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Infusion orientale
Dans un certain temple bouddhiste de Kyoto, la cérémonie du thé revêt un sens tout particulier les jours de plein soleil lorsque l’astre pointe à l’horizon dans un angle bien précis pour que les moines puissent le voir briller au fond de leur bol au moment de le vider de son contenu, le vert jade de la pâte de verre se confondant un instant avec celui du liquide qui bientôt va être englouti. Le temps alors suspendu confirme bien que « l’harmonie est le bien le plus précieux ».
Non mais, ça suffit !
Au moment d’écrire ces lignes, début septembre, on comptait déjà douze (12!) féminicides commis cette année sur le territoire québécois. C’est évidemment un constat ahurissant mais, si l’on remonte jusqu’à janvier 2020, le bilan devient littéralement insupportable: 68 femmes sont ainsi disparues selon la «Vigie des féminicides» mise en place par le quotidien montréalais Le Devoir. Et, bien sûr, la très grande majorité de ces femmes sont tombées sous les coups de leur conjoint violent. Une scandaleuse inadmissible hécatombe. Une honte collective. Pourtant, récemment, l’un de ces assassins a eu toute la latitude du monde pour exposer en pleine cour, durant son procès ,à quel point, pôvre mâle Alpha, il a été diminué et maltraité psychologiquement par sa victime. Au point où il n’a pas eu d’autre choix que … Non mais dans quel monde vivons-nous? C’est la question un peu suffocante que pose Fatal, le plus récent roman de Johanne Seymour.
La douceur de « Phénix »
J’ai vu Phénix, de Jonathan Beaulieu-Cyr, dans la salle 9 du cinéma Quartier Latin : 353 places vides sur 354 : j’étais le seul spectateur un vendredi soir de fin août. Dommage, vraiment dommage pour un aussi beau film ! Nous sommes dans la première décennie des années 2000, les États-Unis mènent la guerre contre les Talibans en Afghanistan et le Canada fait partie de la coalition multinationale qui combat à leur côté. Le film ne raconte pas l’histoire de cette guerre, loin de là, mais elle est en arrière-plan : une présence sournoise, menaçante, angoissante. En avant-plan il y a les soldats basés à Valcartier qui passent quelques semaines de congé en famille avant leur déploiement en Afghanistan.
La Russie, « puissance pauvre » contre l’Ukraine
En juillet, Donald Trump avait donné 50 jours puis dix à Vladimir Poutine pour accepter un cessez-le-feu en Ukraine. Le maître du Kremlin a fait la sourde oreille. Sa rencontre en Alaska le 15 août avec son homologue américain pour discuter d’un règlement de la guerre s’est terminée par des voeux pieux diplomatiques. Pas le moindre « deal», pour reprendre le mot fétiche de Trump. Puis, lundi le 18 août lors d’une réunion incluant divers dirigeants européens à Washington, il a affirmé avoir « commencé les préparatifs » d’une rencontre entre les présidents russe et ukrainien « dans un lieu à déterminer » avant une rencontre tripartite qui viendra plus tard. Pour l’heure, la Russie de Poutine, qui se considère toujours comme un empire, mène une guerre d’usure qu’elle est convaincue de gagner malgré toutes les sanctions occidentales contre elle depuis plus de trois ans.
Un monde économique en bouleversement
Deux fois valent mieux qu’une, selon l’adage. Après sa tentative ratée d’imposer unilatéralement des droits de douane « réciproques » dont l’entrée en vigueur avait été présentée comme « Jour de Libération », le président Donald Trump est parvenu à mettre sur rails son programme protectionniste tous azimuts, le 1er août avec la plupart des pays. Le Canada et le Mexique, largement épargnés jusqu’ici grâce à l’accord de libre-échange qui les lie tous deux avec l’économie américaine, l’ACEUM, ne peuvent se permettre de rester les bras croisés pour autant.
Au Québec pour bâtir ensemble ?
Depuis des décennies, la non-reconnaissance des diplômes étrangers fait obstacle à l’intégration socioéconomique des immigrants au Québec. Le problème est connu, archiconnu même. Plusieurs études ont mis en évidence les difficultés auxquelles sont confrontées les personnes qui arrivent au pays diplômes en poche. Pour bon nombre d’entre elles, c’est la croix et la bannière pour faire reconnaître leurs qualifications et acquérir le permis d’exercer un emploi parmi les professions et métiers réglementés.
Gaza : le geste canadien
Le Canada est devenu, fin juillet, le troisième pays du G-7 à avoir l’intention de reconnaître l’État de Palestine. La promesse du premier ministre Mark Carney est assortie de conditions. Un engagement symbolique avec peu d’impact pour certains alors que d’autres y voient un pas dans la bonne direction ou une reconnaissance qui arrive bien tard.
Faits saillants : Les Palestiniens
Il y a plusieurs années de cela, le grand historien Michel Winock avait souligné que rien n’est plus dangereux que ‘le recours à l’Histoire comme procureur général du temps présent’. Car ce faisant, ceux qui se font les avocats de cette escroquerie intellectuelle se métamorphosent, que ce soit conscient ou pas, en acteurs du conflit permanent. De cela, la lutte qui a cours entre Israéliens et Palestiniens depuis 1948 en est l’illustration la plus sinistre et la plus triste qui soit. À preuve, depuis les attentats conçus et effectués par le Hamas le 7 octobre 2023, le gouvernement de Benjamin Nétanyahou ainsi que les colons qui se sont installés l’arme au poing en Cisjordanie brandissent avec constance l’histoire pour justifier l’annexion pure et simple de Gaza et de la Cisjordanie, soit les territoires occupés depuis 1967, soit près de 60 ans.
Dans les ruines, la dignité
Aux bombes israéliennes, Ibrahim Khashan, écrivain, poète, conteur, et autrefois responsable à Gaza de l’UNRWA (United Nation Relief and Works Agency for Palestine in the Near East), répond par un recueil de courts textes. Des récits sommaires pleins « de faits ordinaires survenus dans l’extraordinaire de la guerre, [nommant] les lieux et les personnes les plus humbles, enfants, femmes et pauvres gens – ceux qui semblent ordinairement le moins destinés à entrer dans la mémoire du monde ».
Le Chèque
Il y a des jours où le temps est maussade, les nouvelles du monde exécrables, des jours où l’on n’’attend pas grand chose de bon, et puis surprise ! Un chèque arrive ! Un chèque totalement inattendu … L’Office National du Film par un miracle administratif dont seules les grandes institutions ont le secret, semble soudain se souvenir qu’il y a 25 ans, en compagnie de Jacques Leduc, j’ai tourné une sorte de « road movie » économique.
L’avenir n’est plus ce qu’il était
Depuis son élection le 5 novembre 2024 Donald John Trump s’efforce de faire dévier l’Occident de la trajectoire qui était la sienne depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale. Un déraillement philosophique et géopolitique équivalent à celui qui avait envoyé l’Union soviétique dans les fossés de l’Histoire. Dès son entrée en fonction, menaces, prises de position contradictoires, reculs et rodomontades ont poussé les critiques à parfois préférer le sarcasme à un examen plus profond de ce qui motive ses gesticulations.
Robert F Kennedy jr, le ministre létal
Il y a eu le SRAS en 2003, heureusement maîtrisé par des mesures sanitaires strictes. Puis survint le H1N1 en 2009, une grippe mortelle chez des adultes en bonne santé, 280 000 morts, mais heureusement étouffée au hasard des mutations. Et finalement le SARS-Cov-2 en 2020 qui a mobilisé la planète entière pendant trois ans avant que les vaccins ne le réduisent en endémie. Mais le prochain pathogène a commencé ses ravages aux État-Unis, le RFK jr -1.














