Nos dernières publications
America is back !
Le lieu est solennel, le moment était solennel. Le président des États-Unis d’Amérique s’adressait aux deux Chambres du Congrès réunies. À la nation. Au monde. D’un ton trumpien : «Nous avons fait plus en 43 jours que la plupart des présidents en quatre ans ou huit ans .» Renommer le Golfe du Mexique en Golf of America est aussi puéril qu’impérialiste. Ou le contraire. Donald Trump en a rajouté dans son premier discours au Congrès depuis son humiliante défaite électorale de novembre 2020.
De la dérive des continents
Au printemps 1990 en compagnie de Gilles Gougeon au cours d’un reportage en Roumanie, nous rendions compte des soubresauts de ce pays bouleversé par les événements qui ponctuaient la fin du monde communiste. Sur le chemin du retour, passant par Budapest, je pris rendez-vous dans une pâtisserie avec une vieille tante. Julia avait survécu à deux guerres mondiales. Elle faisait partie de ces gens qui, darwinisme aidant, avaient acquis un sérieux instinct politique. Elle me fit cette prédiction qui, il faut le dire, mit quelque temps à se réaliser : « Les États-Unis et l’URSS sont en équilibre comme les deux arches d’une voûte, quand l’une d’elle s’effondrera, il y a bien peu de chance que l’autre reste intacte.»
Double secousse tellurique en Allemagne
L’Allemagne a retenu son souffle tout au long de la campagne électorale éclair qui s’est terminée le 23 février par la victoire claire et nette de la coalition conservatrice du CDU-CSU de Friedrich Merz. « Seule » ombre au tableau : le deuxième parti devant siéger au Bundestag (Parlement) est néo-nazi. Par ailleurs, si depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, les États-Unis ont fait la pluie et le beau temps en matière de défense en Europe avec leur parapluie nucléaire, l’Allemagne se questionne sur le soutien de l’« ami américain » dans la durée.
Minéraux (et situation) critiques au Congo
Deux villes importantes de l’est de la République démocratique du Congo (RDC) sont tombées aux mains des forces rebelles depuis le début de l’année : Goma, la capitale du Nord-Kivu, deux millions d’habitants, est passée sous le contrôle du M23 le 28 janvier, tandis que Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, 1,3 million d’habitants, a subi le même sort le 14 février. Les deux provinces sont riches en minéraux convoités par les nouvelles industries technologiques.
Le linguicide universel vu par un Catalan français
Joan-Lluís Lluís a beau être né à Perpignan et y habiter, c’est à Barcelone qu’on publie et qu’on honore ce romancier, lauréat des principaux prix de la littérature catalane, le prix Òmium (« Junil », 2021) et le prix Sant Jordí (« Jo soc aquell que va matar Franco », 2018). Il avait déjà secoué le cocotier de l’absolutisme français dans un pamphlet de 2002 joliment intitulé « Conversation avec mon chien sur la France et les Français », il récidive cette saison, mais sur un plan beaucoup plus théorique cette fois-ci, avec « Balla amb Babel — Contra l’absolutisme lingüistic » (danse avec Babel, contre l’absolutisme linguistique)
Jeannette au pilori
Au panthéon des légendes historiques, on peut dénicher quelques canailles. Et ce, malgré l’auréole qui fait s’extasier les exaltés qui les vénèrent. Parfois la réputation de ces êtres quasi mythiques vacille dès que l’on s’intéresse de près aux exploits rarement retenus par la version de vie vénérée par les dévots. Suffit pour cela de faire dévier de quelques centimètres le regard porté sur les principaux épisodes d’une existence prétendument hors du commun pour découvrir des faits gênants laissés sur le bas-côté. Ainsi en est-il de Jeannette, un surnom dont on affubla enfant Winston Churchill lors d’un séjour en France.
Une pluie de louanges
Que dire d’un auteur comme Jean Echenoz qui a été chroniqué à foisons, de son premier ouvrage en 1979 jusqu’au plus récent en début de 2025, avec en supplément d’âme un Cahier de l’Herne à lui consacré, sinon témoigner de l’admiration profonde qui sourd pour celui qui sait raconter dans un style tout à fait singulier. Déclarer que l’œuvre de Jean Echenoz est une cathédrale narrative revient à affirmer que voilà une prose au style unique en français contemporain.
Non mais, quel monde !
Par où commencer ? Par cet ensemble miteux d’Habitations pour Locataires Miséreux où s’entassent des squatters en essayant de survivre sans trop faire de bruit ? Par le malheur ordinaire quotidien ? Par l’espoir plutôt d’une certaine justice, malgré tout ? Ou par cette série d’assassinats qui fout la trouille à toute la ville ? Ou encore par le vent de panique — « C’est les Arabes ! Il faut les renvoyer chez eux ! — qui s’empare bien vite de cette histoire pour lui donner, à travers ce que sont devenus les médias, des airs de démonstration de la bêtise humaine … C’est à tout cela et à bien plus encore que nous convie Le tueur au caillou d’Alessandro Robecchi qui sort ces jours-ci en édition de poche.
Un film à quatre mains sur Maurice Richard « qui score tout le temps » !
Vu hier après-midi : Maurice le dernier documentaire de mon copain Serge Giguère. Le Maurice du titre c’est le prénom du grandissime et mythique joueur de hockey du Canadiens de Montréal : Maurice Rocket Richard. Il a joué pour le CH de 1942 à 1960 et l’équipe, avec lui, a remporté huit coupes Stanley! Ah quelle belle époque ! C’est Robert Tremblay, cinéaste farouchement indépendant, anticonformiste, sensible aux plus humbles et pour qui le sport est «la forme plus universelle de la culture » qui est à l’origine de ce film dont la production aura duré 35 ans !
Trump, le brutaliste
Le 20 janvier dernier devant des milliers de partisans républicains rassemblés au Capital One Arena à Washington pour fêter le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, Elon Musk, l’homme le plus riche au monde, a fait le salut nazi. Histoire de bien souligner où logent ses inclinations politiques, il a répété ce geste dans la minute. Le lendemain, une ribambelle d’éditorialistes visiblement habités par l’esprit munichois, par des pudeurs de gazelle, ont avancé que le geste n’était pas nazi. Bref, on a eu droit, c’est un constat, à une énième valse de sophistes.
La guerre commerciale, yes sir !
Dès son élection en novembre, Donald Trump a semé l’émoi parmi les rangs canadiens. Le premier ministre ontarien Doug Ford a immédiatement proposé de ne plus inviter le Mexique à la table, pays qu’il a traité avec mépris, même si c’est un membre à part entière de l’Accord Canada États-Unis Mexique (ACEUM). Heureusement, la nouvelle présidente Claudia Sheinbaum a poliment mais fermement remis le malotru à sa place. Elle a rappelé que le Mexique avait insisté pour que le Canada fasse partie du nouvel accord alors que les États-Unis et le Mexique avaient complété leur négociation.
Justice-à-la-Trump
Même provenant d’un menteur, les mots ont un sens. Ceux prononcés par Donald Trump dans son discours d’investiture ont un sens inique. Les lire amène à espérer qu’il s’agit d’un mauvais rêve. Les écrire oblige à conclure à un vrai cauchemar : il a dénoncé « l’utilisation vicieuse, violente et injuste du Ministère de la Justice contre des opposants politiques(…) Plus jamais, l’immense pouvoir de l’État ne servira à persécuter des adversaires politiques, une situation que je connais bien. Nous ne permettrons pas que ça se reproduise. Cela n’arrivera plus. Sous ma gouverne, nous ramènerons une justice égale, équitable et impartiale sous la Constitution et la règle de droit. »
Trump fou ? Pire encore.
On les appelait les Ice Skating Sisters. Everly et Alydia Livingston étaient membres du Washington Figure Skating Club. À 14 et 11 ans, elles étaient considérées comme d’éventuels espoirs olympiques. Leurs parents, Donna et Peter, se faisaient un devoir de les suivre le plus possible lors des compétitions. Ce championnat national au Texas aura été le dernier de la famille.
Vivre sous un président toxico-autoritaire : Argentine vs USA …
Depuis son arrivée au pouvoir à Buenos Aires fin 2023, on a souvent comparé le président Javier Milei à Donald Trump, redevenu récemment le big boss de la Maison Blanche. Les deux chefs d’État semblent avoir beaucoup en commun, bien que leurs contextes sociaux, politiques et nationaux respectifs diffèrent. Mais une chose ressort grandement des effets de leurs deux présidences, ce côté anxiogène parfois dominant, que provoque cette présence à la tête de leur pays.
La photographie du mois (Février 2025)
Une portion du mur frontalier qui sépare les États-Unis du Mexique. Loin de suivre les contours sinueux de la frontière, les portions de mur sont parfois situées à plus d’un km du Rio Grande, créant ainsi une zone au statut incertain entre les deux. Avant 2016, seul le tiers de la frontière, soit 1000 km était marqué par un mur, mais la moitié ne sont que parsemés de piliers à même de bloquer seulement les gros véhicules. Lors de son premier mandat (2017-2021) Donald Trump a renforcé ou remplacé 500 km du mur existant, mais n’a construit qu'une dizaine de kilomètres de ce qu’il appelle « un beau et grand mur » pour lutter contre l’immigration illégale.
Guerre en Ukraine, an IV
Trois ans ! Ça fait trois ans que s’enlise cette guerre qui d’après ses piètres stratèges ne devait durer que quelques jours. Elle s’est plus ou moins stabilisée, sur un front devenu un enfer où près d’un million de soldats des deux camps ont été mis « hors de combat » comme on dit dans la langue des communiqués. L’Europe des grands massacres, l’Europe que l’on croyait guérie depuis 1945 n’était de fait qu’en rémission. Chaque année, depuis février 2022, cette guerre de position aux tranchées comparables à celles de la bataille de Verdun s’est révélée plus meurtrière.
Gaza dans les sables mouvants
L’accord de cessez-le-feu dans la bande de Gaza ne passera peut-être pas le cap d’un mois. À l’approche de la date prévue pour la libération d’autres otages, le premier ministre israélien et le président américain fixent un ultimatum au Hamas. Donald Trump lance que l’enfer va éclater si le retour des captifs est retardé. Benjamin Nétanyahou emboîte le pas en promettant que les combats vont reprendre jusqu’à ce que le Hamas soit rayé de la carte.
Les cadeaux du contribuable à Amazon
Au départ, la fermeture sauvage des sept entrepôts d’Amazon du Québec n’a pas troublé outre mesure le Premier ministre François Legault, qui s’est contenté de dire « j’ai une pensée pour les travailleurs ». 1903 licenciés, plus 2640 autres chez les sous-traitants. Ce qui contraste avec la réaction du ministre fédéral de l’Industrie François-Philippe Champagne qui a promis de réviser les « relations d’affaires » du Canada avec cette firme.




















