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La bombe à l’un, mais pas à l’autre
De par son incommensurable ampleur à court comme à long terme, le sujet du jour commande toutes les déclinaisons induites par le mystère, l’étrange et, tant qu’à y être, le paranormal. Car le 22 juillet les États-Unis d’Amérique et l’Arabie saoudite, royaume sacré pour tous les sunnites du globe, ont signé en catimini un accord nucléaire. Oui, vous avez bien lu : un accord nucléaire. La première étrangeté de cette histoire loge sur le flanc médiatique. Vu la profondeur du sujet, vu surtout sa gravité et les angoisses comme les colères qu’elle a forcément éveillées ici et là, soit pour être précis au Moyen-Orient comme en Asie centrale, on se serait attendu à ce que les journaux, radios et autres s’emploient à décortiquer un dossier qui imprègne au présent une influence qui va imprimer sur le temps long de l’Histoire des bouleversements vraisemblablement mortifères.
La militarisation du monde
On assiste depuis une décennie à une militarisation accélérée du monde. L’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 a certainement contribué à cette marche forcée vers plus d’armements, même si le signal de départ avait déjà été donné par l’annexion de la Crimée en 2014. Les menaces de Donald Trump envers ses propres alliés de l’OTAN forcent ceux-ci à investir massivement en défense. Au Moyen-Orient, Israël, après avoir détruit Gaza, a réussi à entraîner les États-Unis dans une guerre contre l’Iran dont beaucoup d’Américains se demandent encore en quoi elle sert leurs intérêts. À l’autre bout de la planète, la République populaire de Chine a entrepris une modernisation rapide de son armée. Ses dépenses militaires sont les deuxièmes en importance après celles des États-Unis. Son objectif : Taïwan. Au total sur la planète on a dépensé l’année dernière en armements 2 887 milliards de dollars US selon le rapport de l’Institut international de recherches sur la paix de Stockholm (SIPRI).
Une photo de fin du monde
Maximilien Lamy est éditeur photo à l’Agence France-Presse. Ce jour-là, en vacances avec sa famille en Gironde, il cherche un endroit pour les restaurer. En marchant sur la plage, il tombe sur cette scène d'un couple assis sous un parasol en train de contempler les feux qui consument une partie de la région en arrière-plan. Il capte l'image sur son téléphone portable. Il ne réalise pas encore que ce cliché va faire le tour du monde en 24 heures. Il a saisi ... la fin du monde.
Queta
Les premières ministres du Québec et de l’Alberta ont récemment jonglé publiquement avec Alber-bec et Qué-berta pour illustrer les alliances économico-énergétiques que pourraient construire leurs deux provinces. Deux des trois femmes qui gouvernent une province canadienne (1) sont à la tête d’un territoire riche à craquer d’énergie. L’hydro-électricité dans le cas du Québec, les hydrocarbures dans le cas de l’Alberta. Christine Fréchette et Danielle Smith ont d’autres points communs que leur sexe et leur âge : elles sont toutes deux conservatrices comme leur électorat l’est de plus en plus.
L’homme de Manchester
Le 17 juillet, chassant le titulaire Keir Starmer, le Parti travailliste (ou Labour), ce grand parti de centre-gauche fondé en 1900, s’est donné un nouveau chef, qui a automatiquement accédé au poste de premier ministre lors d’une audience protocolaire au palais de Buckingham trois jours plus tard. L’avenir dira si Andy Burnham mènera une révolution, ou une certaine transition, ou s’il se contentera d’assurer l’intendance. Mais pour combien de temps ? Jusqu’à ce qu’un autre travailliste lui succède à son tour, à moins qu’il tienne le coup jusqu’à ce que le Reform UK de Nigel Farage réussisse à prendre le pouvoir lors des prochaines élections générales, qui ne sont pas prévues avant plusieurs années ? Ou jusqu’à ce que ce soit le Parti conservateur qui le reprenne ?
La justice européenne appuie l’amnistie des indépendantistes catalans
Le 16 juillet dernier, les adversaires de l’amnistie des indépendantistes catalans ont subi un revers majeur auprès de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), basée à Luxembourg. Le 10 juin 2024, le Parlement d’Espagne avait adopté une loi amnistiant les acteurs du référendum avorté de 2017 sur l’indépendance de la Catalogne. Depuis trois ans cependant, l’aile droite de la magistrature espagnole multiplie les procédures pour empêcher l’application de cette amnistie.
Tu tires ou tu pointes ? Non, je parie !
On pensait avoir tout vu dans le domaine des paris sportifs. Je pensais même, le plus sérieusement du monde, que ce sport que je pratique depuis ma tendre enfance, serait épargné. Un rêve qui s’est effondré car l'appât du gain a aussi, malheureusement, gagné le monde de la pétanque à mon grand désarroi. Pour bien comprendre ce chapitre consacré à la pétanque et ses dérives, il faut savoir, avant toute chose, que ce sport est à lui seul, un hommage à l’humanité. Malencontreusement, lui aussi va être perverti par l’homme. Rendons d’abord un hommage à celui qui a incarné la pétanque. « Il nous restera la fierté d’avoir inventé ce jeu pacifique qui, en faisant le tour du monde, travaille modestement mais sûrement, pour le rapprochement des peuples, c'est-à-dire la paix. » Voilà ce que déclarait Marcel Pagnol au sujet de la pétanque.
Henri Texier, le guérisseur
Le monde, celui des terriens s’entend, l’a mauvaise. Quoi donc ? L’humeur. En fait, ces mois-ci le bipède l’a mauvaise et rancunière, l’humeur. Un immense contrebassiste qui est également un immense compositeur et tout aussi immense arrangeur, producteur et chef de bande l’a notée l’a constatée et l’a même retenue. Il se nomme et non s’appelle, comme le souligna en son temps Arletty, Henri Texier.
Supplice lexical
Pour combattre la mère de tous les vices, quoi de mieux qu’un mots croisés ? Pour passer le temps, voyager de définition en définition, rehausser son vocabulaire, se creuser les méninges sans succès parfois, rager de ne pouvoir terminer une grille, en baver avec celles imaginées par Georges Perec, dans une sorte de visite guidée des vingt arrondissements de Paris et du métro. Jeu de pistes souvent sans résolution, la pratique des mots croisés pourrait s’apparenter à une extravagance cognitive proche de l’autoflagellation.
Le côté sombre de la Force
« Masculinisme », « incels » et « tradwives » sont des néologismes qui font désormais partie du vocabulaire quotidien de l’actualité, presque partout sur la planète. Et bien sûr, ils viennent avec le concept-tiroir de « valeurs masculines » visant à contrer les « privilèges » accordés aux femmes dans les sociétés modernes. On pourrait aussi ajouter que toute cette mouvance s’inscrit habituellement dans un contexte de contrôles divers, de dominations à la petite semaine et souvent même de violences plus que moins « discrètes ». Dans cette vision du monde, le rôle des femmes est de faire des enfants et de s’occuper du foyer familial. Point. C’est simple. Clair. D’autant plus qu’on peut de nos jours justifier n’importe quoi en gueulant plus fort, plus longtemps et plus souvent que les autres pour imposer ses idées. Voilà que Chrystine Brouillet se penche elle aussi sur ce sujet épineux dans son plus récent roman, et disons-le tout de suite, on n’en sort pas indemne …
François.e : pièges !
C’est une comédie qui se fait piéger par son propre sujet comme son protagoniste par son mensonge. François (Louis Morisette) est un scénariste blanc, quinquagénaire au plus bas de sa forme créatrice et de son statut social, qui se fait passer pour un écrivain transgenre pour faire en sorte que son projet de série télé ait le plus de chances possibles d’être accepté par son producteur institutionnel, particulièrement sensible à la rectitude politique ambiante ... La manigance fonctionne ! François va devoir donc se transformer en femme ! Rigolotes les diverses scènes de transformation, mais une fois François devenu Françoise surgit un enjeu important que les auteurs mettent rapidement de côté : le mensonge!
La coupe du monde de tous les abus
Tous les quatre ans, on n'y échappe pas, la poule aux œufs d’or continue de picorer dans la grande basse-cour du monde sans jamais être inquiétée car tous les prédateurs sont largement compensés. Le ballon rond ne roule pas de la même manière sur notre petite planète. Loin de moi l’idée de remettre en question les découvertes de Galilée, mais je veux parler ici du sport le plus pratiqué dans le monde : le football.
L’Iran : moins de religion, plus de nationalisme
Dans les jours qui ont suivi la mort du grand ayatollah Ali Khamenei lors d’un bombardement effectué par la US Air force le 28 février dernier, les autorités iraniennes avaient décrété que son enterrement, fixé au 9 juillet, serait précédé par quatre jours de deuil national. Khameini, faut-il le rappeler, avait été sacré Guide suprême de la révolution islamique en 1989. Autrement dit, roi d’entre les rois de la Perse moderne.
Défaites
Le président américain est un curieux homme en vérité, il sait souvent être surprenant, mais peut néanmoins sembler dépourvu de créativité dans bien des erreurs qu’il commet : il imite par exemple celles de Vladimir Poutine, et déclare une guerre en surestimant ses forces. Son mépris de ses adversaires le pousse par ailleurs à gravement sous-estimer les leurs. Au contraire du président russe cependant, après avoir perdu l’espoir d’une victoire rapide, au lieu de s’enliser des années dans un conflit meurtrier, il décide au bout de trois mois de faire marche arrière. Cela ne l’empêche nullement de crier victoire sans la moindre vergogne … Trump ne peut pas perdre !
Trump, CBS News, CNN et les autres
Le 2 juin 2026, CBS News congédie l’un de ses meilleurs journalistes. Le vétéran-reporter Scott Pelley, âgé de 68 ans, a travaillé pour le réseau CBS pendant plus de trois décennies. Il a été envoyé spécial, présentateur du journal télévisé CBS Evening News et correspondant du réputé magazine du dimanche soir 60 Minutes, une émission phare du journalisme américain. Ce magazine d’investigation a été créé en 1968 en pleine guerre du Vietnam et son influence depuis n’a cessé de grandir. Par leurs reportages percutants et sans complaisance, les journalistes Morley Safer, Bob Simon et Mike Wallace entre autres ont contribué à la prise de conscience du public américain face à l’horreur de la guerre. 60 Minutes a été de toutes les grandes couvertures, depuis le massacre du village vietnamien de My Lai par les soldats américains jusqu’au scandale du Watergate en passant par le cover-up du dosage de la nicotine par les cigarettiers et la fameuse entrevue de Bill et Hillary Clinton sur les infidélités du président avec Monica Lewinsky.
La myopie industrielle de Québec
Après avoir misé et perdu gros dans la filière batteries, le Québec choisit de passer son tour devant la relance du nucléaire dans laquelle le Canada entend tirer son épingle du jeu. Le rapport dévastateur de la vérificatrice générale Christine Roy à l’endroit du tandem formé des comptables François Legault et Pierre Fitzgibbon a déjà été largement commenté. Qu’il suffise d’ajouter qu’on compte moins prudemment avec l’argent des autres qu’avec le sien.
Le plan
Le Parti québécois a voulu poser la première brique d’une éventuelle nation indépendante. Une brique de plus de cinq cents pages. Il n’est pas nécessaire d’être d’accord avec les propositions péquistes pour reconnaître l’audace, voire la témérité de publier un tel texte. Seuls les cyniques nieront une exemplaire transparence à quelques mois de la prochaine élection québécoise. Le déclin de l’utilisation du français au Canada n’est nié que par des menteurs. Or langue et culture sont indissociables de l’identité. Il y a beaucoup de questions sans réponse dans le projet péquiste, mais il n’y a aucun doute que le poids démographique du Québec dans le Canada diminue, entraînant une logique et démocratique réduction de sa place à la Chambre des communes.




















