monde. D’un ton trumpien : «Nous avons fait plus en 43 jours que la plupart des présidents en quatre ans ou huit ans .» Renommer le Golfe du Mexique en Golf of America est aussi puéril qu’impérialiste. Ou le contraire. Donald Trump en a rajouté dans son premier discours au Congrès depuis son humiliante défaite électorale de novembre 2020.

De la dérive des continents

Au printemps 1990 en compagnie de Gilles Gougeon au cours d’un reportage en Roumanie, nous rendions compte des soubresauts de ce pays bouleversé par les événements qui ponctuaient la fin du monde communiste. Sur le chemin du retour, passant par Budapest, je pris rendez-vous dans une pâtisserie avec une vieille tante. Julia avait survécu à deux guerres mondiales. Elle faisait partie de ces gens qui, darwinisme aidant, avaient acquis un sérieux instinct politique. Elle me fit cette prédiction qui, il faut le dire, mit quelque temps à se réaliser : « Les États-Unis et l’URSS sont en équilibre comme les deux arches d’une voûte, quand l’une d’elle s’effondrera, il y a bien peu de chance que l’autre reste intacte.»

Double secousse tellurique en Allemagne

L’Allemagne a retenu son souffle tout au long de la campagne électorale éclair qui s’est terminée le 23 février par la victoire claire et nette de la coalition conservatrice du CDU-CSU de Friedrich Merz. « Seule » ombre au tableau : le deuxième parti devant siéger au Bundestag (Parlement) est néo-nazi.  Par ailleurs, si depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont fait la pluie et le beau temps en matière de défense en Europe avec leur parapluie nucléaire, l’Allemagne se questionne sur le soutien de l’« ami américain » dans la durée.

Minéraux (et situation) critiques au Congo

Deux villes importantes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont tombées aux mains des forces rebelles depuis le début de l’année : Goma, la capitale du Nord-Kivu, deux millions d’habitants, est passée sous le contrôle du M23 le 28 janvier, tandis que Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, 1,3 million d’habitants, a subi le même sort le 14 février. Les deux provinces sont riches en minéraux convoités par les nouvelles industries technologiques.

Le linguicide universel vu par un Catalan français

Joan-Lluís Lluís a beau être né à Perpignan et y habiter, c’est à Barcelone qu’on publie et qu’on honore ce romancier, lauréat des principaux prix de la littérature catalane, le prix Òmium (« Junil », 2021) et le prix Sant Jordí (« Jo soc aquell que va matar Franco », 2018). Il avait déjà secoué le cocotier de l’absolutisme français dans un pamphlet de 2002 joliment intitulé « Conversation avec mon chien sur la France et les Français », il récidive cette saison, mais sur un plan beaucoup plus théorique cette fois-ci, avec « Balla amb Babel — Contra l’absolutisme lingüistic » (danse avec Babel, contre l’absolutisme linguistique)

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Jeannette au pilori

Au panthéon des légendes historiques, on peut dénicher quelques canailles. Et ce, malgré l’auréole qui fait s’extasier les exaltés qui les vénèrent. Parfois la réputation de ces êtres quasi mythiques vacille dès que l’on s’intéresse de près aux exploits rarement retenus par la version de vie vénérée par les dévots. Suffit pour cela de faire dévier de quelques centimètres le regard porté sur les principaux épisodes d’une existence prétendument hors du commun pour découvrir des faits gênants laissés sur le bas-côté. Ainsi en est-il de Jeannette, un surnom dont on affubla enfant Winston Churchill lors d’un séjour en France.

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Une pluie de louanges

Que dire d’un auteur comme Jean Echenoz qui a été chroniqué à foisons, de son premier ouvrage en 1979 jusqu’au plus récent en début de 2025, avec en supplément d’âme un Cahier de l’Herne à lui consacré, sinon témoigner de l’admiration profonde qui sourd pour celui qui sait raconter dans un style tout à fait singulier. Déclarer que l’œuvre de Jean Echenoz est une cathédrale narrative revient à affirmer que voilà une prose au style unique en français contemporain.

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Non mais, quel monde !

Par où commencer ? Par cet ensemble miteux d’Habitations pour Locataires Miséreux où s’entassent des squatters en essayant de survivre sans trop faire de bruit ? Par le malheur ordinaire quotidien ? Par l’espoir plutôt d’une certaine justice, malgré tout ? Ou par cette série d’assassinats qui fout la trouille à toute la ville ? Ou encore par le vent de panique — « C’est les Arabes ! Il faut les renvoyer chez eux ! — qui s’empare bien vite de cette histoire pour lui donner, à travers ce que sont devenus les médias, des airs de démonstration de la bêtise humaine … C’est à tout cela et à bien plus encore que nous convie Le tueur au caillou d’Alessandro Robecchi qui sort ces jours-ci en édition de poche.

Un film à quatre mains sur Maurice Richard « qui score tout le temps » !

Vu hier après-midi : Maurice le dernier documentaire de mon copain Serge Giguère. Le Maurice du titre c’est le prénom du grandissime et mythique joueur de hockey du Canadiens de Montréal : Maurice Rocket Richard. Il a joué pour le CH de 1942 à 1960 et l’équipe, avec lui, a remporté huit coupes Stanley! Ah quelle belle époque ! C’est Robert Tremblay, cinéaste farouchement indépendant, anticonformiste, sensible aux plus humbles et pour qui le sport est «la forme plus universelle de la culture » qui est à l’origine de ce film dont la production aura duré 35 ans !

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