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Les retraites municipales ou le « pelletage par en avant »
En décembre 2014, les grandes villes du Québec ont reçu un beau cadeau du gouvernement Couillard. Après des décennies d’insouciance, les caisses de retraites des employés municipaux (en grande partie des régimes à prestations déterminées) avaient accumulé des déficits de l’ordre de 2,6 milliards $. Par sa Loi 15, le Québec a permis aux villes d’aller chercher une bonne partie de l’argent manquant dans les poches des cotisants et des retraités sans avoir à négocier quoi que ce soit avec les syndicats, privés du droit de grève sur ce sujet. La remise en cause de la légalité de cette loi par la Cour supérieure en 2020 puis, en mai dernier par la Cour d’appel du Québec, promet des lendemains de veille douloureux au monde municipal.
La photographie du mois (Juin 2023)
Inauguration de la mine Eleonore à Eeyou Istchee (Baie James) en juillet 2015. Située à 800 km au nord de Montréal en territoire cri, la mine d’or désormais propriété de Newmont, le plus important producteur d’or au monde, tire son nom de la chanson Fernande de Georges Brassens, appréciée par les prospecteurs qui l’ont découverte. La minière a signé une entente de collaboration avec le gouvernement de la Nation Crie et emploie plusieurs centaines de travailleurs cris, même si le méga-projet ne fait pas l’unanimité auprès des membres de la nation. Le jour de son inauguration en présence de journalistes et de représentants du gouvernement, Goldcorp avait littéralement choisi de servir un gâteau de lingots d'or ... à se partager
Un rendez-vous décontracté avec le quatrième pouvoir
Est-ce à cause de la brise vivifiante qui a soufflé sur la Gaspésie au printemps ? Le premier Festival international de journalisme de Carleton-sur-mer (FIJC) a donné lieu à des discussions intéressantes et animées, rarement moroses malgré les difficultés que la profession connaît depuis des années. Les organisateurs, les participants et le public semblaient heureux du succès de l’évènement qui s’est déroulé du 19 au 21 mai et prêts à répéter l’expérience. Les difficultés dont on parle, la « crise » comme on l’appelle parfois, ont bien évidemment été discutés lors de cet évènement qui se voulait « un forum citoyen, ouvert sur le monde, convivial, sur la pratique du journalisme ».
LGBT: sur tous les fronts en Ukraine
Le 1er juin, Mois de la Fierté, la Cour européenne condamnait l’Ukraine pour discrimination et violation du droit au respect de la vie privée à cause de l’absence de reconnaissance et de protection juridiques des couples homosexuels dans le pays. Alors que la guerre est entrée dans sa deuxième année, des soldats de la communauté LGBT se battent pour faire valoir leurs droits, en parallèle du combat qu'ils mènent pour leur pays.
Une vitrine routière
Une demi-douzaine d’artistes québécois ont chanté Mille après mille pour raconter leur tristesse sur la route loin de l’être aimé. Ils n’auraient pas moins aimé, mais se seraient beaucoup moins ennuyé dans un aller-retour à La Nouvelle-Orléans. En regardant de chaque côté de la route.
À la recherche du temps perdu: la revanche des globe-trotters
À l’instar de bien des citoyens du monde, les Québécois lorgnent leurs valises un peu empoussiérées depuis 2020. En cette ère postpandémique, la soif du voyage fait saliver. Tout se passe comme si l’homo touristicus voulait envoyer au diable l’inflation menaçante, le prix galopant de l’essence, la flambée des coûts alimentaires, la hausse des taux hypothécaires ou des tarifs des billets d’avion. Et basta sur la crise sanitaire ! Le mot-clé ambiant semble plutôt être « revanche » sur cet intervalle de privations. Tout au plus pourra-t-on consentir à rogner sur quelques restos ou activités une fois sur place.
Le nomade du jazz : Chet Baker
Le trompettiste Chet Baker est mort le 13 mai 1988 à Amsterdam. Il avait 58 ans. Au petit matin, un passant avait aperçu son corps au pied d’un hôtel de la ville où il se produisait souvent. Cette mise entre parenthèses définitive ainsi que son lieu ne résume pas, mais symbolise l’aventure musicale de celui qu’on surnomma des années auparavant le James Dean du jazz. Ce qu’il détesta profondément.
Une fuite immobile
Que dire de certains endroits qui ne disparaissent jamais de notre esprit, même longtemps après les avoir quittés, sinon qu’ils nous habitent, non comme un souvenir mais comme une sorte de zone à la périphérie de notre mémoire, là où l’on se glisse parfois pour ne plus être que là, sans oblitérer pour autant le quotidien, avec tout ce que la remembrance comporte de circonvolutions. Labyrinthe de nos fuites et de nos flâneries à distance, ainsi en est-il de Kyôto.
Le lourd tribut de la bêtise ordinaire
Même si l’actualité en fait tous les jours la démonstration la plus probante, on ne saisit jamais l’ampleur de la bêtise humaine que lorsqu’elle frappe aveuglément. Par décret, souvent, sur tout et sur rien. Ou encore par décision d’un tribunal, parfois même «suprême»… Car l’ineptie des hommes, surtout quand elle s’enrobe d’une aura de légitimité, réussit à atteindre des profondeurs abyssales, même, soviétiques… En voici un exemple douloureux.
Saint Omer, remarquable et maladroit
Saint Omer d’Alice Diop : premier film de fiction de cette cinéaste française fille d’immigrants sénégalais. Il est tiré d’un fait réel : Fabienne Kabou ,une jeune étudiante en philosophie d’origine sénégalaise à Paris, tue son bébé de 15 mois en l’abandonnant sur la plage de Berck-sur-Mer à la marée montante le 19 novembre 2013. La réalisatrice a basé le film sur les actes du procès qui a eu lieu à Saint-Omer. C’est un film à la fois remarquable et maladroit.
Trump, le Génie
C'est un peu comme l’histoire du Génie sauf qu’il ne réintègre pas docilement la lampe d’Aladin. Bien au contraire, Donald Trump après avoir accompli toutes les volontés de la droite extrémiste du Parti républicain refuse de disparaître du paysage politique américain plus de deux ans après avoir quitté à marche forcée la Maison-Blanche.
Lac-Mégantic, quand le débat déraille
Il y aura bientôt dix ans, le 6 juillet 2013, quarante-sept personnes perdaient la vie dans ce qui demeure la pire tragédie environnementale et ferroviaire de l’histoire du Québec et de l’Amérique du Nord. Dix ans plus tard, alors que le projet de voie de contournement ferroviaire est à l’étape des expropriations, le débat s’envenime. Tentons ici de dégager certains points d’achoppements et de comprendre pourquoi, si possible, on en est encore là.
L’autosuffisance énergétique et commerciale
Grâce avant tout aux véhicules électriques, Québec compte diminuer ses gaz à effets de serre de 20% d’ici 2030 et atteindre la carbon-neutralité d’ici 2050. Objectif fort louable et ambitieux qui permettrait aussi un retour vers l’équilibre de ses échanges commerciaux avec ses partenaires internationaux et canadiens. Du jamais vu au cours du présent millénaire où s’accumulent déficit sur déficit.
L’hégémonie de l’anglosphère
Les signaux d’alarme se multiplient depuis peu devant l’ampleur du phénomène d’anglicisation dans l’univers scientifique au Québec et au Canada. Des données accablantes s’accumulent faisant tantôt état du net déclin du français dans les publications scientifiques, comme le confirmait un récent rapport de l’Acfas, ou encore de la part famélique de financement accordée par les organismes subventionnaires fédéraux aux projets de recherche présentés en français, comme le révélait dernièrement Radio-Canada.
La petite histoire du voile à travers les siècles
La Cour d’appel du Québec doit se prononcer sous peu sur la légalité de la Loi 21 sur la laïcité de l’État. Dans l’état actuel des choses, le jugement de la Cour supérieure d’avril 2021, le Québec nage en plein paradoxe. Les femmes musulmanes voilées (car c’est bien d’elles qu’il s’agit essentiellement) n’ont pas le droit d’exercer dans certaines professions, au premier chef dans le réseau d’enseignement francophone, la clause dérogatoire permettant au gouvernement québécois de mettre de côté les Chartes. Par contre, elles peuvent le faire dans les commissions scolaires anglophones, et ce… au nom des droits linguistiques de la minorité anglophone !
Ukraine : chroniques de guerre et d’espoir
Saisir les résonnances polyphoniques de la guerre qui oppose la Russie à l’Ukraine, « une vraie nation en armes, plus que jamais soudée par le fer et par le feu », voilà ce à quoi nous convie le dossier à la Une du tout récent numéro 118 de la revue Questions internationales, dont les contributions sont autant de clés pour comprendre la situation actuelle à l’aune d’une histoire qui a pris une tout autre dimension le 24 février 2022.
Chine, la guerre numérique
Le rapporteur spécial du gouvernement fédéral David Johnston livrera bientôt son rapport sur l’ingérence chinoise dans le processus démocratique canadien. À quoi faut-il s’attendre de ces révélations ? La Chine a-t-elle une véritable stratégie de manipulation des opinions par l’entremise du Web ? En-Retrait a rencontré Frédérick Douzet, directrice du projet Géopolitique de la Datasphère à l’Institut français de Géopolitique. Elle était une des expertes de la commission « Les lumières à l’ère numérique » commandée par le président Macron en 2021.
La photographie du mois (Mai 2023)
26 juin 2010, Toronto. Groupe de policiers anti-émeute lors du sommet du G20 dans la capitale ontarienne. Plus de 20 000 policiers de plusieurs corps de police du Canada étaient réunis lors du sommet pour assurer le maintien de l’ordre, alors que le nombre de manifestants n’a quant à lui pas dépassé les 10 000. Les agents ont réalisé pas moins de 1000 arrestations durant la plus grande arrestation de masse de l’histoire du pays.




















